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Actualités - Chronologies

Citadelle de droite depuis 25 ans, Paris pourrait passer à gauche

Citadelle de la droite française depuis un quart de siècle, Paris pourrait passer à gauche au second tour des élections municipales le 18 mars, ce qui constituerait un revers pour le président Jacques Chirac, à un an du scrutin présidentiel. Solidement tenu par la droite et surtout par le Rassemblement pour la République (RPR), après l’accession à la mairie de M. Chirac en 1977, l’hôtel de ville de Paris pourrait en effet accueillir sous ses ors le socialiste Bertrand Delanoë. M. Delanoë, 50 ans, sénateur peu connu du grand public il y a seulement quelques semaines, a vu ses listes arriver en tête au premier tour de dimanche. Bien qu’en retrait sur les résultats escomptés au vu des pronostics des instituts de sondage, elles devancent, avec 31,31 % des voix, celles du candidat officiel de droite, l’ancien ministre RPR Philippe Séguin, 57 ans, qui a obtenu 25,74 % des suffrages. À l’issue d’une nuit de négociations, les listes Delanoë sont parvenues lundi matin à un accord de fusion avec celles des écologistes créditées de 12,35 % des voix. «C’est un accord équilibré, c’est le contraire d’un accord d’appareil. Il est basé sur l’expression du suffrage universel», a estimé le chef de la fédération parisienne du Parti socialiste, Patrick Bloche. La limite de dépôt des candidatures pour le second tour étant fixée à mardi à minuit (23h00 GMT), M. Séguin a préconisé le retrait des listes du maire sortant, le dissident gaulliste Jean Tibéri (13,92 %), là où elles n’arrivent pas en tête des formations de droite. M. Tibéri, partisan de la fusion, a estimé que «ceux qui (la) refuseraient prendraient une responsabilité dramatique». «Si certains la refusent, ils s’engagent à faire gagner la gauche», a-t-il souligné dès dimanche soir. Il en a appelé lundi aux dirigeants des formations de droite «aux plus hautes autorités de l’État, et même au-dessus», demandant même à «l’entourage du président de la République (...) un geste dans l’intérêt général». Ces divergences prolongent celles de la campagne marquée par de profonds déchirements au sein d’une droite qui a mal perçu les évolutions sociologiques de la capitale et a été éclaboussée par des affaires de corruption mettant en cause la gestion de la capitale par M. Chirac, de 1977 à 1995. «La demande d’alternance et de rupture avec le système parisien est majoritaire à Paris», a estimé M. Delanoë lundi matin. Dotée d’un budget important de cinq milliards d’euros et abritant quelque 40 000 fonctionnaires, Paris a servi de tremplin à M. Chirac pour construire une carrière politique qui l’a amené au plus haut niveau de l’État. La perte de la ville pourrait remettre en cause l’hégémonie du RPR sur le reste de la droite française et mettre M. Chirac en position délicate à un an de l’élection présidentielle dans laquelle il affrontera le Premier ministre socialiste Lionel Jospin. Avec près de 17 % des voix au premier tour, les listes divers droite et divers gauche risquent donc de jouer un rôle majeur d’arbitres au second tour.
Citadelle de la droite française depuis un quart de siècle, Paris pourrait passer à gauche au second tour des élections municipales le 18 mars, ce qui constituerait un revers pour le président Jacques Chirac, à un an du scrutin présidentiel. Solidement tenu par la droite et surtout par le Rassemblement pour la République (RPR), après l’accession à la mairie de M. Chirac en 1977, l’hôtel de ville de Paris pourrait en effet accueillir sous ses ors le socialiste Bertrand Delanoë. M. Delanoë, 50 ans, sénateur peu connu du grand public il y a seulement quelques semaines, a vu ses listes arriver en tête au premier tour de dimanche. Bien qu’en retrait sur les résultats escomptés au vu des pronostics des instituts de sondage, elles devancent, avec 31,31 % des voix, celles du candidat officiel de droite, l’ancien ministre...