Sur le thème de «la contribution des femmes à toutes les étapes du processus de paix», les Nations unies ont célébré hier place Riad el-Solh la journée mondiale de la femme. Un hommage a été rendu aux soldats femmes de la Finul. Vêtues de leurs uniformes kakis, elles se sont déplacées du Liban-Sud pour présenter leur contribution, depuis 1978, au maintien de la paix dans la zone méridionale du pays. Ghanéennes, Irlandaises, Finlandaises, Françaises et Polonaises, elles occupent des postes d’homme au sein de leur propre armée, ou encore elles remplissent des tâches à caractère humanitaire. Elles sont médecins, psychologues, ou infirmières. La plupart ont choisi une carrière dans l’armée par défi. Et la plupart également ont quitté mari, enfants et famille, pour remplir leur mission de paix au Liban. Toutes minoritaires dans leur propre armée, et au sein de leur propre contingent stationné au Liban-Sud, elles ont choisi de se mesurer, à leur manière, aux hommes. C’est ce que Béatrice, Eléonore, Danuta, Lorren, Levinia et Sandrine ont expliqué à L’Orient-Le Jour. Hier, place Riad el-Solh donc on célébrait les femmes sur le thème de cette année choisi par le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan : «La contribution des femmes à toutes les étapes du processus de paix est essentielle à la prévention et au règlement des conflits». L’événement d’hier marquait également la première apparition publique de Mervat Tallawy, nouvelle secrétaire exécutive de l’Escwa et première femme à occuper ce poste depuis la création de la Commission régionale. Elle était présente à la tribune avec Staffane de Misturi, représentant personnel de Kofi Annan au Liban, Nada Nashef, vice-représentant permanent du Pnud, Négib Friji, responsable du centre d’informations des Nations unies, et Béatrice Bekoe, colonel du contingent ghanéen de la Finul. Mme Tallawy, qui a préféré distribuer son discours portant sur le rôle de l’Escwa dans le soutien apporté aux femmes de la zone, a donné lecture du message du secrétaire général des Nations unies pour l’occasion. Voici de larges extraits du texte distribué hier en langue française par le centre d’informations des Nations unies : «La journée internationale de la femme est l’occasion de rappeler que, pour la plupart des femmes dans le monde, la vie quotidienne reste un combat difficile et parfois dangereux. Au cours de l’année écoulée, les objectifs de l’égalité des sexes, du développement et de la paix qui, loin d’être atteints, restent au premier rang de nos préoccupations, ont davantage retenu l’attention». «En juin dernier, la session extraordinaire de l’Assemblée générale “Beijing plus 5”, consacrée au suivi de la quatrième conférence mondiale sur les femmes, a montré que, malgré les progrès réalisés dans la mise en œuvre du programme d’action de Beijing, beaucoup reste à faire dans un grand nombre de domaines. En octobre, le Conseil de sécurité de l’Onu organisait son premier débat public consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité, mettant ainsi en relief un des problèmes les plus pressants». «Il est tragique de constater que, de plus en plus, les femmes et les jeunes filles subissent les conséquences des conflits, et ce, de manière disproportionnée. Elles sont prises pour cible dans des conflits dont elles ne sont ni les instigatrices ni les protagonistes. Souvent le but est d’humilier l’adversaire et de briser le moral et la résistance de sociétés tout entières. Des mesures ont été prises pour mettre fin à l’impunité institutionnalisée qui entoure cette pratique abominable». «Nous devons faire plus encore : il faut traiter la question des femmes, de la paix et de la sécurité sous tous ses aspects. Les femmes sont souvent les premières victimes des conflits armés, mais elles ont un rôle essentiel à jouer dans le règlement de ces conflits et ce rôle doit être reconnu». «On prend de plus en plus conscience du fait que, grâce à leurs compétences et expériences particulières, les femmes peuvent apporter leur contribution à toutes les étapes des processus de paix. Elles comprennent les causes profondes des tensions et savent identifier, au sein des communautés et des nations, les groupes au pouvoir les plus susceptibles d’encourager les initiatives de paix. Elles sont capables de travailler ensemble et de communiquer par-delà les obstacles et les divisions».
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