L’industrie française de l’aéronautique et de la défense se porte bien, comme en témoignent le record «historique» atteint par les commandes l’an passé et les prévisions optimistes pour 2001 dévoilées mardi par les industriels du secteur. «Notre industrie est en bonne santé», a résumé le président du Groupement des industries françaises de l’aéronautique et de l’espace (GIFAS) Jean-Paul Béchat, également PDG du motoriste Snecma, lors d’une conférence de presse. Porté par l’aviation civile (Airbus, avions d’affaires Falcon de Dassault) et les exportations, qui ont reçu un coup de pouce supplémentaire grâce à la faiblesse de l’euro face au dollar, le secteur a vu ses commandes bondir de 40 % pour atteindre le record de 37,49 milliards d’euros en 2000. Ce montant n’intègre pas les engagements d’achats pour le nouvel avion géant d’Airbus, l’A380. Le chiffre d’affaires non consolidé a grimpé à 24,80 milliards d’euros, en hausse de 12,8 % sur 1999, selon les chiffres encore provisoires livrés par le GIFAS. Les exportations ont représenté les trois quarts du total. «C’est avec un carnet de commandes exceptionnel que l’industrie aéronautique et spatiale aborde le XXIe siècle, puisqu’il représente l’équivalent de près de 4 années d’activité», selon M. Béchat. Ce carnet de commandes, conjugué aux prévisions d’augmentation des cadences de production, permet au GIFAS de miser sur «une sensible augmentation» du chiffre d’affaires en 2001. Le secteur va si bien qu’il rencontre des problèmes croissants de recrutement, notamment sur les métiers qualifiés d’atelier, affectés par des «pénuries structurelles», si l’on en croit les industriels. À la fin 2000, les effectifs du secteur s’élevaient à environ 99 000 personnes, soit 2 % de plus qu’à la même date de 1999. Pour maintenir la bonne santé du secteur dans les années à venir, les industriels ont réclamé un soutien plus appuyé de l’État, dans le domaine de la défense tout particulièrement. «Si nous voulons constituer une Europe de la défense, et si la France veut tenir son rang, il faudrait que les budgets soient reconsidérés», a argumenté M. Béchat, prenant en exemple le Royaume-Uni et les États-Unis où, contrairement à la France, les budgets défense ont repris une courbe ascendante. La revendication est la même dans le secteur de la recherche et du développement. Les industriels aimeraient bien aussi avoir un coup de main de leurs ministres pour soutenir les ventes à l’export. «Je pense que le soutien politique pourrait être plus fort», a estimé Jean-François Bigay, PDG d’Eurocopter, filiale du géant européen EADS. Enfin, M. Béchat a dit espérer le soutien des instances européennes pour maintenir «une compétition équitable» dans le domaine de l’aviation civile. Les États-Unis ont relancé en décembre le débat sur la contribution des États européens au financement des avions de plus de 100 places, à l’occasion du lancement industriel de l’A380, estimant qu’elle violait les règles de l’Organisation mondiale du commerce.
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