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Actualités - Chronologies

La mort du premier cosmonaute - reste un mystère

Les circonstances de la mort du premier cosmonaute de l’humanité Iouri Gagarine, aux commandes d’un avion d’entraînement le 27 mars 1968, n’ont toujours pas été éclaircies, 33 ans après l’accident. «Nous avons examiné une vingtaine d’hypothèses, mais n’avons pas réussi à recueillir des preuves» nécessaires pour conclure, ont récemment assuré les membres de la commission d’État créée juste après l’accident. «Nous avons donc adopté la version la plus plausible», celle d’une collision avec un ballon météorologique, a précisé Ivan Roubtsov qui avait participé à l’enquête. La disparition de Gagarine, dont le Mig-15 à réaction s’était écrasé au sol dans la région de Vladimir, au nord-est de Moscou, avait alimenté jusqu’à tout récemment les rumeurs les plus folles, du complot du KGB à l’enlèvement du cosmonaute par des extraterrestres. «Les enquêteurs ont tout de suite découvert la vérité, mais le Comité central du Parti communiste leur a ordonné de se taire», a affirmé Iouri Koulikov qui dirigeait un service chargé de contrôler la sécurité des vols au sein des forces aériennes soviétiques et avait examiné minutieusement les 29 volumes du dossier de l’enquête de la commission d’État. «La vraie raison de l’accident, c’est une erreur de l’équipage qui manquait d’expérience et n’a pas réussi à maîtriser l’avion dans des conditions météorologiques difficiles», estime ce général en retraite qui avait enquêté à l’époque soviétique sur plusieurs accidents d’avion. Après son vol historique dans l’espace le 12 avril 1961, Gagarine a continué son entraînement de cosmonaute en tant que doublure de Vladimir Komarov. Lorsque ce dernier s’est écrasé à l’atterrissage après son vol spatial en avril 1967, l’espace a été fermé à tout jamais au premier cosmonaute de la Terre. Il ne fallait pas risquer la vie de celui qui était devenu le symbole de la réussite éclatante de l’URSS. Le haut commandement militaire du pays s’opposait également à ce que Gagarine continue, après son vol spatial, ses entraînements en tant que pilote d’avion. Passionné de pilotage depuis l’âge de 20 ans, Gagarine vivait mal cette interdiction et a réussi au prix d’énormes efforts à obtenir sa levée en 1968. Le 27 mars, il devait obtenir l’autorisation de piloter sans moniteur, et le colonel Vladimir Serioguine, commandant d’une unité d’aviation militaire, s’est proposé de l’accompagner pendant un vol-test. «Gagarine ne peut donc en aucun cas être tenu pour responsable de l’accident, puisqu’il n’était que pilote-élève», estime le général Koulikov, accusant les supérieurs des deux pilotes de ne pas avoir contrôlé les préparatifs de ce vol. «Il y a eu plusieurs infractions au règlement dans l’organisation du vol qui ont conduit à la catastrophe», admet un responsable de la commission d’enquête, le général Anatoli Pouchkine. Le temps était particulièrement nuageux ce jour-là. Un avion de reconnaissance aurait dû présenter un rapport détaillé sur les conditions météorologiques, ce qui n’a pas été fait, précise-t-il. «L’avion a probablement perdu l’orientation dans les nuages, et les pilotes n’ont pas réussi à s’en sortir», estime le général Koulikov. Cela reste une hypothèse parmi d’autres, personne au monde n’ayant pu jusqu’à présent reconstituer tous les détails de ce qui s’est passé ce jour-là dans le ciel. «J’ai terminé ma mission. Je reviens». Ce sont les dernières paroles de Iouri Gagarine entendues sur Terre. La dépouille du premier cosmonaute repose dans le mur du Kremlin avec celles de plusieurs dirigeants de l’État.
Les circonstances de la mort du premier cosmonaute de l’humanité Iouri Gagarine, aux commandes d’un avion d’entraînement le 27 mars 1968, n’ont toujours pas été éclaircies, 33 ans après l’accident. «Nous avons examiné une vingtaine d’hypothèses, mais n’avons pas réussi à recueillir des preuves» nécessaires pour conclure, ont récemment assuré les membres de la commission d’État créée juste après l’accident. «Nous avons donc adopté la version la plus plausible», celle d’une collision avec un ballon météorologique, a précisé Ivan Roubtsov qui avait participé à l’enquête. La disparition de Gagarine, dont le Mig-15 à réaction s’était écrasé au sol dans la région de Vladimir, au nord-est de Moscou, avait alimenté jusqu’à tout récemment les rumeurs les plus folles, du complot du...