Prenant le relais d’autres conjoncturistes, l’OCDE et les six grands instituts de conjoncture allemands ont à leur tour révisé en baisse mardi les prévisions de croissance de la zone euro pour cette année, sans pour autant se départir d’un certain optimisme. Ces révisions en baisse sont intervenues à la veille de la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait y trouver là un argument supplémentaire en faveur de la baisse des taux. Dans son tout premier rapport consacré uniquement à la zone euro, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a révisé en baisse sa prévision de croissance économique pour la zone à 2,7 % en 2001, alors qu’elle prévoyait encore 3,1 % en novembre. De leur côté, après avoir misé à l’automne sur une croissance de 2,8 % dans les 12 pays de la zone euro, les six grands instituts de conjoncture allemands ne tablent plus désormais que sur 2,6 % dans leur rapport de printemps. Dans son rapport annuel aussi publié mardi, la Bundesbank, sans toutefois fournir une estimation chiffrée, a prévenu que «les risques pesant sur la conjoncture ont augmenté en Europe (...) Un atterrissage brutal de l’économie américaine pourrait peser temporairement sur les économies de la zone euro». Car c’est bien le ralentissement de l’activité à l’étranger, en particulier aux États-Unis, qui est désigné comme le principal responsable de la décélération de la croissance européenne. En Allemagne, l’un des pays moteurs de la croissance de la zone euro, «le refroidissement de la conjoncture aux USA (...) plus fort» que prévu a amoindri «les attentes en termes d’exportations et assombri le climat des affaires», notent les instituts allemands, qui ont révisé leur prévision de croissance du PIB allemand cette année à 2,1 % contre 2,7 % précédemment. La flambée des cours du pétrole au début de l’automne et la dépréciation de l’euro sur les marchés des changes ont aussi contribué à mettre à mal la dynamique de croissance, a ajouté l’OCDE. Pour autant, si les prévisions sont révisées en baisse, aucun ne semble s’alarmer, à l’instar de la Bundesbank. «Le rythme d’expansion plus calme de l’économie de la zone euro depuis la mi-2000 ne doit pas, selon les données actuelles, être interprété comme le présage d’un ralentissement conjoncturel durable et marqué. Il semble à l’inverse que l’économie de la zone euro va continuer à croître nettement en 2001», a relevé la Banque centrale allemande. «Dans la mesure où la zone euro est un vaste ensemble relativement fermé, elle est mieux à même de résister à de tels chocs extérieurs négatifs que les pays qui la composent ne le pouvaient individuellement par le passé», estime l’OCDE.
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