Près de deux millions de musulmans achevaient hier, par un temps pluvieux, leur pèlerinage annuel par une troisième journée de lapidation de Satan à Mina, près de La Mecque, un rite qui a fait une quarantaine de morts lundi. Au terme de ce rite, un moment à haut risque, les pèlerins se rendaient à La Mecque pour un «tour d’Adieu» autour de la Kaaba, le monument le plus sacré de l’islam, dernière étape du pèlerinage selon la tradition. «Je remercie Dieu d’avoir pu accomplir le Hajj cette année, même si je suis triste pour ceux qui ont trouvé la mort lundi» lors d’une bousculade des pèlerins à Mina, a déclaré l’Égyptien Mohammed Anouar, 55 ans. Quatre de ses concitoyens ont été tués dans la bousculade, dont le bilan s’est alourdi à une quarantaine de morts, dont sept Pakistanais, cinq Turcs, quatre Indonésiens, deux Indiennes et une Éthiopienne, selon la presse séoudienne de mercredi. «Le nombre des pèlerins tués dans l’incident s’élève à environ 40», a indiqué le quotidien Okaz, citant le ministre de l’Intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz. Les autorités séoudiennes, qui avaient fait état lundi de 35 morts, étouffés ou piétinés, n’ont pas encore précisé la nationalité des victimes de la bousculade qui, selon le ministre de la Santé Oussama Ben Abdel Magid Chobokchi, a fait également 179 blessés originaires de 35 pays. Vingt-cinq de ces blessés sont toujours hospitalisés «pour des fractures ou contusions», a annoncé M. Chobokchi. En dépit de cet accident, les responsables séoudiens répètent qu’ils sont généralement satisfaits du «bon déroulement» du pèlerinage cette année. Le prince Nayef a espéré «prévenir à l’avenir un tel incident» notamment par «l’intensification des campagnes d’information» en direction des pèlerins, avant leur arrivée en Arabie, pour «mieux les sensibiliser à la nécessité d’éviter les bousculades» sur les Lieux saints. La présence de quelque deux millions de fidèles, venant de 160 pays, dans la région de La Mecque pour des rites, entamés samedi, a requis, comme chaque année, la mobilisation de milliers de policiers et d’agents de secours aussi bien dans la Ville sainte que dans les sites avoisinants, dont la vallée de Mina. Autour du pont menant au site des trois stèles symbolisant Satan à Mina, les autorités ont déployé quelque 2 000 policiers pour organiser l’avancée des pèlerins qui se pressent, dès la fin de la prière de midi, pour accomplir leur rituel, étalé sur trois jours. Toutes les heures, un groupe de 200 000 personnes est autorisé à effectuer le rite, mais le service de sécurité, renforcé mercredi par 4 000 policiers supplémentaires, selon le ministère de l’Intérieur, est parfois débordé. D’importantes forces spéciales étaient déployées mercredi après-midi pour la première fois sur le site. Par un temps exceptionnellement pluvieux, les pèlerins étaient toujours nombreux, en fin d’après-midi, à attendre leur tour, sous l’œil vigilant des forces de sécurité. Pour prévenir des bousculades en ce dernier jour de la lapidation des trois stèles, les autorités religieuses séoudiennes ont fait savoir aux pèlerins qu’ils pouvaient accomplir ce rituel jusqu’à jeudi à l’aube. Mais dans leur empressement à être parmi les premiers à l’accomplir, de nombreux pèlerins n’ont pas hésité à passer la nuit à la belle étoile ou sous des ponts, cuisinant sur la voie publique, en contravention aux consignes des autorités.
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