La mort, selon un bilan contradictoire, de 23 personnes selon la préfecture de la Guadeloupe, 15 selon les gendarmes de Saint-Martin, dans un naufrage dans la nuit de mercredi à jeudi dans les eaux de l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin (à 250 km au nord de Pointe-à-Pitre) d’un bateau transportant 48 personnes constitue un nouveau drame de l’immigration clandestine dans cette région des Caraïbes. L’un des précédents s’était produit en octobre 1999, quand trois corps avaient été repêchés sur les côtes de la Guadeloupe après le naufrage, à 8 milles nautiques (environ 15 km) de l’île, d’un canot de pêche, le Jacques, transportant treize immigrés clandestins haïtiens : deux d’entre eux avaient survécu et 8 autres sont toujours portés disparus. En novembre 1999, un bâtiment de la marine nationale avait recueilli par une nuit de cyclone, au large de Saint-Martin, 61 chinois qui tentaient de gagner clandestinement les États-Unis. Le cas de ces immigrés chinois constitue une exception dans les deux départements français d’Amérique, Guadeloupe et la Martinique, parties intégrantes de l’Union européenne, qui exercent une forte attraction pour l’immigration clandestine en provenance des pays indépendants voisins des Caraïbes. «Les Antilles françaises sont un eldorado dans l’océan de misère que constituent les Caraïbes», a indiqué un responsable policier en charge d’immigration en Guadeloupe. Selon les chiffres de l’INSEE, le PIB par habitant de la Martinique et de la Guadeloupe, dont la partie française de Saint-Martin est une commune, est 73 fois supérieur à celui d’Haïti, six fois supérieur à celui de la République dominicaine, entre trois et quatre fois supérieur à celui de la Dominique et de Sainte-Lucie, les deux îles immédiatement voisines de la Guadeloupe et de la Martinique. Véritables filières Le voyage des immigrés clandestins des Caraïbes vers l’eldorado antillais se termine parfois aussi en arraisonnement ou en arrestation à proximité du rivage espéré. En décembre 1999, 21 immigrés clandestins, originaires d’Haïti, de Sainte-Lucie et de Dominique, ont ainsi été récupérés en mer au large de la Guadeloupe. En janvier 2000, 34 immigrés clandestins originaires d’Haïti et de la République dominicaine ont été arrêtés à proximité de la Guadeloupe à bord d’un voilier en provenance de Saint-Domingue. En août 2000, neuf ressortissants de la Dominique ont eu à subir le même sort en Guadeloupe. À Saint-Martin, en plein marasme touristique et immobilier, les immigrés clandestins viennent essentiellement d’Haïti et de la République dominicaine, de Dominique en Guadeloupe, et de Sainte-Lucie en Martinique. Tous parviennent à s’employer dans des économies informelles insulaires qui font pendant aux coûts salariaux européens de l’économie «déclarée». Selon des sources policières françaises, de véritables filières sont à l’œuvre, notamment depuis l’île de Saint-Domingue, que se partagent Haïti et la République dominicaine. Un seul de ces réseaux serait parvenu en deux ans, selon les conclusions d’une enquête judiciaire close en mai 2000, à faire clandestinement pénétrer en Guadeloupe 1 500 Haïtiens, dont la plupart aurait trouvé à s’employer dans les bananeraies de montagne du sud de l’île. La mort mystérieuse, en avril 2000, de trois immigrés haïtiens résidant en Guadeloupe, une femme et son bébé ainsi qu’un squelette retrouvés enterrés, est imputée par les enquêteurs à la filière du Jacques. Chaque année, un millier d’immigrés clandestins, majoritairement originaires d’Haïti et de la Dominique, sont reconduits à la frontière par les policiers de la Guadeloupe, une île de 422 000 habitants.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La mort, selon un bilan contradictoire, de 23 personnes selon la préfecture de la Guadeloupe, 15 selon les gendarmes de Saint-Martin, dans un naufrage dans la nuit de mercredi à jeudi dans les eaux de l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin (à 250 km au nord de Pointe-à-Pitre) d’un bateau transportant 48 personnes constitue un nouveau drame de l’immigration clandestine dans cette région des Caraïbes. L’un des précédents s’était produit en octobre 1999, quand trois corps avaient été repêchés sur les côtes de la Guadeloupe après le naufrage, à 8 milles nautiques (environ 15 km) de l’île, d’un canot de pêche, le Jacques, transportant treize immigrés clandestins haïtiens : deux d’entre eux avaient survécu et 8 autres sont toujours portés disparus. En novembre 1999, un bâtiment de la marine nationale...