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Actualités - Chronologies

Godard, Palme d’or du « buzz » cannois

À défaut de figurer au sommet du box-office, le réalisateur suisse Jean-Luc Godard a fait l’événement à Cannes où était présenté en compétition son dernier film, Éloge de l’amour. Bon joueur, le cinéaste reconnaît que ses films font aujourd’hui entre 5 000 et 20 000 entrées en moyenne. À Cannes en revanche, l’unique projection matinale de sa dernière œuvre et la conférence de presse qui a suivie ont suscité une vive curiosité des festivaliers, des Américains notamment. Sa dernière présence en compétition date de 1990, année de Nouvelle Vague, où figurait Alain Delon. Révélé avec À bout de souffle (Prix Jean Vigo en 1960), Godard n’a jamais été récompensé sur la Croisette. Son dernier film aura sans doute fort à faire pour séduire le jury, prolongeant la veine creusée depuis maintenant une quinzaine d’années où le réalisateur semble plus désireux de composer un essai cinématographique que de raconter une histoire sur un mode linéaire. Il procède par collages, allusions et digressions, poétiques et visuelles. Son dernier opus mélange couleur et noir et blanc, «vieux» 35 mm et numérique. Il était dit que Éloge de l’amour racontait l’histoire de trois couples (un jeune, un adulte, un d’âge mûr), à travers les quatre étapes de ce sentiment : rencontre, passion, séparation et réconciliation. Dans les faits, le cinéaste se joue très vite de ce prétexte pour parler cinéma, littérature, philosophie... On y cite Bresson, Cioran, La Boétie, Simone Weil. Des comédiens confirmés (Bruno Putzulu, de la Comédie française) y côtoient des non acteurs (l’éditrice Françoise Verny, les journalistes Jean Lacouture, Remo Forlani, Claude Baignères...). Le premier à se jeter la pierre On y assure au passage que «OK» vient d’une expression inventée pendant la guerre de Sécession («0 Killed»/ «Zéro tué»). Et le film offre bien sûr le plaisir d’entendre quelques aphorismes godardiens : «Quand les faits deviennent des légendes, il faut obéir à la légende», «le cinéma est l’avant-garde du commerce», «chaque pensée devrait ressembler au naufrage d’un sourire» et autres «c’est étrange comme les choses prennent du sens quand elles finissent»... À en juger par la performance – hors écran – de ce fan de sport, on se gardera d’y deviner la fatigue d’un enfant terrible de la Nouvelle Vague âgé aujourd’hui de 70 ans. Lors de la conférence de presse, Godard a livré un échantillon des saillies dont il est un virtuose. La télévision et le cinéma américain, Steven Spielberg au premier chef, ont constitué quelques cibles d’un jeu de massacre mené avec sa placidité coutumière. «Le cinéma n’a rien changé, il a parfois aidé à aimer et à réfléchir, a-t-il dit. Il est allé trop vite, il a tout de suite débouché sur la télévision, qui ne produit rien, uniquement des possibilités de diffusion». «Les gens ont ce qu’ils méritent», estime celui qui se définit comme un «philosophe cinématographique». Mais il est le premier à se jeter la pierre : «Entre un mauvais film kirghize et un mauvais film de Bruce Willis, je vais voir le film de Willis», a-t-il admis. Godard refuse de se définir comme un créateur : «À partir du moment où Renault se revendique comme créateur d’automobiles, surtout lorsque ces voitures sont des Laguna, comment pourrais-je revendiquer ce terme ?». Jean-Luc Godard a annoncé qu’il travaille actuellement sur un nouveau film, Notre musique. Il a en revanche abandonné le projet d’adapter Truismes, le roman de Marie Darrieussecq. «J’ai donné 500 000 francs à l’éditeur (pour acquérir les droits) et j’ai été incapable de faire quoi que ce soit».
À défaut de figurer au sommet du box-office, le réalisateur suisse Jean-Luc Godard a fait l’événement à Cannes où était présenté en compétition son dernier film, Éloge de l’amour. Bon joueur, le cinéaste reconnaît que ses films font aujourd’hui entre 5 000 et 20 000 entrées en moyenne. À Cannes en revanche, l’unique projection matinale de sa dernière œuvre et la conférence de presse qui a suivie ont suscité une vive curiosité des festivaliers, des Américains notamment. Sa dernière présence en compétition date de 1990, année de Nouvelle Vague, où figurait Alain Delon. Révélé avec À bout de souffle (Prix Jean Vigo en 1960), Godard n’a jamais été récompensé sur la Croisette. Son dernier film aura sans doute fort à faire pour séduire le jury, prolongeant la veine creusée depuis maintenant une...