Ericsson, qui a anticipé hier des pertes avant impôts comprises entre 4 et 5 milliards de couronnes suédoises (entre 440 et 547 M EUR) au premier trimestre, poursuit sa descente aux enfers qui ne pourra être freinée que par des mesures draconiennes, estiment les spécialistes. En publiant un avertissement sur résultats qui a secoué les marchés, l’équipementier suédois a expliqué que le ralentissement économique observé depuis le début de l’année, en particulier aux États-Unis, avait renforcé les incertitudes planant sur la croissance de l’ensemble du secteur des nouvelles technologies de l’information. Aux États-Unis et en Europe occidentale, les opérateurs diffèrent leurs investissements parce que, a ajouté Ericsson, les ventes de téléphones portables seront «considérablement» inférieures au premier trimestre à celles de la période correspondante de l’an dernier, notamment en raison d’un faible taux de renouvellement. La sanction des marchés a été immédiate et à 17h45 (16h45 GMT), à la Bourse de Stockholm, le titre perdait 20 % (16 SEK), à 65 SEK. Le groupe va maintenant devoir prendre «sous la pression des marchés» des mesures draconiennes pour résorber ses pertes dans les téléphones portables, ont indiqué des analystes interrogés à Stockholm par l’agence financière AFX. Ces pertes annoncées «vont contraindre le groupe à faire quelque chose allant au-delà des mesures déjà annoncées pour remettre cette activité à flots», a indiqué un courtier sous le couvert de l’anonymat. «Il va falloir attendre au moins un an avant que le titre ne remonte à 150 SEK», a-t-il ajouté. En publiant à la fin janvier des résultats 2000 plombés par l’activité «produits grand public», le numéro trois mondial de la téléphonie mobile avait annoncé qu’il allait sous-traiter à partir du 1er avril au groupe américain Flextronics l’ensemble de la production de ses portables en Malaisie, au Brésil, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Suède. Le secteur avait enregistré un déficit d’exploitation de 16,2 mds SEK (1,77 md EUR) en dépit d’une progression de 21 % de son chiffre d’affaires, à 56,3 mds SEK (6,17 mds EUR). Pour le seul 4e trimestre, les ventes de téléphones mobiles avaient reculé de 17 % en raison, avait alors expliqué le PDG Kurt Hellstroem, d’une concurrence accrue sur les prix imposée par le finlandais Nokia et l’américain Motorola. L’annonce de nouvelles pertes est jugé «fâcheux» par Emmanuel Bousquet, analyste chez Crédit Lyonnais Securities à Londres.
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