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Actualités - Chronologies

Un bouleversant « Martha...Martha » - signé Sandrine Veysset

Découverte à la Quinzaine des réalisateurs, avec «Y aura-t-il de la neige à Noël ?», Sandrine Veysset ouvrait jeudi cette section parallèle du Festival de Cannes avec «Martha...Martha», histoire d’une fillette ballottée entre une mère fragile et instable et un père tendre mais impuissant.La 33e Quinzaine, qui a contribué à révéler des cinéastes comme Wim Wenders, Stephen Frears, Martin Scorsese, André Téchiné ou Nagisa Oshima, présente jusqu’au 20 mai sur la Croisette, à quelques encablures du Palais des festivals, 22 longs métrages, dont une bonne moitié de débutants. Revenue par «fidélité» à cette section «off» qui a contribué à la lancer, Sandrine Veysset signe avec Martha...Martha son troisième film lié à l’enfance. «C’est une espèce de trilogie, mais ce n’était pas conscient», dit-elle dans une interview à l’AFP. Martha (Valérie Donzelli) et Reymond (Yann Goven) font les marchés à la ronde pour vendre des fripes, une vie chiche un peu nomade et marginale. Martha se sent coincée dans ce village, dans la routine d’un quotidien qui l’ennuie et les fantômes d’une enfance blessée la poursuivent. Elle cherche à leur échapper dans une fuite en avant qui la mène au bord de la folie. La petite Lise (Lucie Régnier), qui voudrait tant aider sa mère, est terrifiée par la violence et la menace qu’elle sent peser. Heureusement, il y a le père, le patient et silencieux Reymond qui est là pour consoler, rassurer, chasser les cauchemars de Lise, mais qui est impuissant contre les idées noires de Martha. Elle raconte sans cesse, avec un rire nerveux et inquiétant, l’histoire de cette Sandrine Veysset qui a filmé en hiver ce conte noir où le désespoir le plus profond côtoie tendresse et affection. Le malaise et une sourde angoisse naissent des squelettes d’arbres nus, d’un chien menaçant, des tourbillons d’une eau grise au bord d’une côte sauvage et, surtout, du regard vague et vide de Martha. Pas de mélodrame Pudique, la jeune réalisatrice évite de basculer dans le mélodrame : «C’est tellement facile, dit-elle, de faire pleurer dans les chaumières, mais c’est pas tellement mon truc. Je préfère l’émotion intérieure, qui passe par des non-dits, la sensibilité à la sensiblerie». Sandrine Veysset a réuni trois acteurs, pratiquement inconnus, parvenant à une alchimie exceptionnelle. La petite Lise est la fille de son coscénariste Sébastien Régnier. «Elle est assez incroyable, dans la vie, les regards qu’elle a dans le film, ce sont les siens. Elle a une capacité à partir dans les histoires, à s’évader dans un autre monde...». «Lorsque j’ai organisé une rencontre entre la petite, Valérie et Yann, je me suis dit que c’était là que j’allais voir si c’était les bons. Je les ai emmenés en Normandie. À la fin de la journée, je savais que c’était eux. Il s’était déjà passé un truc, ils étaient déjà un peu Martha, un peu Reymond et Lise alors qu’on n’avait même pas encore commencé le travail». Après Martha...Martha, les cinéphiles pourront découvrir dans les projections de cette section ouverte au public des films des quatre coins du monde, des États-Unis aux antipodes, en passant par l’Asie, la Tunisie, la Palestine, l’Italie, l’Albanie (pour la première fois à Cannes), avec un retour marqué en Russie.
Découverte à la Quinzaine des réalisateurs, avec «Y aura-t-il de la neige à Noël ?», Sandrine Veysset ouvrait jeudi cette section parallèle du Festival de Cannes avec «Martha...Martha», histoire d’une fillette ballottée entre une mère fragile et instable et un père tendre mais impuissant.La 33e Quinzaine, qui a contribué à révéler des cinéastes comme Wim Wenders, Stephen Frears, Martin Scorsese, André Téchiné ou Nagisa Oshima, présente jusqu’au 20 mai sur la Croisette, à quelques encablures du Palais des festivals, 22 longs métrages, dont une bonne moitié de débutants. Revenue par «fidélité» à cette section «off» qui a contribué à la lancer, Sandrine Veysset signe avec Martha...Martha son troisième film lié à l’enfance. «C’est une espèce de trilogie, mais ce n’était pas conscient»,...