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Actualités - Chronologies

L’économie US, un cadeau empoisonné

L’économie américaine, au bord de la récession, représente une menace politique pour le président George W. Bush qui compte sur les baisses de taux d’intérêt, orchestrées par Alan Greenspan, président de la Fed, et son programme de réduction d’impôts pour relancer la machine. En pleine euphorie, l’économie s’est éteinte brusquement au tournant de l’année. Quelques jours avant d’entrer à la Maison-Blanche, le nouveau président a sauté sur cette occasion rêvée pour justifier un plan de réduction massive des impôts. George W. Bush, «une fois élu, a commencé à user de la faiblesse de l’économie pour pousser son plan de réduction d’impôts, mais il a rapidement compris que ce n’était pas une bonne idée pour un président américain de critiquer l’économie» et de dresser un tableau pessimiste de la situation, note Greg Mount, économiste de BanK One à Chicago. «Je pense que le président a tenté d’ouvrir le parapluie (...) en répétant sans cesse que l’économie ralentissait», relève Gary Burtless, membre de la Brookings Institution, un groupe de réflexion. En agitant le chiffon rouge, George W. Bush a voulu «donner l’impression que l’économie était déjà en déconfiture» avant son arrivée pour ne pas en être tenu pour responsable, poursuit-il. Mais, pour peu que l’économie reste moribonde pendant deux ans, le président Bush, doté d’une faible majorité au Congrès, risque de connaître un revers électoral notable à l’occasion des prochaines élections au Congrès en novembre 2002, estime Gary Burtless. Un avis partagé par Greg Mount qui souligne, en revanche, qu’une reprise de la croissance dans les prochains mois pourrait apparaître comme une victoire du président. George W. Bush peut «attendre quelques retombées positives d’une reprise économique», pense Greg Mount. Pour créer les conditions favorables à une relance économique, Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale, a baissé à quatre reprises les taux d’intérêt depuis le début de l’année, offrant du crédit moins cher aux ménages pour consommer ou aux entreprises pour investir. Ce mouvement de baisse des taux va se poursuivre, note Peter D’Angelo, économiste de la banque d’affaires Salomon Smith Barney. Soit un élément plutôt favorable au président Bush qui veut de son côté remettre de l’argent dans les poches des Américains par des baisses d’impôts. Le Fonds monétaire international (FMI) reconnaît que l’allègement de la charge fiscale sur les ménages est de nature à stimuler la croissance. «Les réductions d’impôts semblent sûres de soutenir la demande», pense Michael Mussa, chef économique du FMI en soulignant, qu’ensemble, la politique monétaire et la politique fiscale devraient éviter aux États-Unis de sombrer en récession. Si finalement George W. Bush devait affronter une récession, mieux vaut qu’elle survienne maintenant. «Tout bien considéré, c’est probablement une bonne chose pour un président d’avoir une récession en tout début de mandat, car il a quatre ans pour gérer la reprise» et en tirer profit politiquement, note Gary Burtless. Cet expert rappelle ainsi que Ronald Reagan a été dans ce cas de figure au tout début des années 80. Au contraire, rappelle Gary Burtless, le père de l’actuel président n’a pas eu cette chance avec la dernière récession américaine en 1991, un an avant l’échéance électorale présidentielle de 1992 où il a manqué de se faire réélire.
L’économie américaine, au bord de la récession, représente une menace politique pour le président George W. Bush qui compte sur les baisses de taux d’intérêt, orchestrées par Alan Greenspan, président de la Fed, et son programme de réduction d’impôts pour relancer la machine. En pleine euphorie, l’économie s’est éteinte brusquement au tournant de l’année. Quelques jours avant d’entrer à la Maison-Blanche, le nouveau président a sauté sur cette occasion rêvée pour justifier un plan de réduction massive des impôts. George W. Bush, «une fois élu, a commencé à user de la faiblesse de l’économie pour pousser son plan de réduction d’impôts, mais il a rapidement compris que ce n’était pas une bonne idée pour un président américain de critiquer l’économie» et de dresser un tableau...