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Actualités - Chronologies

Saddam Hussein revigoré à la faveur de la tension au Proche-Orient

Dix ans après la fin de la guerre du Golfe, c’est un autre George Bush qui dirige la plus grande puissance mondiale alors que Saddam Hussein est revigoré par un soutien populaire arabe grandissant. Les raids aériens que le président George W. Bush a ordonnés vendredi contre Bagdad ont constitué une démonstration de force désastreuse sur le plan des relations publiques internationales. Saddam Hussein, bête noire de l’Occident, est passé maître dans l’art d’exploiter les attaques militaires contre son régime pour cultiver, chez lui, l’image du défenseur de son peuple, et dans le monde arabe, celle de l’unique dirigeant à tenir tête aux États-Unis. La France a estimé que les raids «entretiennent une tension dommageable à la mise en œuvre d’une solution concertée au problème irakien», après avoir indiqué qu’elle n’avait été ni informée ni consultée. En 1991, Saddam Hussein était certes sorti de la guerre du Golfe avec une armée affaiblie mais il se maintient depuis à la tête de l’Irak, traversant de manière imperturbable 30 ans de pouvoir émaillés de guerres et marqués par l’oppression de son peuple. L’an dernier, il a réussi à faire réintégrer son pays au sein du monde arabe où il jouit désormais d’un grand soutien, notamment dans les territoires palestiniens. Des ambassades ont rouvert dans la capitale irakienne et des hommes d’affaires cherchent à décrocher des contrats sur un marché prometteur. Les échanges commerciaux entre l’Irak et les autres pays arabes se sont élevés à 6,2 milliards de dollars en 2000 et doivent encore augmenter cette année. L’Irak a signé en janvier des accords sur la création de zones de libre-échange avec l’Égypte et la Syrie. Il envisage un accord similaire avec la Jordanie et se dit ouvert à toute autre initiative avec les autres pays arabes. Les souffrances endurées par les Irakiens en raison des sanctions que l’Onu impose à leur pays depuis l’invasion du Koweït en 1990 ont justifié les interventions de ses voisins arabes qui ont contribué à éroder les sanctions. L’embargo aérien s’est effondré depuis la réouverture en août 2000 de l’aéroport Saddam à Bagdad, où des dizaines d’avions, en provenance notamment de pays arabes, ont depuis atterri. Les raids que le nouveau président américain a ordonnés pour détruire vendredi des postes de commandement et de radar dans la banlieue de Bagdad ont aussi considérablement nui à l’image des États-Unis dans le monde arabe. Les éditorialistes de la presse du Golfe ont averti M. Bush qu’il avait mal commencé son règne par un acte de «banditisme» contre l’Irak. Le secrétaire d’État américain Colin Powell, qui a remporté la guerre du Golfe sous la présidence de l’ancien chef de la Maison-Blanche George Bush, devra donner des explications lors de sa première tournée la semaine prochaine dans la région. L’objectif de cette tournée était à l’origine de mobiliser un soutien régional pour obliger Saddam Hussein à accepter le retour des inspecteurs internationaux en désarmement. Les raids semblent en outre avoir galvanisé les sentiments anti-israéliens dans le monde arabe, au moment où l’État hébreu craint une montée de la tension sur sa frontière avec le Liban. Un quotidien séoudien, Arab News, a tiré la conclusion que M. Bush avait joué le jeu de Saddam Hussein, au moment où le monde arabe voit depuis cinq mois l’armée israélienne tuer des Palestiniens. Saddam «cherche à paraître comme le héros qui a tenu tête aux Américains au moment où la colère arabe contre Israël commence à se diriger également contre l’Amérique», a averti le journal.
Dix ans après la fin de la guerre du Golfe, c’est un autre George Bush qui dirige la plus grande puissance mondiale alors que Saddam Hussein est revigoré par un soutien populaire arabe grandissant. Les raids aériens que le président George W. Bush a ordonnés vendredi contre Bagdad ont constitué une démonstration de force désastreuse sur le plan des relations publiques internationales. Saddam Hussein, bête noire de l’Occident, est passé maître dans l’art d’exploiter les attaques militaires contre son régime pour cultiver, chez lui, l’image du défenseur de son peuple, et dans le monde arabe, celle de l’unique dirigeant à tenir tête aux États-Unis. La France a estimé que les raids «entretiennent une tension dommageable à la mise en œuvre d’une solution concertée au problème irakien», après avoir...