L’Italien Valentino Rossi, après Masao Azuma (125 cc) et Daijiro Katoh (250), a assuré le succès total du constructeur Honda sur le circuit de Suzuka (Sud-Ouest), en dominant la catégorie reine du Grand Prix du Japon, première épreuve du championnat de vitesse motocycliste 2001. Petit génie perturbateur de l’élite motocycliste, Rossi a également privé les Japonais de l’emporter à domicile dans les trois catégories, comme ils y étaient parvenus, pour la première fois, lors de la précédente édition. Le tableau de chasse nippon est bien loin, cette année, du précédent où ils étaient montés à huit sur les neuf marches qu’offrent les podiums d’un Grand Prix. Hier, ils ont certes réalisé deux doublés en 125 cc, avec Azuma et Youichi Ui (Derbi), et en 250 cc, avec Katoh et Tetsuya Harada (Aprilia). Mais, suprême offense, ils ont été écartés du podium des 500 cc par Rossi, l’Australien Garry McCoy et l’Italien Max Biaggi, tous deux sur Yamaha. Les pilotes italiens se sont, de fait, montrés les adversaires les plus déterminés des Japonais, puisque Simonne Sanna et Roberto Locatelli, tous deux sur Aprilia, se sont classés troisième des 125 et 250 cc. Ils réalisent également de jolis tirs groupés aux places d’honneur dans les trois catégories. Issues d’écuries différentes, les Honda ont tout raflé. Outre les trois victoires en Grand Prix, elles se sont aussi attribué la première place des qualifications en 250 cc, avec Katoh, et en 500 cc, avec l’Italien Loris Capirossi. Aucun des meilleurs tours en course ne leur a non plus échappé, avec Azuma (125), Katoh (250) et Tohru Ukawa (500). Les moyens de ses ambitions Dans la catégorie reine, Rossi a démontré qu’il avait les moyens de ses ambitions. Les années impaires lui réussissent, puisqu’il a été champion du monde 125 en 1997, 250 en 1999 et attend de le devenir en 2001 en 500 cc. Il a entamé la saison sur les chapeaux de roue, comme l’impose son rôle de prétendant à la succession de l’Américain Kenny Roberts (Suzuki), dont il était déjà le dauphin en 2000. Qu’il s’empare du titre cette année, comme tout semble le promettre, constituerait une suite logique à sa fulgurante ascension. L’écurie française Gauloises Yamaha Tech 3 a parfaitement réussi son entrée dans l’élite, après avoir remporté le titre 250 en 2000, avec Olivier Jacque. Son coéquipier et dauphin de l’année dernière, le Japonais Shinya Nakano, s’est montré brillant en prenant la deuxième place des essais et en terminant le Grand Prix à la cinquième place. Le directeur général de Tech 3, Hervé Poncharal, voit dans cette performance des signes d’espoir, puisque «Nakano termine seulement à 3 secondes du vainqueur après être resté toute la course dans le groupe de tête». Il a également apprécié que Jacque, blessé, ait «progressé chaque jour», mais ait eu la sagesse d’abandonner quand la douleur est devenue intenable. «Je lui avais demandé de ne pas tenter le diable et, si le prochain Grand Prix, en Afrique du Sud, sera encore difficile, je le vois en pleine forme début mai pour attaquer la saison européenne», a-t-il déclaré. 250 cc : Katoh sans opposition Le Japonais Daijiro Katoh (Movistar Honda) a remporté sans opposition, hier, le Grand Prix de la catégorie des 250 cc, où il triomphe pour la quatrième fois. Il précède, dans l’ordre, son compatriote Tetsuya Harada (MS Aprilia Racing) qui a battu au finish l’Italien Roberto Locatelli (Eros Ramazzotti Aprilia), au terme d’un sprint engagé depuis plusieurs tours. Katoh avait déjà dominé à Suzuka en 1997, 1998 et 2000. Maître de son art, il avait réalisé le meilleur temps des essais. Hier, il a pris le meilleur départ devant l’Italien Marco Melandri (Aprilia). Mais ce dernier, blessé la veille dans une chute où il s’était déboîté l’épaule droite, n’a pu, malgré son courage, tenir le rythme. Il a progressivement rétrogradé, mais termine néanmoins à la sixième place. Locatelli l’a alors remplacé pour tenter de relever le défi lancé sur leurs terres par les Japonais. Il a longtemps lutté, à distance respectable de Katoh, avec Harada, qui s’est montré plus fin tacticien à l’arrivée. Le Français Sylvain Guintoli (France Scrab Aprilia) termine à la 15e place, décrochant son premier point en championnat du monde, auquel il accède cette année. Son coéquipier Randy de Puniet a été contraint à l’abandon et Julien Allemand (Yamaha d’Antin) a chuté. 125 cc : La force reste aux Japonais Dans les 125 cc, le Japonais Mazao Azuma (Liégeois Honda) devance, dans l’ordre, son compatriote Youichi Ui (Derbi) et l’Italien Simone Sanna (Safilo Aprilia). Azuma perpétue ainsi une tradition dans la catégorie, où le dernier vainqueur étranger demeure l’Allemand Dirk Raudies, en 1993. L’Italien Gino Borsoi (LAE/Aprilia) avait pris le meilleur départ devant le vainqueur pressenti, le Japonais Ui, vainqueur de la précédente édition, qui avait animé la catégorie depuis le début des essais libres et avait largement dominé les qualifications. Dès le deuxième tour, un autre Italien, Lucio Cecchinello, venait se mêler à la lutte et prenait la tête au troisième des 19 tours, devant le futur vainqueur, qui venait de faire l’intérieur en toute pureté à Borsoi, et Noboru Ueda (FCC Honda), talonné par le jeune San Marinois Manuel Poggiali (Gilera), 18 ans. Ueda prenait la tête à cinq tours de l’arrivée, mais chutait lourdement dans la boucle suivante, ouvrant la voie à Poggiali. Ce dernier ne résistait pas aux assauts de l’expérimenté Cecchinello et des opportunistes Azuma et Ui, que l’Italien Simone Sanna (Safilo Aprilia) suivait comme leur ombre pour s’assurer la troisième place. Le Français Arnaud Vincent (Fomma Honda), termine en 9e position. Il a régulièrement progressé depuis les premiers essais qualificatifs, où il figurait au-delà de la vingtième place.
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