Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Les pêcheurs de Gaza - travaillent la peur - au ventre

Zaher Hamoudi pêche avec la peur au ventre depuis la chute de quatre roquettes israéliennes autour de sa petite embarcation, au large de la bande de Gaza, qui l’avaient obligé à fuir dans le noir avant d’aller s’écraser contre la jetée du port. Le pêcheur âgé de 30 ans a été retiré des eaux inconscient et blessé à la poitrine le 3 avril, alors même que l’armée israélienne effectuait un raid sur la bande de Gaza contre le quartier général de la marine palestinienne. «On se retrouve au milieu des eaux à trembler de peur. On craint qu’ils nous tirent dessus», déclare Zaher Hamoudi, accusant les patrouilles israéliennes de les contraindre à rentrer au port presque chaque nuit. La marine israélienne impose une limite aux pêcheurs qui ne peuvent dépasser les trois milles marins au large des côtes. Cette limite était de cinq milles marins avant le début de l’intifada le 28 septembre. La nuit, les lumières des embarcations brillent désormais tout près du rivage. «Les militaires israéliens arrivent à notre hauteur et tirent sans avertissement. Ils nous demandent de disparaître, en jurant en arabe, en hébreu, dans toute langue qu’ils connaissent», indique Zaher Hamoudi. Un autre pêcheur, Raëd Zeidane, raconte qu’une balle israélienne a sifflé près de son oreille. «Je l’ai littéralement senti passer dans mes cheveux». L’armée israélienne a tenu à préciser qu’elle ne tirait pas sur des pêcheurs «innocents». Les pêcheurs se plaignent du fait qu’ils soient devenus les victimes du bouclage imposé par Israël à la bande de Gaza peu après le déclenchement de l’intifada. «Ils veulent nous terroriser», indique Moufid Jarboua, 39 ans, tout en relevant qu’aucun pêcheur n’avait été tué par les tirs de patrouilles israéliennes. Mais ce père de famille nombreuse reconnaît que l’effet asphyxiant du bouclage sur l’industrie de la pêche lui faisait plus peur que les officiers de la marine israélienne à la gâchette facile. «Lorsque nous sortons la nuit et allumons les feux pour attirer les sardines, les militaires de la marine israélienne nous empêchent de nous diriger vers les bancs de poissons et nous tirent dessus», raconte Moufid Jarboua. «Si nous arrivons à en attraper, cela suffit à peine pour payer le carburant», ajoute-t-il. Cette inactivité forcée des pêcheurs qui ont contribué à raison de 4% aux revenus de la bande de Gaza en 2000, a compliqué le problème du chômage dans les territoires palestiniens, qui atteint 60 % dans certaines régions en raison du bouclage. Le total des prises s’est élevé en 2000 à 2 600 tonnes, alors qu’au cours des trois années précédentes, il était de 3 700 tonnes annuelles, selon le directeur général du département de la pêche Tarek Sakr. Un officier de la marine palestinienne a déclaré, sous couvert d’anonymat, que ni les pêcheurs ni la marine ne souhaitaient affronter les patrouilles israéliennes car ils représenteraient des cibles faciles. «Auparavant, nous sortions pour protéger les pêcheurs. Mais si nous le faisons maintenant, il y aurait des affrontements que nous tentons d’éviter», a-t-il dit, ajoutant que la marine n’avait plus que deux bateaux après qu’Israël eut fait couler le reste dès les premières semaines de l’intifada.
Zaher Hamoudi pêche avec la peur au ventre depuis la chute de quatre roquettes israéliennes autour de sa petite embarcation, au large de la bande de Gaza, qui l’avaient obligé à fuir dans le noir avant d’aller s’écraser contre la jetée du port. Le pêcheur âgé de 30 ans a été retiré des eaux inconscient et blessé à la poitrine le 3 avril, alors même que l’armée israélienne effectuait un raid sur la bande de Gaza contre le quartier général de la marine palestinienne. «On se retrouve au milieu des eaux à trembler de peur. On craint qu’ils nous tirent dessus», déclare Zaher Hamoudi, accusant les patrouilles israéliennes de les contraindre à rentrer au port presque chaque nuit. La marine israélienne impose une limite aux pêcheurs qui ne peuvent dépasser les trois milles marins au large des côtes. Cette...