La Russie annonce la création de Mir-2, sans y croire vraiment
le 01 mai 2001 à 00h00
Quelques semaines après la destruction de Mir, âgée de 15 ans, la Russie a annoncé qu’elle allait développer une nouvelle station spatiale, Mir-2, une idée jugée «irréaliste» par les spécialistes. Le vice-Premier ministre russe Ilia Klebanov avait affirmé à la mi-avril que le gouvernement «étudie actuellement le concept d’une station portant le nom de Mir-2», qui devrait être prêt dans un an. La Russie qui s’est engagée il y a quelques années dans le projet ambitieux de la Station spatiale internationale (ISS), aux côtés des Américains, Européens, Canadiens et Japonais, a été obligée de détruire le 23 mars sa propre station obsolète, Mir, n’ayant pas les moyens financiers de participer aux deux projets à la fois. Après la chute de Mir dans le Pacifique sud, les Russes ont évoqué de sérieuses craintes quant à l’avenir des programmes scientifiques russes dans le domaine de l’espace. Plusieurs anciens cosmonautes ont estimé que la Russie allait être écartée des grands projets scientifiques à bord de l’ISS et son rôle réduit à une simple exploitation technique de la station : travaux d’entretien et de réparation, approvisionnement en combustible et livraison de vaisseaux de secours. «La Russie a besoin d’avoir sa propre station spatiale pour continuer l’exploration de l’espace», a reconnu le porte-parole de l’Agence spatiale russe Sergueï Gorbounov. «Vu notre expérience dans ce domaine, il n’y aurait pas de problèmes techniques pour en construire une», a-t-il ajouté, tout en admettant que «pour l’instant, le budget russe ne peut assurer le financement» d’un tel projet. « Pas d’argent » «Le gouvernement a lancé l’idée de Mir-2 uniquement pour sauver la face après la destruction de Mir» désapprouvée par une forte majorité de Russes selon les sondages, a expliqué un autre responsable de l’Agence spatiale russe, sous couvert de l’anonymat. «Le projet Mir-2 est prêt depuis longtemps, mais il n’y a pas d’argent pour le réaliser», a affirmé pour sa part Nikolaï Zelenchikov, vice-président de la société russe de construction spatiale RKK Energuia. «Il est irréaliste» de penser à la construction de Mir-2 qui serait «un plaisir trop coûteux», a conclu le directeur de l’Agence spatiale russe Iouri Koptev, interrogé sur le cosmodrome de Baïkonour quelques minutes après le décollage du vaisseau Soyouz emportant le premier «touriste de l’espace», l’homme d’affaires américain Dennis Tito, vers l’ISS. «Actuellement, notre objectif essentiel est de participer dignement au projet de l’ISS», a-t-il souligné. Les Russes ont toutefois compris que la collaboration avec la Nasa qui finance près de 60 % du projet ne s’annonce pas aussi facile qu’ils le pensaient au début. De sérieuses tensions sont survenues avec les Occidentaux, lorsque la Russie avait annoncé l’envoi sur l’ISS d’un homme d’affaires américain qui l’a payé 20 millions de dollars, en ouvrant la voie à la commercialisation de la station. Les Américains se sont opposés au vol du «touriste» Dennis Tito, évoquant des raisons de sécurité, mais beaucoup de Russes y ont vu une brimade de la part de la nouvelle Administration américaine. Un responsable du secteur spatial russe s’exprimant sous couvert de l’anonymat avait menacé de «détruire» l’ISS en détachant le module russe Zvezda de la station si les Occidentaux continuaient à durcir le ton. La Nasa n’a donné son feu vert au vol du «touriste» que quatre jours avant la date prévue du lancement.
Quelques semaines après la destruction de Mir, âgée de 15 ans, la Russie a annoncé qu’elle allait développer une nouvelle station spatiale, Mir-2, une idée jugée «irréaliste» par les spécialistes. Le vice-Premier ministre russe Ilia Klebanov avait affirmé à la mi-avril que le gouvernement «étudie actuellement le concept d’une station portant le nom de Mir-2», qui devrait être prêt dans un an. La Russie qui s’est engagée il y a quelques années dans le projet ambitieux de la Station spatiale internationale (ISS), aux côtés des Américains, Européens, Canadiens et Japonais, a été obligée de détruire le 23 mars sa propre station obsolète, Mir, n’ayant pas les moyens financiers de participer aux deux projets à la fois. Après la chute de Mir dans le Pacifique sud, les Russes ont évoqué de sérieuses...
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