Marseille se préparait, plein d’espoir, hier au retour au bercail de Bernard Tapie, sans pour autant verser dans l’admiration béate à l’égard de l’homme-orchestre du monde politico-artistico-sportif français. «Il a quitté l’OM en martyr et il y revient en messie», explique sans détours Lionel Tonini, le président des Yankees, porte-parole des clubs de supporters marseillais applaudissant, bien sûr, au retour de l’ancien président (1986-1994). «Pour autant, on ne lui signe pas un chèque en blanc. On a appris à ne plus s’enflammer. C’est vrai que son expérience et l’argent de Robert Louis-Dreyfus peuvent beaucoup apporter au club. Mais, on a aussi appris que l’argent à l’OM ne fait pas forcément le bonheur», tempère un membre des Ultras. Les joueurs débordent pour leur part littéralement de plaisir à l’idée d’apercevoir rapidement la silhouette de Tapie au centre d’entraînement de la Commanderie. «Il est l’homme à poigne qu’il nous faut», dit l’un. «Il est le déclic qu’il nous fallait», répond un autre en écho. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui employaient un vocabulaire très similaire pour accueillir en «sauveur» l’Espagnol Javier Clemente dont ils réclament aujourd’hui le départ à mots à peine couverts. «Avoir deux patrons n’est pas un problème, mais personne ne doit intervenir entre moi et les joueurs. Sinon, je pars», affirme l’ancien sélectionneur espagnol, conscient que son sort est déjà sans doute réglé. «Peut-être que la semaine prochaine je ne serai plus là», dit-il avec philosophie. Le Basque semble parfaitement conscient que le retour de l’ancien ministre dans la cité phocéenne est annonciateur d’importants changements dans un club qui, 14e du championnat, lutte toujours pour son maintien parmi l’élite. Pouvoir sportif absolu «Il est clair que de grands bouleversements se préparent. Il (Tapie) ne devrait guère garder qu’une demi-douzaine d’éléments du groupe actuel», confie un proche de Tapie. Avant d’accepter la proposition de Robert Louis-Dreyfus, président et actionnaire majoritaire du club phocéen, Tapie a réclamé et obtenu le «pouvoir absolu» sur le domaine sportif. «Bernard Tapie vient avec ses idées. Si pour les imposer il lui faut provoquer des départs, il n’hésitera pas. Et il aura raison», souligne, fataliste Jean-Christophe Cano. Comme d’autres cadres du club, le coordinateur sportif de l’OM prépare ses valises. «Il a besoin de travailler en confiance avec des personnes qui lui sont totalement dévouées», précise un de ses anciens adjoints. C’était autrefois le cas de Jean-Pierre Bernès, ex-manager général du club et bras droit du président, avant que l’affaire VA-OM ne déchire les deux hommes au point que Tapie refusa récemment de déjeuner dans le même restaurant que son ancien homme de confiance. «Je suis au-dessus de tout ça. Je ne suis pas l’empêcheur de tourner en rond», répond calmement Bernès qui, devenu agent de joueurs, gère maintenant les destinées de cinq membres de l’effectif marseillais (Maurice, Brando, Issa, N’Gotty et Dos Santos). Attendu lundi dans la cité phocéenne, Bernard Tapie devrait pour sa part rapidement dévoiler les contours du futur OM tel qu’il l’imagine. On lui prête l’intention de ramener sur la Canebière ceux qui ont assuré la gloire du club comme Didier Deschamps, Marcel Desailly ou Laurent Blanc. Marseille s’est réveillé hier «tapiste». «Elle le restera si les résultats confirment les bonnes intentions. Sinon...», déclare un supporter dans un geste évocateur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Marseille se préparait, plein d’espoir, hier au retour au bercail de Bernard Tapie, sans pour autant verser dans l’admiration béate à l’égard de l’homme-orchestre du monde politico-artistico-sportif français. «Il a quitté l’OM en martyr et il y revient en messie», explique sans détours Lionel Tonini, le président des Yankees, porte-parole des clubs de supporters marseillais applaudissant, bien sûr, au retour de l’ancien président (1986-1994). «Pour autant, on ne lui signe pas un chèque en blanc. On a appris à ne plus s’enflammer. C’est vrai que son expérience et l’argent de Robert Louis-Dreyfus peuvent beaucoup apporter au club. Mais, on a aussi appris que l’argent à l’OM ne fait pas forcément le bonheur», tempère un membre des Ultras. Les joueurs débordent pour leur part littéralement de...