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Actualités - Chronologies

Turquie - Passe d’armes entre Sezer et Ecevit

Une grave altercation a opposé hier en plein Conseil national de sécurité le président turc Ahmet Necdet Sezer au Premier ministre, Bülent Ecevit. Ce dernier a claqué la porte de la réunion des principaux chefs politiques et militaires du pays en s’estimant «offensé» par le chef de l’État. D’après un communiqué gouvernemental, le chef de l’État a même lancé un exemplaire de la Constitution lors de l’empoignade verbale. Le gouvernement, qui parle d’«incident scandaleux, a exigé des excuses publiques» de la part de Sezer. «Personne, quel que soit son rang, n’a le droit de manquer de respect à notre Premier ministre. Lui manquer de respect, c’est manquer de respect à tout le gouvernement». Le chef du gouvernement, visiblement furieux et ébranlé, a refusé d’en dire plus sur la cause de l’incident, mais de source politique, on pense qu’il est dû à des accusations portant sur la lutte contre la corruption engagée dans le pays. «C’est du jamais vu !», s’est exclamé Ecevit devant les journalistes. «J’ai quitté la réunion parce que le président m’a sermonné d’une façon contraire aux règles de la politesse et aux traditions de l’État». «La crise est grave, et nous allons devoir y apporter, naturellement, une solution satisfaisante». De son côté, le vice-Premier ministre Mesut Yilmaz a assuré au sortir de la réunion avortée que le gouvernement ne démissionnerait pas. «Pas de démission !», a-t-il lancé aux journalistes. Un président populaire Ecevit a répété par la suite la même chose. «Cet incident n’altérera en rien la volonté du gouvernement de mettre en œuvre son programme économique», a-t-il confié à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire. La passe d’armes entre Ecevit et Sezer a fait plonger, à un moment, de 16 % les valeurs à la Bourse d’Istanbul et provoqué une envolée des fonds d’État. Le Premier ministre s’est d’ailleurs employé à calmer les marchés en déclarant : «Du point de vue économique, il n’y a pas de crise. Nous allons prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher toute crise économique». Ce n’est pas la première fois qu’Ecevit et Sezer se heurtent depuis mai dernier, date à laquelle le président Sezer avait été élu par le Parlement avec le soutien du Premier ministre. Le chef de l’État s’est, notamment et à plusieurs reprises, opposé à l’adoption par le Parlement de projets de loi qu’il a jugés inconstitutionnels. Cet ancien magistrat jouit d’ailleurs dans le pays d’une grande popularité, ce qui accroît d’autant pour le chef du gouvernement les risques politiques découlant d’une «cohabitation» marquée du sceau de l’affrontement.
Une grave altercation a opposé hier en plein Conseil national de sécurité le président turc Ahmet Necdet Sezer au Premier ministre, Bülent Ecevit. Ce dernier a claqué la porte de la réunion des principaux chefs politiques et militaires du pays en s’estimant «offensé» par le chef de l’État. D’après un communiqué gouvernemental, le chef de l’État a même lancé un exemplaire de la Constitution lors de l’empoignade verbale. Le gouvernement, qui parle d’«incident scandaleux, a exigé des excuses publiques» de la part de Sezer. «Personne, quel que soit son rang, n’a le droit de manquer de respect à notre Premier ministre. Lui manquer de respect, c’est manquer de respect à tout le gouvernement». Le chef du gouvernement, visiblement furieux et ébranlé, a refusé d’en dire plus sur la cause de...