Le président irakien Saddam Hussein s’est engagé à aller de l’avant dans le développement de sa défense antiaérienne, qui a justifié pour Washington les raids récents près de Bagdad en raison des menaces qu’elle fait peser sur les pilotes américains et britanniques. Cité mercredi par la presse, M. Saddam Hussein a promis aux responsables et experts militaires irakiens, qu’il avait réunis mardi, de «remporter la victoire» dans le nouveau bras de fer avec les États-Unis et la Grande-Bretagne autour des performances de la DCA irakienne. «Vous y parviendrez. Les ennemis n’en sont pas plus capables, d’autant que vous êtes guidés par des principes patriotiques alors qu’ils (les ennemis) travaillaient pour de l’argent», a dit le chef de l’État à l’adresse de ses experts militaires. La réunion de mardi était la deuxième en trois jours que Saddam Hussein a consacrée à l’examen des moyens d’«améliorer les défenses antiaériennes», après les raids américano-britanniques sur Bagdad. «Si les Irakiens n’avaient pas résisté, ils n’auraient pu avoir aucune créativité et auraient sombré dans le désespoir», a averti le président irakien, en référence au développement par l’Irak de ses capacités militaires malgré une décennie d’embargo et l’élimination jusqu’en 1998 par l’Onu de son arsenal d’armes de destruction massive. Mardi, le Pentagone avait annoncé qu’il se réservait le droit d’attaquer à nouveau la défense aérienne irakienne, suite à des tirs essuyés le week-end dernier par des avions américains patrouillant dans la zone d’exclusion aérienne dans le sud de l’Irak. «Si, à l’avenir, nous pensons avoir de bonnes informations nous permettant de déterminer des cibles pour nuire ou dégrader leur capacité (antiaérienne), nous nous réservons le droit d’attaquer ces cibles», a déclaré le contre-amiral Craig Quigley, un porte-parole du Pentagone. Washington et Londres ont affirmé que les raids menés vendredi soir visaient six postes de commandement et de radar près de Bagdad. Ces frappes ont fait trois morts et 30 blessés parmi la population civile, selon un bilan irakien. Il s’agissait de la première frappe de la coalition anti-irakienne près de Bagdad depuis deux ans. Ces raids ont été motivés en partie par la construction par des Chinois d’un réseau souterrain de fibres optiques qui aurait renforcé de manière significative la défense antiaérienne irakienne, selon le Pentagone. la collaboration chinoise Mais l’Irak a officiellement démenti mercredi la présence sur son sol d’experts chinois pour renforcer sa défense antiaérienne. «Il n’y a aucun expert chinois travaillant dans le domaine des télécommunications en Irak», a déclaré le secrétaire d’État irakien aux Télécommunications Jamil Ibrahim Ali, cité par l’agence officielle Ina. «Ce sont de vulgaires mensonges», a dit M. Ali, affirmant que «l’on pouvait s’en assurer auprès du gouvernement chinois», qui a déjà démenti les affirmations américaines. Le responsable irakien a ajouté que son pays avait conclu des contrats de télécommunications dans le cadre du programme humanitaire pétrole contre nourriture avec des firmes internationales, «dont des firmes française, chinoise et russe», qui «sont totalement suspendus pour le moment, comme tout le monde le sait, y compris les Américains». «Ces contrats portent sur divers équipements civils de télécommunications, dont des câbles optiques (...), approuvés par une équipe d’experts de l’Onu», a-t-il affirmé. Selon lui, cette équipe, dépêchée à deux reprises à Bagdad, «a défini le seuil minimum des besoins nécessaires dans le secteur des télécommunications civiles en Irak afin de prévenir son effondrement», en raison du manque de pièces de rechange dont souffre ce secteur depuis la guerre du Golfe en 1991. Les techniciens irakiens «ont contribué, par leurs moyens propres, à la réhabilitation des réseaux de téléphone et de télécommunications, détruits durant la guerre», a poursuivi M. Ali. «Ces réseaux n’ont aucun rapport avec les infrastructures relatives à la défense antiaérienne ou tout autre secteur militaire», a-t-il affirmé. Il s’est élevé contre les «mensonges et autres prétextes infondés» invoqués par les États-Unis pour justifier les raids lancés conjointement avec la Grande-Bretagne, le 16 février près de Bagdad, qui ont fait selon l’Irak trois morts et une trentaine de blessés civils.
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