Portrait de l’auteur du livre « Remains of the Day » Tout comme Salman Rushdie, V.S. Naipaul et quelques autres, Kazuo Ishiguro appartient à cette nouvelle génération d’immigrés qui, avec une parfaite maîtrise de la langue de Shakespeare, ont redonné de la vigueur à la littérature anglaise d’aujourd’hui. Descendant d’une famille de samouraïs, le Nippon de Sa Majesté est né à Nagasaki en 1954, neuf ans après l’explosion de la bombe, et vit en Angleterre depuis que son père, un scientifique de haut niveau, y a été envoyé en mission. Il avait 5 ans. De contrat en contrat, la famille est finalement restée. «J’ai grandi avec toujours l’idée que nous allions rentrer au Japon!». Bien qu’il parle un peu japonais avec sa mère et lise la littérature de son pays natal en traduction anglaise, ses racines s’enfouissent peu à peu. Cependant, l’adolescence d’Ishiguro est celle d’un teen-ager British typique de la fin des années 60: barbu, chevelu et chamarré, il fait des études littéraires et philosophiques à l’université du Kent, mais son unique héros s’appelle Bob Dylan. Il écrit alors une centaine de chansons. «C’est ainsi que j’ai appris mon métier d’écrivain». Il rêve de Californie, voyage à Amsterdam et à Paris, où il chante ses textes à la guitare dans les couloirs du métro. Quand, à 24 ans, il se décide à écrire ses premiers récits, Ishiguro prend conscience du poids de ses origines sur son imagination. «En voulant retrouver le parfum d’une enfance perdue, j’ai exploré cet autre pays que je m’étais construit dans ma tête qui s’appelle le Japon et que je ne connaissais pas!». Cela donne la Lumière pâle sur les collines en 1984 et Un artiste du monde flottant en 1987, qui lui vaut le Whitebread Prize (l’équivalent du Renaudot). Si, émotionnellement, l’écrivain avoue appartenir aux deux cultures insulaires, il s’est avec Les vestiges du jour – (Remains of the Day, littérairement parlant – naturalisé puisqu’il met en scène un des personnages les plus traditionnels de la civilisation britannique: le «Butler». Le récit de la vie de ce majordome – archétype du self-control – au service d’un aristocrate dans une Angleterre idéalisée, le tout, sur un fond historique – l’Europe «munichoise» d’entre les-deux-guerres –, a apporté à son auteur la consécration. Outre le Booker Prize, le prix littéraire le plus prestigieux en Grande-Bretagne, qu’il a reçu en 1989, son livre a été louangé par tous ses pairs: John Le Carré qualifie Les vestiges du jour traduit en quinze langues, de «diamant taillé à la perfection». Pourtant, Ishiguro continue d’affirmer: «Je suis écrivain britannique japonais plutôt qu’un écrivain britannique anglais!». Diffusion lundi à 21h30 sur LBCI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Portrait de l’auteur du livre « Remains of the Day » Tout comme Salman Rushdie, V.S. Naipaul et quelques autres, Kazuo Ishiguro appartient à cette nouvelle génération d’immigrés qui, avec une parfaite maîtrise de la langue de Shakespeare, ont redonné de la vigueur à la littérature anglaise d’aujourd’hui. Descendant d’une famille de samouraïs, le Nippon de Sa Majesté est né à Nagasaki en 1954, neuf ans après l’explosion de la bombe, et vit en Angleterre depuis que son père, un scientifique de haut niveau, y a été envoyé en mission. Il avait 5 ans. De contrat en contrat, la famille est finalement restée. «J’ai grandi avec toujours l’idée que nous allions rentrer au Japon!». Bien qu’il parle un peu japonais avec sa mère et lise la littérature de son pays natal en traduction anglaise, ses racines...