Une heure avec elle vaut une cure de vitamines. Sous la frange, le regard de Noha Hatem est pétillant, perçant, le sourire chaleureux et le propos positif. Elle a besoin de s’immerger dans la musique. En vérité, il s’agit d’un défi. À cela, la dame ne résiste pas. Elle dirige des chœurs d’enfants depuis les années 70 et elle y met beaucoup de... cœur. Chef de chœur d’enfants, Noha Hatem dirige depuis cinq ans la chanterie du CCF. «Elle est ouverte à tous les élèves des écoles francophones âgés de 5 à 11 ans». Elle est, par ailleurs, chef de la chorale du Lycée franco-libanais. «Pour les deux groupes, c’est le même apprentissage, la même technique vocale». Elle chante les louanges du... chant. «Chanter c’est une ouverture, une communication, un lien d’amitié qui s’installe. En même temps, il y a une activité physique. Le travail sur le souffle, l’ouverture de la bouche, comment placer la tête, le corps, les coudes, la main. Toute une gymnastique adaptée». Elle insiste également sur le côté pédagogique qui implique la lecture du texte, sa compréhension. Savoir y mettre des sentiments, nuancer. Il y a par ailleurs l’aspect ludique. Des jeux se créent : des groupes se font, un groupe répond à l’autre. «La grande joie de l’ enfant c’est de chanter en solo. Cela lui donne confiance en lui-même». Quand il vocalise, l’enfant se détend. «Il n’ y a pas d’enfant qui chante faux, affirme Hatem. La justesse se travaille. C’est comme les mathématiques. Il faut beaucoup de concentration pour cibler la bonne note, pour savoir écouter et discerner les sons». Une des missions de la manécanterie est d’apprendre aux jeunes à vivre ensemble dans un climat de fraternité, d’entraide, d’ouverture et de respect mutuel. Parcours À 12 ans, elle a intégré la chorale À cœur joie du père Mathieu. Quelques années plus tard, une amie, Monique Haddad, animait Le coin des enfants sur le canal 9. Elle lui a suggéré de chanter dans son émission. Succès immédiat. «Pourquoi ne pas avoir un groupe de petits chanteurs pour rendre l’émission plus vivante», s’est demandée la jeune choriste. Dont acte : la petite chanterie est née à partir de la télé. «Le stade De Chayla avait mis une salle à notre disposition pour les répétitions». L’expérience s’est avérée concluante. De là à en faire sa spécialisation il n’y a avait qu’un pas. Qu’elle a franchi allègrement. «Pour faire les choses d’une manière plus sérieuse, plus professionnelle, plus ciblée». Noha Hatem a donc suivi des stages et des cours de techniques vocales pour enfants, et obtenu, dans la foulée, un diplôme de chef de chœur d’enfants. Le tout, axé sur la pédagogie musicale. Elle met un point d’orgue de se recycler chaque année. Parallèlement à des études traditionnelles à l’Institut de musicologie de Paris. La voilà lancée dans l’enseignement. Le répertoire ? Des variétés françaises (Trenet, Le Forestier, Juvet, Mouscouri), quelques chansons en arabe et en anglais (pour la touche up to date). Des chansons et des arrangements vocaux adaptés aux enfants. La motivation doit venir de l’enfant. Quand une mère amène son enfant, la première question que Noha Hatem lui pose c’est : «Est-ce que c’est votre enfant qui a envie de chanter ou c’est vous ?». L’enfant est roi. Il est demandeur. Il intègre la chorale si ça lui chante, on ne force personne. «C’est également lui qui décide s’il a envie et quand il a envie de chanter en solo». Noha Hatem organise souvent des concerts caritatifs et ce dans toutes les régions du Liban. Ces enfants chantent pour des enfants qui sont moins favorisés. Le public y participe. C’est très animé. «Dans ma méthode, c’est la simplicité qui prévaut. C’est facile, clair, sans prétention», conclut-elle. «Avant d’écrire, chaque peuple a chanté», disait Nerval. Pourquoi pas les enfants ?
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une heure avec elle vaut une cure de vitamines. Sous la frange, le regard de Noha Hatem est pétillant, perçant, le sourire chaleureux et le propos positif. Elle a besoin de s’immerger dans la musique. En vérité, il s’agit d’un défi. À cela, la dame ne résiste pas. Elle dirige des chœurs d’enfants depuis les années 70 et elle y met beaucoup de... cœur. Chef de chœur d’enfants, Noha Hatem dirige depuis cinq ans la chanterie du CCF. «Elle est ouverte à tous les élèves des écoles francophones âgés de 5 à 11 ans». Elle est, par ailleurs, chef de la chorale du Lycée franco-libanais. «Pour les deux groupes, c’est le même apprentissage, la même technique vocale». Elle chante les louanges du... chant. «Chanter c’est une ouverture, une communication, un lien d’amitié qui s’installe. En même temps,...