La participation britannique aux frappes aériennes contre l’Irak illustre de façon spectaculaire la relation privilégiée entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, à quelques jours de la visite du Premier ministre Tony Blair à Washington. Huit appareils de la Royal Air Force (RAF) – six Tornado et deux ravitailleurs VC-10 – ont pris part vendredi aux raids contre des postes de commandement et des radars irakiens au nord du 33e parallèle, selon le ministère britannique de la Défense. «Nous avons agi aux côtés des États-Unis, notre allié le plus proche, sous le dernier gouvernement (américain) comme sous l’actuel», a déclaré samedi le ministre britannique de la Défense Geoff Hoon. «Nos pilotes prennent des risques aux côtés des pilotes américains (en Irak) et il est normal que nous prenions des mesures appropriées pour les protéger». «C’était une opération conjointe (et) une décision conjointe», a pour sa part affirmé le secrétaire au Foreign Office Robin Cook en arrivant à une conférence du Parti travailliste à Glasgow (Écosse). Ces opérations, notait samedi The Independent (centre-gauche), ont eu lieu alors que «la fréquence des raids aériens contre Saddam Hussein diminuait de façon régulière et que le gouvernement britannique usait d’un ton plus conciliant vis-à-vis de Bagdad». «Mais, ajoutait le quotidien, c’était il y a deux semaines». Selon The Independent, «l’Irak a été le sujet numéro un des entretiens qu’a eus (...) Robin Cook avec (le secrétaire d’État américain Colin) Powell et le nouveau conseiller national pour la sécurité Condoleezza Rice à Washington il y a dix jours». Aujourd’hui, poursuivait le journal, «la Grande-Bretagne et les États-Unis peuvent à nouveau célébrer leur détermination militaire commune». Ces opérations, observait pour sa part le Guardian (gauche), rapprochera militaires américains et britanniques, pas toujours en phase ces dernières semaines sur des sujets tels que la future force de réaction rapide européenne ou le projet américain de «bouclier» antimissile NMD. Ces deux sujets seront de toute évidence abordés par Tony Blair au cours de la visite qu’il doit effectuer à Washington les 23 et 24 février, la première d’un chef de gouvernement de l’Europe des Quinze depuis l’élection du président George W. Bush. Même si le personnage de Saddam Hussein ne compte pas beaucoup de partisans en Grande-Bretagne, plusieurs voix se sont élevées pour condamner la participation britannique aux raids de vendredi, reprochant à M. Blair de se montrer trop «docile» vis-à-vis des États-Unis. Le député travailliste Tony Benn, figure respectée et «historique» de l’aile gauche du Labour, a ainsi immédiatement demandé l’arrêt des bombardements et dénoncé leur illégalité. «Plusieurs parlementaires de tous bords, même des purs conservateurs, seront d’accord avec lui (Tony Benn) pour estimer que Tony Blair en fait trop pour prouver qu’il est aussi macho et loyal avec Washington que (l’était) Margaret Thatcher», notait le Guardian. «Lorsque les Américains nous disent de sauter, est-ce que nous ne nous contentons pas de demander : “jusqu’où ?”», s’interrogeait le journaliste de la BBC qui recevait Geoff Hoon samedi matin. «Par-dessus tout, soulignait le Guardian, cela rappellera aux partenaires européens de la Grande-Bretagne que, “s’il est forcé de choisir entre l’Europe et le grand large” (comme le disait Churchill), le Royaume-Uni choisira instinctivement le grand large... et les États-Unis».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La participation britannique aux frappes aériennes contre l’Irak illustre de façon spectaculaire la relation privilégiée entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, à quelques jours de la visite du Premier ministre Tony Blair à Washington. Huit appareils de la Royal Air Force (RAF) – six Tornado et deux ravitailleurs VC-10 – ont pris part vendredi aux raids contre des postes de commandement et des radars irakiens au nord du 33e parallèle, selon le ministère britannique de la Défense. «Nous avons agi aux côtés des États-Unis, notre allié le plus proche, sous le dernier gouvernement (américain) comme sous l’actuel», a déclaré samedi le ministre britannique de la Défense Geoff Hoon. «Nos pilotes prennent des risques aux côtés des pilotes américains (en Irak) et il est normal que nous prenions des mesures...