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Actualités - Chronologies

La facture de l’échec du plan FMI va être lourde

La dévaluation de facto de la livre turque a signé l’arrêt de mort du programme anti-inflation défini avec le FMI et va contraindre le gouvernement à une douloureuse, lente et coûteuse révision de ses objectifs, estimaient vendredi les analystes. La première conséquence sera une reprise de l’inflation, qui va durement toucher la population, en particulier les salariés et les classes populaires, sommés de se serrer la ceinture depuis le lancement du programme fin 1999, et accroître la grogne sociale. «Le peuple va devoir payer l’addition», relevait l’ensemble de la presse turque sous le choc de l’échec du plan, du quotidien à grand tirage Hürriyet au journal islamiste Yeni Safak. La Turquie avait réussi l’an dernier à contenir l’inflation à 39 %, pour un objectif de 25 %, alors qu’elle était de 68,8 % l’année précédente. Le gouvernement visait 12 % d’inflation pour cette année, mais ce chiffre devrait désormais se situer autour de 30 ou 40 %, estiment les analystes. «Généralement, l’inflation finit par atteindre au bout d’un an le même niveau que la dévaluation», souligne un expert. La livre turque a perdu jeudi un tiers de sa valeur par rapport au dollar sitôt annoncé sa sortie du système de parité fixe pour se redresser quelque peu vendredi en cours de journée où elle ne perdait plus que 21 %. Ce décrochage va mécaniquement dynamiser les exportations, alors que le déficit de la balance commerciale de la Turquie s’aggravait l’an dernier en s’établissant à 19 milliards USD sur les neuf premiers mois. Il va également donner un coup de fouet au tourisme, principale source de revenus en devises du pays. Mais il va aussi, en contrepartie, peser lourdement sur le remboursement de la dette extérieure, tendre encore des taux d’intérêt déjà élevés et engendrer une diminution des rentrées fiscales en raison du recul probable de la croissance. «La dévaluation et l’inflation vont bouleverser le budget et, bien sûr, il va y avoir une pression des syndicats pour une hausse des salaires», estimait l’économiste Tevfik Güngör, cité par le quotidien financier Dünya. «La dévaluation va nous ramener là où nous en étions il y a 14 mois au lancement du programme du FMI, mais la situation ne sera pas aussi mauvaise qu’avant, elle sera pire !», lançait-il. Bonne pour l’exportation et le tourisme, la baisse de la livre sera dommageable aux autres secteurs et frappera toutes les sociétés turques qui doivent importer de l’étranger et qui répercuteront leurs hausses de coûts sur leurs prix intérieurs. Autres victimes : les banques, en particulier les grandes institutions dont la crédibilité est suffisante pour qu’elles puissent emprunter des devises sur les marchés étrangers. «Sur 15 à 20 milliards de dollars circulant entre le passif et l’actif des banques turques, il y a environ 4 milliards USD de perdus», estimait un expert économique. «En un jour, ces banques ont perdu une grande partie de ce qu’elles avaient réussi à gagner en un an, c’est dramatique», renchérissait un banquier étranger. «Le FMI essayait d’amener la Turquie sur des standards européens. On s’éloigne d’autant de l’Europe. Ils ont pris 5 ans de retard», concluait-il. Les responsables économiques ont dû annoncer une révision de leurs objectifs en matière de budget, d’inflation et de coût de l’assainissement du secteur bancaire, à l’origine déjà d’une première grave crise financière en novembre. La Turquie devrait toutefois poursuivre péniblement la réforme de son secteur bancaire, en tentant de vendre certains des 11 établissements mis sous sa tutelle, ainsi que son programme de privatisations, dont certaines traînent depuis des années. Et déjà, peu de progrès ont été accomplis depuis l’aide d’urgence de 10 milliards USD allouée par le FMI à la Turquie en décembre dernier pour parer à sa crise financière, alors que le gouvernement s’était engagé à accélérer le processus de réformes.
La dévaluation de facto de la livre turque a signé l’arrêt de mort du programme anti-inflation défini avec le FMI et va contraindre le gouvernement à une douloureuse, lente et coûteuse révision de ses objectifs, estimaient vendredi les analystes. La première conséquence sera une reprise de l’inflation, qui va durement toucher la population, en particulier les salariés et les classes populaires, sommés de se serrer la ceinture depuis le lancement du programme fin 1999, et accroître la grogne sociale. «Le peuple va devoir payer l’addition», relevait l’ensemble de la presse turque sous le choc de l’échec du plan, du quotidien à grand tirage Hürriyet au journal islamiste Yeni Safak. La Turquie avait réussi l’an dernier à contenir l’inflation à 39 %, pour un objectif de 25 %, alors qu’elle était de 68,8 %...