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Actualités - Chronologies

L’immigration clandestine, un trafic criminel en pleine expansion

L’arrivée massive de réfugiés en France le week-end dernier illustre le rôle croissant de réseaux criminels dans l’immigration clandestine à destination de l’Europe, un trafic en pleine expansion, selon les spécialistes. «Nous estimons que ce trafic va continuer et augmenter et que les organisations criminelles vont s’y intéresser de plus en plus», selon Pino Arlacchi, directeur du programme de l’Onu pour le contrôle international des drogues à Vienne, un spécialiste des réseaux mafieux. «Il s’agit actuellement de l’entreprise criminelle qui connaît la plus forte croissance et nombre de groupes criminels disposent déjà de la logistique nécessaire pour ce type d’activité», a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique. «Les profits de ces trafics sont très élevés», relève pour sa part un document d’Europol, l’office de police criminelle des 15 membres de l’Union européenne. Selon le ministère de l’Intérieur français, ce type de criminalité rapporte près d’un tiers du profit de la drogue. Le trafic d’êtres humains «est un marché extrêmement lucratif qui représente de cinq à 12 milliards de dollars de revenus par an à l’échelle mondiale», a expliqué Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations à Genève. Et ce trafic est d’autant plus alléchant que les législations en vigueur visant à le réprimer sont laxistes et que les victimes, elles mêmes dans l’illégalité, peuvent difficilement porter plainte, selon M. Chauzy. L’expansion de ce trafic date de la chute du mur de Berlin, mais c’est depuis le milieu des années 90 qu’il a pris de l’ampleur en Méditerranée, notamment en raison de la désintégration politique dans les Balkans. En Albanie, par exemple, nombre de trafiquants ont pignon sur rue et l’acheminement de réfugiés vers l’Italie à bord de zodiacs représente une véritable industrie, selon M. Chauzy. Et, à l’instar de clandestins chinois qui utilisent des navires pour rallier les États-Unis, nombre de réfugiés originaires d’Asie et du Moyen-Orient, ont eux aussi recours à la voie maritime pour rallier l’Europe de l’Ouest, notamment à partir de la Turquie. La police turque a toutefois démenti hier que les 908 clandestins kurdes arrivés samedi en France à bord du vraquier East Sea étaient partis depuis leur territoire. Informée par Interpol que ce navire pouvait être impliqué dans un trafic de clandestins vers la Grèce et l’Italie, la police avait placé le bateau sous contrôle et des garde-côtes l’avaient escorté à son départ du port de Mersin le 17 janvier, date de sa dernière présence connue dans les eaux turques, selon un communiqué. Les Kurdes, à leur arrivée en France, ont affirmé être passés d’Irak en Turquie et avoir payé jusqu’à 2000 dollars chacun pour embarquer sur ce navire rouillé pour un voyage à fond de cale. L’arrivée du navire sur la côte française marque une première, mais de nombreux bateaux arrivent depuis des années sur les rives italiennes ou espagnoles. En 1999, par exemple, près de 90 000 clandestins ont été interceptés dans le sud de l’Italie, contre 25 000 un an plus tôt. «Toutes les grandes organisations criminelles des Balkans et de Turquie participent à ce trafic, à l’exception de la mafia sicilienne», selon M. Arlacchi.
L’arrivée massive de réfugiés en France le week-end dernier illustre le rôle croissant de réseaux criminels dans l’immigration clandestine à destination de l’Europe, un trafic en pleine expansion, selon les spécialistes. «Nous estimons que ce trafic va continuer et augmenter et que les organisations criminelles vont s’y intéresser de plus en plus», selon Pino Arlacchi, directeur du programme de l’Onu pour le contrôle international des drogues à Vienne, un spécialiste des réseaux mafieux. «Il s’agit actuellement de l’entreprise criminelle qui connaît la plus forte croissance et nombre de groupes criminels disposent déjà de la logistique nécessaire pour ce type d’activité», a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique. «Les profits de ces trafics sont très élevés», relève pour sa part un...