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Actualités - Chronologies

Vêtements-fétiches

Le vieux sac un peu (ou même beaucoup) avachi qu’on refuse de jeter, le foulard taché «qui-rappelle-tant-de-choses», le sweat devenu informe à force d’avoir été trop porté... Qui n’a pas dans son armoire quelque vieille relique, preuve unique d’un moment, une période, un sentiment à jamais enfouis ? Si le fétichisme pour la psychiatrie constitue un symptôme révélateur, dans la vie, et à petite dose, c’est une manifestation touchante contre la précarité des événements et des choses. À mi-chemin entre habitude, confort et sentimentalité, mais aussi superstition, le vêtement fétiche couvre une large gamme de souvenirs et de sentiments. Les avertis signalent que chaque grigri révèle autant sur la personnalité du propriétaire qu’un décryptage graphologique. Sans aller aussi loin, on peut affirmer qu’il constitue un lien entre le présent et des moments passés, glissés dans l’inconscient, investis d’allégories que le sujet lui-même ignore... Diderot l’encyclopédiste a laissé un texte sur sa robe de chambre devenu un morceau d’anthologie. Mais sans s’engouffrer si loin dans le passé, qui parmi nous n’a pas caché quelque part un objet investi d’une valeur sentimentale, parfois irraisonnée ? Un vieux pyjama pour cette femme d’affaires internationales, traîné, presqu’en loques, d’un palace à l’autre... Un revêtement passé de mode depuis des années pour ce champion skieur. Une musette arachnéene emportée au fin fond du Canada par une star célèbre. La veste de Christian Lacroix Le créateur méridional avouait récemment, au cours d’une interview, sa fidélité à une veste bizarre totalement importable, achetée lors de la liquidation du vestiaire d’un théâtre de Paris, via les Puces. Un vêtement hors du temps, impeccable et tout à fait à ses mesures, il est gardé par le couturier comme un talisman, convaincu qu’il lui porte bonheur... Pour Karl Lagerfeld, ses grigris sont des kimonos, dessinés par lui, en nid d’abeilles, qu’il fait faire spécialement sur-mesure. Ils sont taillés dans un tissu, en coton spécial, utilisé pour la confection de chemises. Il en porte un par jour, une seule fois, en l’envoyant de suite au lavage.
Le vieux sac un peu (ou même beaucoup) avachi qu’on refuse de jeter, le foulard taché «qui-rappelle-tant-de-choses», le sweat devenu informe à force d’avoir été trop porté... Qui n’a pas dans son armoire quelque vieille relique, preuve unique d’un moment, une période, un sentiment à jamais enfouis ? Si le fétichisme pour la psychiatrie constitue un symptôme révélateur, dans la vie, et à petite dose, c’est une manifestation touchante contre la précarité des événements et des choses. À mi-chemin entre habitude, confort et sentimentalité, mais aussi superstition, le vêtement fétiche couvre une large gamme de souvenirs et de sentiments. Les avertis signalent que chaque grigri révèle autant sur la personnalité du propriétaire qu’un décryptage graphologique. Sans aller aussi loin, on peut affirmer...