La Française Claire Denis s’aventure sur le terrain dérangeant et audacieux du sexe et du cannibalisme avec son Trouble Every Day, un film de genre entre gore et horreur que le Festival de Cannes a, prudemment, calé en séance de minuit, l’heure du crime, des frissons et des vampires. La rumeur sulfureuse l’avait précédé et l’annulation d’une projection pour des raisons techniques avait rallié une foule de journalistes pour la première projection de presse, que certains ont fui. La volcanique Béatrice Dalle de 36° 2 le matin et Black out ? et Vincent Gallo, l’acteur-réalisateur de Buffalo 66, sont les ogres voraces de ce film en rouge et noir, sous le signe du sang et de la nuit, qui revendique l’héritage de Jacques Tourneur, le réalisateur de Cat People, I Walked with a Zombie ou The Leopard Man. Dans un pavillon de meulière de la région parisienne, Léo (Alex Descas, un fidèle de Claire Denis) tient Coré (Béatrice Dalle) enfermée à double tour mais la prédatrice s’échappe de temps en temps pour aller consommer de la chair fraîche dans une orgie de sexe et de sang. À moins qu’une innocente proie ne s’aventure pour son malheur dans le mystérieux pavillon aux volets clos. À la frontière Dans un avion qui vole vers Paris arrive Shane (Vincent Gallo), un chercheur qui fait d’angoissants cauchemars, et sa jeune épouse June. Il est à la recherche de Léo, chassé du laboratoire où il étudiait le cerveau et l’utilisation d’une pharmacopée botanique... En fait, Shane partage les mêmes pulsions cannibales que Coré et, dans les couloirs étrangement vides de l’hôtel, il traque la proie qui satisfera un appétit insatiable. Lumières blafardes, errances nocturnes de prédateurs, regard halluciné de Vincent Gallo ou hagard de Béatrice Dalle, visages sanglants, étreintes mortelles et morsures de proies encore palpitantes... La réalisatrice du très remarqué Beau travail, qui était déjà venue au Festival de Cannes avec J’ai pas sommeil et Chocolat, affronte explicitement le tabou de l’anthropophagie, les fantasmes et les pulsions les plus dérangeantes. Pourtant, a dit Claire Denis au cours d’une conférence de presse, «on a essayé de rester à la frontière d’une forme poétique de l’horreur». Ce qui m’intéressait dans le film de genre c’était le rapport du cinéma avec le désir, la sensualité, la sexualité. Aujourd’hui, remarque-t-elle, on discute «beaucoup de ce qu’on peut montrer ou ne peut pas montrer». La réalisatrice a déjà commencé le tournage de son prochain film, Vendredi soir, avec Vincent Lindon et Valérie Lemercier.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Française Claire Denis s’aventure sur le terrain dérangeant et audacieux du sexe et du cannibalisme avec son Trouble Every Day, un film de genre entre gore et horreur que le Festival de Cannes a, prudemment, calé en séance de minuit, l’heure du crime, des frissons et des vampires. La rumeur sulfureuse l’avait précédé et l’annulation d’une projection pour des raisons techniques avait rallié une foule de journalistes pour la première projection de presse, que certains ont fui. La volcanique Béatrice Dalle de 36° 2 le matin et Black out ? et Vincent Gallo, l’acteur-réalisateur de Buffalo 66, sont les ogres voraces de ce film en rouge et noir, sous le signe du sang et de la nuit, qui revendique l’héritage de Jacques Tourneur, le réalisateur de Cat People, I Walked with a Zombie ou The Leopard Man. Dans un...