Le marché des changes de Beyrouth est resté fermé hier en raison du chômage officiel de Pâques. Il reprendra ses activités aujourd’hui. Rappelons que le dollar avait clôturé jeudi dernier, à la veille du long week-end pascal, au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention élargie entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Mais, compte tenu de la réticence des opérateurs à l’offre du billet vert, les établissements de crédit l’avaient négocié pratiquement au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL, soit à 1 514,00 LL, selon les cambistes de la place. Reprise du dollar et du yen À l’étranger, l’euro est resté faible face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, alors que les investisseurs restent déçus par le statu quo monétaire décidé par la Banque centrale européenne (BCE) mercredi dernier. Plus tôt dans la matinée en Europe, les investisseurs avaient brièvement poussé l’euro sous la barre de 0,88 dollar pour la première fois depuis la mi-décembre, sanctionnant ainsi la décision la semaine précédente de la BCE de ne pas opter pour une détente monétaire. L’avertissement sur résultats émis la veille par l’américain Cisco Systems avait temporairement affaibli le billet vert en début de matinée et soutenu l’euro. La publication hier des prix à la consommation et de la production industrielle aux États-Unis n’a pas donné beaucoup de direction au marché. «Après un mouvement de baisse, les opérateurs ont recommencé à racheter un peu d’euros», a noté un analyste de la Bank of America. Les chiffres sur la production industrielle étaient un peu plus forts que prévu, mais cela n’a pas eu d’impact sur le marché qui anticipe toujours un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Ainsi, la hausse de 0,4 % de la production industrielle le mois dernier contre une baisse dans une même proportion en février a été compensée par la maigre hausse de 0,1 % des prix à la consommation contre 0,3 % pendant la même période, justifiant une nouvelle baisse des taux américains même avant la réunion du comité de politique monétaire de la Fed le 15 mai prochain. De son côté, le yen a repris de la hauteur hier après des propos du vice-ministre japonais des Finances en charge des relations internationales, Haruhiko Kuroda, parus dans la presse. «Le Japon souhaite que le yen s’échange à des niveaux conformes à ses fondamentaux économiques», a indiqué M. Kuroda au Financial Times. «Il n’y a actuellement aucune raison pour que le yen se déprécie», a-t-il ajouté. Un point de vue que ne partage pas l’ensemble des analystes. «Il y a toutes les raisons de penser que le yen va continuer de se déprécier», a estimé au contraire l’analyste en chef de la Bank of Tokyo-Mitsubishi, citant l’incertitude politique du pays, la faiblesse de l’économie, la fragilité des échanges à la Bourse de Tokyo qui risquent de repartir à la baisse et le peu d’informations concrètes au sujet du programme gouvernemental pour relancer l’économie. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est négocié, à New York, en hausse face aux monnaies européennes seulement, comme suit : – 0,8820 pour un euro contre 0,8880 – 1,4295 pour un sterling contre 1,4370 – 2,2175 DM contre 2,2025 – 7,4375 FF contre 7,3870 – 1,7310 FS contre 1,7145 – 2 195,35 lires contre 2 180,50 – 123,40 yens contre 124,35. Les marchés américains légèrement à l’équilibre Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont créé la surprise hier en restant légèrement à l’équilibre, là où les prévisions pessimistes de Cisco Systems, le spécialiste des équipements pour les réseaux Internet, laissaient présager une débâcle des valeurs technologiques. Ainsi, après une ouverture en baisse touchant l’ensemble des secteurs, l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq revenait à l’équilibre alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles de Wall Street réduisait ses dégâts. Selon les professionnels, la fébrilité des investisseurs à l’ouverture de la séance s’expliquait par le sévère avertissement lancé par Cisco sur ses résultats et son chiffre d’affaires aux troisième et quatrième trimestres de son exercice 2000/2001. Cisco anticipe notamment un recul de 30 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre (achevé en avril) par rapport au deuxième, en raison du ralentissement du marché mondial des télécommunications et de la décélération des dépenses high-tech des entreprises. Pourtant, cette annonce de Cisco n’a pas été si dévastatrice que l’on craignait pour le marché, car la chute des commandes dans le secteur des télécoms a déjà été intégrée par le marché. La banque d’affaires Salomon Smith Barney, qui voit l’annonce de Cisco comme «la dernière des nouvelles vraiment horribles», a affiché le même optimisme : «Nous pensons que cet avertissement sur résultat purifie l’atmosphère, pas seulement pour Cisco mais pour la plupart des noms dans cette catégorie», a-t-elle indiqué. Certes, la