Les groupes pétroliers apparaissent plutôt favorisés par le plan pour l’énergie du président George W. Bush qui prévoit une augmentation de la production de pétrole. «Les compagnies pétrolières vont gagner beaucoup d’argent sur le long terme», grâce au plan de Bush, souligne Leigh Riddick, professeur à l’American University, «mais ce qui m’inquiète est l’absence de considération pour l’environnement». «Notre pays n’a pas abordé la question de l’énergie de manière globale depuis des décennies et il est très important de le faire maintenant», observe pour sa part Rayola Dougher, responsable de l’Institut américain du pétrole (API), qui représente l’industrie. Les nouvelles technologies développées au cours des dernières années, comme notamment le forage horizontal, permettent d’augmenter la production de pétrole de manière économique et avec un impact minime sur l’environnement, explique-t-elle. Mais l’augmentation de la production de pétrole doit s’accompagner d’une augmentation des capacités de raffinage, actuellement insuffisantes et qui sont à l’origine de la flambée récente du prix de l’essence aux États-Unis. Aucune nouvelle raffinerie n’a été construite dans le pays depuis 25 ans. Proches de 240 au début des années 80, ces raffineries ne sont plus que 155, selon John Kilduff de Fimat USA, la conséquence étant qu’elles sont obligées de tourner à plein régime et sont donc plus vulnérables aux incidents. En l’absence de nouvelles raffineries, le pétrole tiré du sol américain pourrait donc au moins en partie être exporté. «L’idée du plan (de Bush) est d’augmenter la production de pétrole, qui pourrait être vendu aux États-Unis mais aussi sur le marché international», indique ainsi Bill Bush, porte-parole de l’API. Mais l’idée est également de rendre les États-Unis plus indépendants des importations qui représentent 57% du pétrole utilisé dans le pays. En outre, une plus grande production sur le territoire national signifie également la création de nouveaux emplois, souligne Bill Bush, qui n’est pas apparenté avec le président. Dans son plan, outre une augmentation de la production d’énergie, le président veut introduire des critères plus sévères pour réduire la pollution due à l’essence. «Il veut faire cela pour plaire à ses partenaires du G7 et aux organisations écologistes» après son changement de position sur l’accord de Kyoto, observe Leigh Riddick. Mais cette partie du plan ne plaît pas à l’industrie. «Nous n’avons pas besoin que le gouvernement nous dise comment faire l’essence, nous savons la faire», souligne Rayola Dougher. L’industrie du pétrole ne devrait toutefois rien avoir à craindre du président Bush, qui a fait fortune dans le secteur grâce à son entreprise Spectrum 7, qui a fusionné en 1989 avec Harken, un autre pétrolier, et la flambée des prix du pétrole en 1991 lors de la guerre du Golfe.
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