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Actualités - Chronologies

Pékin adopte un profil bas sur le dossier irakien

La Chine a adopté un profil bas sur le dossier irakien, optant pour une attitude coopérative, visant à ne pas envenimer des relations sino-américaines déjà alourdies par de nombreux problèmes, estimaient hier les analystes. Alors que les autorités chinoises ont rejeté mardi avec virulence un rapport américain faisant état d’une détérioration de la situation des droits de l’homme en Chine l’an dernier, elles se sont dans le même temps déclarées prêtes à faire une enquête sur des allégations américaines concernant la présence de techniciens chinois sur des sites militaires irakiens. «Concernant la situation soulevée par la partie américaine, la partie chinoise peut faire une enquête», a reconnu mardi un responsable chinois, confirmant les engagements donnés dès vendredi dernier par Pékin au président américain George W. Bush. «La Chine a adopté une attitude pragmatique et coopérative, elle ne souhaite pas s’impliquer dans cette affaire, ni en faire un nouveau problème dans les relations sino-américaines», relève M. Jia Qingguo, un professeur de relations internationales à l’Université de Pékin, dont les vues sont en général assez proches de celles du gouvernement. Washington, qui soupçonne Pékin d’aider les Irakiens à construire un réseau souterrain de communications en fibre optique susceptible de renforcer de manière significative la défense antiaérienne irakienne, a mis l’affaire sur la place publique il y a une semaine environ. La Chine a dans un premier temps rejeté les allégations américaines, accusant Washington d’avoir voulu «tromper» l’opinion internationale et d’avoir des «arrière-pensées» politiques, avant de se raviser par la suite. Selon plusieurs analystes interrogés, l’Irak est rapidement apparu comme un problème secondaire, aux yeux de Pékin, dans des relations sino-américaines encore déboussolées par la mise en place de la nouvelle administration républicaine. Malgré les propos très durs tenus récemment par plusieurs hauts responsables américains, Pékin est jusqu’à présent resté très prudent, se contentant de réitérer son opposition au projet américain contesté de bouclier antimissiles et de rejeter les accusations américaines de violations des droits de l’homme comme une «ingérence» dans ses affaires intérieures. La Chine s’inquiète plus particulièrement de la décision de Washington de soutenir le mois prochain à la commission des Droits de l’homme de l’Onu à Genève une résolution condamnant Pékin. Mais elle redoute avant tout la position que la nouvelle Administration Bush pourrait prendre sur la question des ventes d’armes à Taïwan, une île que Pékin considère comme une province rebelle, devant à terme être réunifiée avec le continent. «La Chine ne veut pas durcir l’atmosphère à Washington à quelques semaines d’une importante discussion au Congrès sur les ventes d’armes à Taïwan», relève un diplomate occidental, en rappelant que Taiwan a renouvelé en janvier dernier sa demande de quatre contre-torpilleurs américains, équipés du système ultramoderne de combat Aegis. Washington avait reporté sa décision sur cette vente controversée au printemps dernier, alors que l’ancien président américain Bill Clinton s’efforçait d’obtenir des parlementaires américains qu’ils votent une loi normalisant les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. «L’Irak est de toute évidence un sujet moins explosif, en raison notamment du moindre intérêt pour la Chine en ce qui concerne le Moyen-Orient», relève un autre diplomate en poste à Pékin. Mais la Chine, ajoute-t-il, entend surtout ne pas se mettre en porte-à-faux sur la question des sanctions votées par l’Onu. «Bien qu’elle milite pour l’abolition de ces sanctions, elle prend très à cœur son rôle de membre permanent du Conseil de sécurité et tient à respecter toutes ses obligations», note-t-il.
La Chine a adopté un profil bas sur le dossier irakien, optant pour une attitude coopérative, visant à ne pas envenimer des relations sino-américaines déjà alourdies par de nombreux problèmes, estimaient hier les analystes. Alors que les autorités chinoises ont rejeté mardi avec virulence un rapport américain faisant état d’une détérioration de la situation des droits de l’homme en Chine l’an dernier, elles se sont dans le même temps déclarées prêtes à faire une enquête sur des allégations américaines concernant la présence de techniciens chinois sur des sites militaires irakiens. «Concernant la situation soulevée par la partie américaine, la partie chinoise peut faire une enquête», a reconnu mardi un responsable chinois, confirmant les engagements donnés dès vendredi dernier par Pékin au président...