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Actualités - Reportages

Une loi moderne, une application qui en est à ses débuts

Avant l’adoption, l’été dernier, d’une loi très moderne sur les droits des handicapés, la situation légale de ceux-ci était particulièrement difficile. Un exemple : pour les textes sur l’enseignement et le secteur public en général, les candidats devaient être «sains d’esprit et de corps», ce qui exclut d’emblée les handicapés. La nouvelle loi assure aux handicapés, entre autres, le droit à l’éducation, au travail (un quota de 3 % dans les secteurs public et privé), aux soins médicaux et à l’hospitalisation, à des habitations adaptées, à l’accès aux bâtiments et lieux publics, aux prêts bonifiés… Cette loi devrait être suivie de décrets d’application. Mais où en est-on aujourd’hui ? Sylvana Lakkis, présidente de l’Union des handicapés du Liban, parle de «nécessité de réinsertion des handicapés» et de «partenariat entre les autorités compétentes et les associations civiles pour l’application du texte». Pour elle, «la réhabilitation de l’école publique à Machghara (réalisée par son ONG) crée un précédent heureux». Elle révèle qu’une telle expérience a également été tentée avec succès par l’Union à Aarsal (Békaa), où neuf enfants atteints de handicaps mixtes (physique et de langage) ont été intégrés à l’école, alors que six autres devraient les suivre l’année prochaine. «Pour réussir de telles expériences, une coordination entre le directeur d’école, le responsable régional du ministère de l’Éducation et le bureau du ministère s’est établie, ce qui facilitera le travail à l’avenir», fait-elle remarquer. Mme Lakkis rappelle que la loi prévoit la création d’un comité de suivi, regroupant des représentants des différents secteurs ainsi que les associations de handicapés. «Ces réalisations leur fourniront un exemple pratique de ce qui peut être réalisé», dit-elle. Elle poursuit : «Nous procéderons de même dans le domaine de l’emploi. Nous devrions identifier les secteurs qui pourraient constituer des ouvertures pour les handicapés. La loi parle d’un quota de 3 % dans les secteurs public et privé. Mais ce dernier reste naturellement méfiant. Par des réalisations sur le terrain, nous pourrons prouver aux patrons que les handicapés aussi peuvent avoir des compétences. D’un autre côté, il sera indispensable de cultiver ces capacités chez le handicapé afin qu’il devienne compétitif sur le marché du travail». Mme Lakkis avoue que les premiers pas dans l’application de cette loi toute récente ont été entravés par une série d’événements importants comme les élections législatives en été et la formation d’un nouveau gouvernement. Mais elle nous apprend que les démarches auprès des hommes politiques en vue de promouvoir la réinsertion des handicapés ne se sont pas interrompues, et qu’un document a été présenté au Premier ministre Rafic Hariri. L’Union des handicapés n’a pas, par ailleurs, ménagé ses critiques de l’ancien budget ainsi que de la déclaration ministérielle, quand il s’est avéré que l’un et l’autre ne faisaient aucune mention de l’application de la loi sur les droits des handicapés. «Aujourd’hui, un décret a donné le droit aux handicapés de ne plus s’acquitter des taxes municipales ni des frais de douane pour les voitures qui leur sont destinées», poursuit Mme Lakkis. «Mais cette dernière mesure est entravée par le fait que les douanes refusent d’exempter les voitures des handicapés, à moins qu’elles n’arrivent au port déjà équipées. Or, chaque handicap requiert une manipulation différente, et nous préférons équiper les véhicules sur place. Nous comprenons que les services des douanes aient peur que d’autres ne profitent de ces mesures aux dépens des handicapés et de l’État. Mais il faut savoir que la loi nous enjoint dans tous les cas de rendre l’équivalent de ces taxes après la vente de la voiture, d’où le fait que les droits de l’État sont réservés». Elle insiste par ailleurs sur le fait que les handicapés peuvent faire campagne pour leurs droits et qu’ils devraient se représenter eux-mêmes. «Le ministère des Affaires sociales est très coopératif, dit-elle. Je sais que des décrets relatifs à l’emploi, à l’éducation et à la santé doivent bientôt être soumis au Conseil des ministres. Mais les difficultés ne seront pas toutes surmontées pour autant. Qu’a-t-on fait pour former le personnel qui devra appliquer ces mesures ? Comment simplifier les formalités des handicapés ?».
Avant l’adoption, l’été dernier, d’une loi très moderne sur les droits des handicapés, la situation légale de ceux-ci était particulièrement difficile. Un exemple : pour les textes sur l’enseignement et le secteur public en général, les candidats devaient être «sains d’esprit et de corps», ce qui exclut d’emblée les handicapés. La nouvelle loi assure aux handicapés, entre autres, le droit à l’éducation, au travail (un quota de 3 % dans les secteurs public et privé), aux soins médicaux et à l’hospitalisation, à des habitations adaptées, à l’accès aux bâtiments et lieux publics, aux prêts bonifiés… Cette loi devrait être suivie de décrets d’application. Mais où en est-on aujourd’hui ? Sylvana Lakkis, présidente de l’Union des handicapés du Liban, parle de «nécessité de...