Le Proche-Orient s’est imposé comme l’un des dossiers les plus brûlants pour le président George W. Bush qui, moins d’un mois après son arrivée à la Maison-Blanche, a lancé un coup de semonce à l’Irak et s’apprête à dépêcher son secrétaire d’État dans la région. Vendredi, le président américain a ordonné le bombardement de plusieurs cibles militaires proches de Bagdad afin de maintenir une zone d’exclusion aérienne dans le sud de l’Irak. Cette «mission de routine», ainsi qualifiée par le chef de la Maison-Blanche, constitue son premier recours à la force depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier. «Avec le Proche-Orient, il n’y a jamais le choix. Pour un président américain, c’est une région qui requiert toutes ses attentions, qu’il le veuille ou non», explique Mary-Jane Deeb, professeur spécialiste de la région à l’American University de Washington. Pour le New York Times, le président américain, encore novice en matière de politique internationale, a été littéralement happé par l’explosif dossier proche-oriental. «Dans une certaine mesure, le moment des bombardements a été dicté par Saddam Hussein», écrit le quotidien dans son éditorial en évoquant un «test délibéré» infligé à George W. Bush par le dirigeant irakien. Pourtant, le président américain, qui effectuait vendredi une visite officielle au Mexique, a pris soin de souligner que ces bombardements ne constituaient pas un changement dans la politique américaine à l’encontre de Bagdad. «Nous allons être très attentifs en ce qui concerne la production (par Saddam Hussein) ou non d’armes de destruction massive. Et si nous le prenons sur le fait, nous agirons en conséquence», a affirmé M. Bush. Dans le même temps, le conflit israélo-palestinien semble lui aussi s’être imposé au chef de la Maison-Blanche. «Dans ce cas précis, cela est plus dû au hasard du calendrier, puisque l’élection du nouveau Premier ministre israélien (Ariel Sharon) a suivi de deux semaines l’entrée en fonctions de Bush», relève le professeur Deeb. L’élection d’Ariel Sharon a été suivie d’une intensification du cycle de violence en Israël et dans les territoires palestiniens. George W. Bush, qui n’a pas caché durant sa campagne qu’il souhaitait un interventionnisme américain plus mesuré dans le conflit israélo-arabe, ne devrait toutefois pas rester longtemps témoin passif de ces affrontements. «Là encore, il (Bush) n’a pas le choix. Il y a une nouvelle donne. Le plan de paix de Bill Clinton a complètement échoué. Le président et son secrétaire d’État (Colin Powell) sont désormais contraints de revoir la politique américaine au Proche-Orient et de prendre des décisions rapidement», estime l’universitaire. M. Powell doit effectuer une tournée du 24 au 26 février en Égypte, en Arabie séoudite, en Israël et dans les territoires palestiniens, ainsi qu’en Jordanie, en Syrie et au Koweït. Le secrétaire d’État, qui fut chef d’état-major interarmes durant la guerre du Golfe en 1990-91, profitera de l’occasion pour participer au Koweït, le 26 février, aux cérémonies marquant le 10e anniversaire de la libération du pays après l’invasion des troupes irakiennes du 2 août 1990. Cette tournée, qui vise notamment à plaider pour le maintien de sanctions strictes contre le régime irakien accusé de ne pas se conformer aux résolutions des Nations unies sur la vérification de son désarmement, devrait aussi se concentrer sur les possibilités de parvenir à un règlement du conflit entre Israël et les Palestiniens.
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