Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement hier, aussi bien sur le front de la demande du dollar, toujours modérée, que sur celui de l’offre en cette monnaie, de plus en plus rare en dehors de la Banque du Liban (BDL). Cette dernière, qui a maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue ainsi à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais, en raison de la pénurie d’offres en billet vert sur le marché interbancaire, les établissements de crédit ont continué de s’approvisionner en cette monnaie auprès de la BDL, pour le compte de leurs clients, au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Pourtant, au regard du ralentissement de la demande, le volume des échanges ne devait pas dépasser hier dix millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Le dollar soutenu par la baisse des taux d’intérêt en Europe À l’étranger, la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d’abaisser son principal taux directeur hier d’un quart de point en pourcentage de 4,75 % à 4,50 % a surpris les marchés des changes internationaux et fait plonger la monnaie unique européenne sous le seuil de 0,88 dollar par moments, pour la première fois depuis trois semaines, alors que les investisseurs estiment que cette mesure est trop timide et trop tardive pour qu’elle puisse véritablement doper la croissance dans la zone euro. Jusqu’à hier matin, avant la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, cette dernière avait semblé s’éloigner de la tendance à un assouplissement de sa politique de crédit, estimant que le lutte contre l’inflation constituait la priorité. Les opérateurs, qui s’attendaient à un statu quo monétaire, avaient poussé l’euro à plus de 0,89 dollar. Mais l’optimisme s’est vivement estompé et l’euro ne tardait pas à renouer avec la baisse, ce soudain revirement de la BCE ayant mis en jeu la crédibilité de cet organisme. «Les investisseurs restent assez sceptiques sur la BCE et l’euro», a observé une analyse de la Bank of Tokyo-Mitsubishi, ajoutant que «le marché ne sait pas ce qu’il faut faire avec l’euro. La BCE a perdu de sa crédibilité et a endommagé le peu de confiance que l’on avait dans l’euro». Selon certains analystes, la BCE a pu être influencée par la décision de son homologue britannique, la Banque d’Angleterre, de relâcher hier, peu avant elle, le coût du crédit au Royaume-Uni dans une même proportion, le ramenant de 5,50 % à 5,25 %. D’autant que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait abaisser, elle aussi, son taux directeur mardi prochain à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. De plus, le dollar s’est également raffermi face au yen, le marché doutant que le Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, appliquera les réformes économico-financières comme prévu. Cela étant, le billet vert, ayant le vent en poupe, s’est négocié sur un ton soutenu à New York, comme suit : – 0,8805 pour un euro contre 0,8855, la veille – 1,4215 pour un sterling contre 1,4220 – 2,2215 DM contre 2,2090 – 7,4500 FF contre 7,4080 – 1,7450 FS contre 1,7400 – 2 199,05 lires contre 2 186,65 – 122,60 yens contre 122,15. Bourse de Beyrouth : sous le signe de la hausse de Solidere A À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est un peu redressée hier sous l’impulsion de la hausse des actions A de Solidere de 4 1/2 à 4 7/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. Par conséquent, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,65 % à 59,34 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 138,07 points. Ce mouvement s’est déroulé dans un volume d’affaires plus étoffé que ces derniers jours, totalisant 87 348 actions d’une valeur de 418 264 dollars. Irrégularité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont vu leurs gains s’éroder hier, au fil des cotations, mais l’optimisme restait de mise, alimenté à la fois par la baisse surprise des taux d’intérêt européens et par les gains de la distribution et des semi-conducteurs. Cela d’autant que le recul beaucoup plus fort qu’attendu des demandes hebdomadaires d’allocations-chômage aux États-Unis de 41 000 dossiers la semaine dernière laissait espérer une reprise de l’économie. Dès l’ouverture, les investisseurs ont salué les décisions de la BCE et de la Banque d’Angleterre de baisser leurs taux directeurs d’un quart de point en pourcentage à 4,50 % et 5,25 % respectivement, interprétant ce geste comme le signe avant-coureur d’une nouvelle baisse des taux par la Fed mardi prochain lors de la réunion de son comité de politique monétaire. De plus, les gains de fabricants de microprocesseurs ont nourri l’enthousiasme du marché, après une révision à la hausse par la banque d’affaires Morgan Stanley Dean Witter de sa recommandation sur plusieurs titres de ce secteur. Les pertes de la pharmacie et des télécoms n’ont pas suffi à plomber le moral de Wall Street, soutenu par l’envolée des valeurs de la distribution après que plusieurs grands magasins, comme Gap et KMart, eurent annoncé une amélioration de leurs ventes