Cibles de raids militaires israéliens, des bases de la Force 17, la garde du président palestinien Yasser Arafat accusée par Israël de jouer un rôle très actif dans les attaques contre l’État juif, ont pris des allures de camps fantômes dans la bande de Gaza. À première vue, le centre d’entraînement de la Force 17, situé un peu à l’écart au sud de la ville de Gaza, semble actif avec ses hauts murs blancs, surmontés de barbelés et quelques paraboles satellitaires. Mais, à y regarder de plus près, la lourde porte métallique qui barre l’entrée n’est même pas fermée. Personne pour en garder l’accès. L’intérieur n’est qu’un vaste terrain vague. Et l’une des façades est percée de trois trous béants, avec quelques éclats de roquettes dispersés tout autour. C’est que l’armée israélienne n’est pas loin. Au-dessus des vignes et des serres, on aperçoit ses chars et ses miradors, qui protègent la colonie juive de Netzarim. «Les blindés israéliens ont tiré sur le centre. Du coup, plus personne ne vient», raconte un habitant, dont la maison se trouve à deux pas. Même impression à la base de Jabaliya, au nord de Gaza, où se trouve l’une des bases de la Force 17. Là encore, tout a l’air normal. L’entrée, très verdoyante avec ses haies et ses palmiers, est gardée par une poignée de «militaires», une vieille auto-mitrailleuse en position derrière des sacs de sable. Mais juste derrière une statue d’un Yasser Arafat triomphant, les locaux sont désertés. Un chat mort gît, abandonné dans la grande cour jonchée de gravats de béton. Les toits des dortoirs sont entièrement éventrés : les hélicoptères israéliens ont bombardé à plusieurs reprises et les 150 hommes qui résidaient là ont été forcés de quitter les lieux. «Les entraînements de nos unités sont interrompus dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie», indique le chef «Khaldoun», qui commande la base. Au quartier général de la Force 17, à Gaza, les hommes sont plus que jamais sur leurs gardes. Le camp militaire d’al-Ansar était d’ailleurs largement dégarni mardi soir lorsque les hélicoptères israéliens l’ont frappé pour la deuxième fois en moins d’une semaine. Où se regroupent et que font désormais les membres de cette force d’élite, qui compte, selon les Israéliens, 3 500 hommes, équipés d’armes légères et de véhicules blindés? «Top secret, mais on s’organise», répond le chef «Khaldoun». Chargés en premier lieu de la sécurité du président palestinien, les membres de la Force 17 reconnaissent avoir quelques angoisses. «Bien sûr que nous sommes inquiets», admettait ainsi la veille le général Abou Salah, soulignant que la stratégie d’Israël était d’affaiblir M. Arafat. «N’oublions pas que les Israéliens sont les occupants. Alors nous répondrons à toutes leurs actions. Tout est possible : des actions suicidaires chez eux comme des attaques au mortier contre les colons», s’était-il insurgé.
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