La polémique concernant la pollution due aux voitures équipées de moteurs diesels occulte un problème plus important encore, celui de la vapeur d’huile. Cette pollution provient des voitures à essence dont le moteur, vieilli, a perdu sa compression réglementaire. Pour simplifier les choses, les pistons des moteurs à essence ne «collent» plus aux cylindres (par le biais d’une rondelle métallique qu’on appelle segment) après une utilisation prolongée. Par voie de conséquence, l’huile censée lubrifier les organes mécaniques du moteur atteint la chambre de combustion, se mélange à l’essence et est crachée par l’échappement sous forme de fumée blanche, extrêmement dense et d’une odeur particulièrement pestilentielle. La vapeur d’huile est en effet utilisée par les avions à réaction exécutant des figures acrobatiques ou les avions publicitaires traçant des messages dans le ciel. Loin de faire l’apologie du diesel, on doit reconnaître que les moteurs à mazout peuvent avoir le même problème, mais la fumée produite sera moins dense, noirâtre et moins gênante que la vapeur d’huile. Par ailleurs, même si les taxis à mazout forment une source de pollution importante, l’interdiction de ce genre de véhicules ne résoudrait pas le problème, puisque la presque totalité des bus urbains et interurbains ainsi que les poids lourds utilisent ce carburant. En plus, les moteurs importés de l’étranger (surtout d’Allemagne et de Suisse, par ailleurs principaux fournisseurs de voitures et de pièces de rechange usagées du Liban) sont effectivement retirés des voitures du même modèle (des anciennes Mercedes série 200 des années 70 et 80 pour la plupart) et installés localement pour un coût variant entre 800 et 1 200 dollars américains. Ce coût englobe le prix du moteur usagé plus les modifications nécessaires pour l’adapter à la voiture. Inutile de dire que ce prix paraît exagéré par rapport au coût initial et comporte une confortable marge de profit au bénéfice du «préparateur», à savoir le mécanicien qui installe le moteur diesel. Les voitures diesels sont par ailleurs de faibles consommateurs de carburant (elles représentent plus de la moitié du parc automobile privé en Europe). C’est ce qui explique l’intérêt porté par les conducteurs de taxis. Ainsi, le diesel est un faible pollueur, même si la pollution produite par le mazout est qualitativement plus néfaste que celle provoquée par des carburants plus «propres» comme l’essence.
La polémique concernant la pollution due aux voitures équipées de moteurs diesels occulte un problème plus important encore, celui de la vapeur d’huile. Cette pollution provient des voitures à essence dont le moteur, vieilli, a perdu sa compression réglementaire. Pour simplifier les choses, les pistons des moteurs à essence ne «collent» plus aux cylindres (par le biais d’une rondelle métallique qu’on appelle segment) après une utilisation prolongée. Par voie de conséquence, l’huile censée lubrifier les organes mécaniques du moteur atteint la chambre de combustion, se mélange à l’essence et est crachée par l’échappement sous forme de fumée blanche, extrêmement dense et d’une odeur particulièrement pestilentielle. La vapeur d’huile est en effet utilisée par les avions à réaction exécutant des...
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