le mois dernier par rapport à la période correspondante de 2000. Cela étant, l’indice composite Nasdaq est revenu dans le rouge à moins de 2 150 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 868,80 points et un plus haut à 10 979,09 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 925,34 points, en hausse de 58,36 points sur la veille. Rebond des Bourses européennes Les Bourses européennes ont nettement progressé jeudi, profitant de l’annonce inattendue d’une baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre. À Londres, l’indice Footsie des cent principales valeurs a avancé de 1,19 % à 5 964 points. L’indice des quarante valeurs vedettes de la Bourse de Paris, le CAC 40, a terminé en hausse de 2,08 % à 5 606,46 points. L’indice DAX des trente valeurs vedettes de la place de Francfort engrangeait 1,67 % à 6 165,18 points. Parmi les autres bourses, Madrid a gagné 1,32 %, Milan 1,05 %, Amsterdam 3,03 %, Lisbonne 0,79 %, Zurich 1,56 % et Bruxelles 1,43 %. «La nouvelle de la baisse des taux de la BCE nous a surpris et a bien aidé le marché, toutes les valeurs sensibles aux taux, comme les bancaires, et celles sensibles à la conjoncture (...) sont parties à la hausse», a estimé Pierre-Yves Lanz, de la banque Sarasin à Genève. La BCE a réduit son taux d’intérêt directeur de 25 points de base à 4,50 %, à l’issue d’une réunion de son conseil des gouverneurs. La Banque européenne était la dernière Banque centrale du G7 à ne pas avoir baissé son loyer de l’argent face à l’essoufflement de l’économie mondiale, plombée par le brutal ralentissement américain. «Rien n’est acquis», tempérait toutefois une opératrice parisienne, pour qui «tant que la visibilité n’est pas meilleure, la prudence reste de mise». La Banque d’Angleterre a, elle aussi, décidé de relâcher la pression monétaire, en abaissant de 25 points de base son taux directeur, à 5,25 %. Les valeurs financières ont été les premières à profiter des baisses des taux. L’indice européen DJ Euro Stoxx des valeurs bancaires progressait de 2,19 % vers 18h00. À Paris, BNP, Paribas a gagné 5 %. Le groupe a également bénéficié de l’annonce de résultats trimestriels jugés meilleurs que ceux de ses concurrents européens, dans un contexte difficile. Société générale a avancé de 3,61 % et Crédit lyonnais de 1,36 %. À Londres, Barclays a progressé de 2,15 % et Lloyds TSB de 3,58 %, à Francfort Deutsche Bank avançait de 2,92 % et à Amsterdam ABN-Amro a grimpé de 5,02 %. Parmi les assureurs, Axa a engrangé 3,64 % et AGF 2,64 % à Paris, tandis qu’Allianz grimpait de 2,81 % à Francfort. Le groupe d’assurances italien RAS, contrôlé par l’allemand Allianz, s’est adjugé 6,46 % à la Bourse de Milan. Les valeurs technologiques ont également profité de l’optimisme des investisseurs. «Si on parie sur une reprise de l’économie, les premières à en bénéficier sont les valeurs technologiques», a souligné l’opératrice parisienne. À Paris, le groupe d’électronique grand public Thomson Multimedia a grimpé de 5,76 % et l’équipementier en télécommunications Alcatel de 3,86 %. À Francfort, le numéro un européen du progiciel, l’allemand SAP, avançait de 4,30 %. Tokyo : troisième séance de baisse La Bourse japonaise a terminé en baisse jeudi pour la troisième séance consécutive, les progrès enregistrés par les valeurs de l’économie traditionnelle n’ayant pas suffi à compenser les pertes enregistrées par les grandes technologiques, notamment NEC Corp, au lendemain du recul de 1,92 % du Nasdaq américain. Des investisseurs ont observé néanmoins que le transfert des fonds sur l’ancienne économie plutôt qu’un retrait pur et simple des capitaux du marché boursier montre que les espoirs placés dans les réformes du nouveau Premier ministre Junichiro n’ont pas été entamés. «Rien ne poussait à acheter aujourd’hui, mais les espoirs dans les réformes de Koizumi restent bien vivants, ce qui a limité la baisse», a constaté Toshio Tahara, de Sumisei Global Investment Trust Management. «Il semble que l’on soit d’accord pour estimer qu’il faut lui laisser un peu plus de temps pour arrêter des mesures concrètes, même s’il ne peut pas faire attendre le marché indéfiniment», a-t-il observé. L’indice Nikkei a terminé en repli de 67,06 points, soit 0,48 %, à 14 017,79, à peine au-dessus donc de la barre des 14 000 points. L’indice pondéré Topix a, quant à lui, perdu 11,08 points, soit 0,80 %, à 1 381,25.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement hier, aussi bien sur le front de la demande du dollar, toujours modérée, que sur celui de l’offre en cette monnaie, de plus en plus rare en dehors de la Banque du Liban (BDL). Cette dernière, qui a maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue ainsi à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais, en raison de la pénurie d’offres en billet vert sur le marché interbancaire, les établissements de crédit ont continué de s’approvisionner en cette monnaie auprès de la BDL, pour le compte de leurs clients, au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Pourtant, au regard...