Le processus de paix en Irlande du Nord et le renoncement de l’IRA à la violence exercent depuis trois ans une profonde influence sur les nationalistes et indépendantistes basques qui voient dans le modèle irlandais la possibilité de trouver une issue au terrorisme de l’ETA. En marge des élections régionales du 13 mai, l’association pacifiste basque Elkarri tente de mettre sur pied une conférence de paix avec le soutien de médiateurs du conflit nord-irlandais, comme le prêtre catholique Alec Reid. «Il s’agit d’activer un Stormont basque pour ouvrir un processus de dialogue entre les partis avec l’aide de médiateurs», explique un des dirigeants d’Elkarri, Gorka Espiau. Cette initiative, soutenue par le Parti nationaliste basque (PNV, modéré), au pouvoir en Euskadi (Pays basque espagnol) depuis 1980, récupère notamment les idées du rapport Mitchell de 1996 sur la préparation des négociations («Talks About Talks»). Celle-ci est basée sur l’engagement à n’utiliser que des méthodes démocratiques et pacifiques pour établir, sans condition préalable, un dialogue aujourd’hui complètement inexistant entre les formations politiques nationalistes modérées ou radicales et non nationalistes Le journaliste espagnol Rogelio Alonso, chercheur en sciences politiques à la Queen’s University de Belfast, affirme pour sa part dans un livre publié en 2000 sur l’Irlande du Nord, que «l’initiative de Lizarra semble basée sur l’instrumentalisation politique du processus de paix nord-irlandais à travers un regard sélectif à des fins purement partisanes. Une des clés du processus irlandais a été le fait que le républicanisme s’est constitutionnalisé, un phénomène opposé à la radicalisation du nationalisme constitutionnel basque, exigé par les secteurs indépendantistes», ajoute-t-il, en insistant sur les concessions faites par le Sinn Fein et l’IRA, contrairement à l’ETA et à EH. «Ce qu’il manque au Pays basque, c’est la volonté d’abandonner les armes» de la part de l’ETA, affirme pour sa part le politologue de l’Université du Pays basque à Leioa (près de Bilbao), Francisco José Llera. «Les nationalistes se sont mépris sur l’Irlande. Ici, il n’y a ni deux communautés religieuses ni de terrorisme unioniste. Les Irlandais n’ont rien à nous apprendre : nous, nous avons déjà un gouvernement autonome, depuis 1980», déclare-t-il.
Le processus de paix en Irlande du Nord et le renoncement de l’IRA à la violence exercent depuis trois ans une profonde influence sur les nationalistes et indépendantistes basques qui voient dans le modèle irlandais la possibilité de trouver une issue au terrorisme de l’ETA. En marge des élections régionales du 13 mai, l’association pacifiste basque Elkarri tente de mettre sur pied une conférence de paix avec le soutien de médiateurs du conflit nord-irlandais, comme le prêtre catholique Alec Reid. «Il s’agit d’activer un Stormont basque pour ouvrir un processus de dialogue entre les partis avec l’aide de médiateurs», explique un des dirigeants d’Elkarri, Gorka Espiau. Cette initiative, soutenue par le Parti nationaliste basque (PNV, modéré), au pouvoir en Euskadi (Pays basque espagnol) depuis 1980, récupère...
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