Jouir du statut – plus ou moins publiquement admis – d’«héroïne nationale» applaudie pour avoir contribué à bouter l’Israélien hors du ruban, hors du Liban, et en arriver ensuite à être contrainte de ne plus carburer qu’aux autosatisfecits, c’est triste. «Qui va protéger notre eau ? Si nous disons aujourd’hui aux combattants de la Résistance de rentrer chez eux, y aura-t-il quelqu’un pour protéger la terre du Liban, ses fleuves et la dignité des Libanais (…). Ariel Sharon le sait bien : n’était-ce la présence de la Résistance, il n’aurait pas hésité à frapper le Liban». Au cas où elle aurait entendu ceci, au moment où Hassan Nasrallah décrétait, sûr de lui, que le Hezbollah ne démantèlera pas ses armes, les bras de l’armée libanaise lui en seraient tombés. Heureusement pour elle, elle est, aujourd’hui, sourde. Du moins lui a-t-on momentanément bouché les oreilles. Le Liban a urgemment besoin, pour en finir avec tous ses démons, d’une sacrée offensive de désacralisation. Ses mythes, tous ses mythes, ses tabous, ses «faits accomplis», tous les «faits accomplis» qui le figent, le rendent putrescent, cette nostalgie aussi, qu’on autoalimente, le Liban continue à en payer, tous les jours, le prix. Le Hezbollah a été élevé par les Iraniens, habillé, bichonné par les Syriens, légitimé, jusqu’à la place de l’Étoile… Et même s’il continue à multiplier les spectaculaires déclarations militaristes, il a compris que le seul moyen d’assurer une relative pérennité à sa raison d’être était sa politisation. Pour l’instant… Il y a de ces poupées qui n’ont toujours pas appris qu’il fallait, un jour, commencer à dire oui. Parce qu’il y a un hic : une poupée, aussi jolie soit-elle, lorsqu’elle commence à prendre trop de liberté, lorsqu’elle s’entête à occulter les vrais problèmes, on pourrait, un jour, avoir envie de l’ignorer. Simplement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jouir du statut – plus ou moins publiquement admis – d’«héroïne nationale» applaudie pour avoir contribué à bouter l’Israélien hors du ruban, hors du Liban, et en arriver ensuite à être contrainte de ne plus carburer qu’aux autosatisfecits, c’est triste. «Qui va protéger notre eau ? Si nous disons aujourd’hui aux combattants de la Résistance de rentrer chez eux, y aura-t-il quelqu’un pour protéger la terre du Liban, ses fleuves et la dignité des Libanais (…). Ariel Sharon le sait bien : n’était-ce la présence de la Résistance, il n’aurait pas hésité à frapper le Liban». Au cas où elle aurait entendu ceci, au moment où Hassan Nasrallah décrétait, sûr de lui, que le Hezbollah ne démantèlera pas ses armes, les bras de l’armée libanaise lui en seraient tombés. Heureusement pour elle, elle...