relative bonne tenue des marchés boursiers américains hier provient également de la publication de données économiques encourageantes aux États-Unis sur la production industrielle et les prix à la consommation. De ce fait, l’indice composite Nasdaq est parvenu à gagner quelques points autour 1910 points, pendant que l’indice Dow Jones des industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 075,54 points et un plus haut à 10 219,40 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 132,52 points, en léger repli de 26,04 points sur la veille. Bourses européennes : réduction des dégâts Les avertissements sur bénéfices formulés par les grandes technologiques de part et d’autre de l’Atlantique ont lourdement pesé mardi sur les marchés européens, bien qu’un retournement de tendance sur le Nasdaq leur ait permis de réduire leurs pertes en fin de séance. Après la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 cédait 6,27 points à 1 402,52, soit un recul de 0,45 % tandis que l’indice DJ Stoxx50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, perdait 48,80 points à 4 289,32 (-1,12 %). L’indice sectoriel des technologies, qui avait bondi de 11 % la semaine dernière, chutait quant à lui de 22,47 points à 491,49, soit un recul de 4,3 % après avoir il est vrai plongé jusqu’à 474,86 points. Les technologiques ont été fortement tirées à la baisse par le néerlandais Philips et le géant américain Cisco, leurs avertissements sur bénéfices et réductions d’effectifs refroidissant les attentes des investisseurs qui avaient commencé à espérer en une amélioration de la conjoncture. On a toutefois retrouvé un peu de sérénité lorsqu’aux États-Unis, le Nasdaq est redevenu positif, le marché considérant que l’avertissement de Cisco n’était pas une surprise dans le contexte actuel de ralentissement. L’ambiance reste toutefois tendue, dans l’attente des résultats que doivent publier après la clôture de Wall Street Intel et Taxas Instruments. Lourde chute de Philips En tête des baisses parmi les valeurs vedettes, Philips a chuté de 9,78 % après avoir déclaré prévoir une perte nette pour le deuxième trimestre et envisager la suppression de 7 000 emplois, en raison de la faiblesse des marchés de l’informatique et des télécommunications. L’onde de choc a provoqué un recul de 2,62 % pour STMicroelectronics et de 2,25 % pour l’allemand Infineon, tandis qu’ASM Lithography perdait 1,63 %. De même, l’avertissement formulé par Cisco a pesé sur les sociétés européennes de réseaux de télécommunications. Alcatel a chuté de 6,75 %, tandis qu’Ericsson (qui n’a pas commenté les rumeurs lui prêtant l’intention d’importantes compressions de personnel) perdait 4,9 % et Nokia 4,8 %. Mais par ailleurs, le marché a tiré quelque réconfort des statistiques américaines de la journée. Tokyo : en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé de nouveau en baisse de 1,4 % mardi, les investisseurs bradant les valeurs techologiques dans le sillage du plongeon du Nasdaq la veille. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 187,80 points à 13 067,09. L’indice élargi Topix a reculé de 8,60 points à 1 285,53. Le volume d’échanges est resté modéré, avec 856 millions de titres qui ont changé de mains contre 884 millions la veille. «L’orientation à l’achat du marché était faible depuis le début de la séance, en raison des mauvaises performances enregistrées par l’indice Nasdaq la veille», a indiqué Hiroichi Nishi, analyste chez Nikko Securities. «Conformément aux mouvements de l’indice composite américain, les investisseurs japonais ont particulièrement vendu des titres de la haute technologie», a ajouté le courtier. À New York lundi soir, l’indice Nasdaq des valeurs de la haute technologie a terminé en repli de 51,86 points (-2,6 %) à 1 909,57, tandis que le DJIA gagnait 31,62 points (+0,3 %) à 10 58,56. Le premier équipementier mondial de réseaux pour l’Internet Cisco Systems, leader du secteur, a par ailleurs averti après la clôture de New York qu’il prévoyait des ventes au troisième trimestre de son exercice inférieures de 30 % à celles enregistrées au trimestre précédent. La société a également annoncé un plan de restructuration prévoyant la suppression de 8 500 emplois, afin de s’ajuster à la décélération de la demande en équipements pour l’Internet. «Outre la pression du Nasdaq, les technologiques étaient déprimées par sévère avertissement de Cisco», a expliqué M. Nishi. Le mouvement de vente s’est poursuivi vers la fin de la séance sur des inquiétudes grandissantes de voir le Nikkei tomber en dessous des 13 000 points cette semaine, de l’avis des courtiers. «Une chute brutale est peu probable, mais l’indice pourrait facilement passer sous les 13 000 points», a estimé Hiroshi Sato, de Cosmo Securities. «Le marché envisage à présent une fluctuation du Nikkei autour des 13 000 points pour le reste de la semaine», a-t-il poursuivi.
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