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Actualités - Chronologies

Les Serbes à la recherche - de leurs proches disparus

Depuis près de trois ans, Zivka Kostic, une femme serbe du village de Retimlje (sud-ouest du Kosovo), recherche sans succès quatorze membres de sa famille, enlevés sous ses yeux par des Albanais armés, membres de l’ex-Armée de libération du Kosovo (UCK) en juin 1998. La nuit du 17 juin 1998, lors d’une attaque de l’UCK contre la population serbe près de la ville d’Orahovac, Mme Kostic affirme avoir été témoin du meurtre de son mari, Andjelko, tué sur le seuil de sa maison, et de l’enlèvement de 16 personnes, dont 14 membres de sa famille, par les séparatistes albanais. Depuis, elle n’a eu aucune nouvelle de ses proches, tout comme les familles de plus de 1 300 Serbes et autres non-Albanais enlevés ou disparus depuis le début du conflit au Kosovo en 1998. Ces familles, regroupées au sein d’un association aujourd’hui basée à Belgrade, tentent de mobiliser les autorités yougoslaves et internationales pour connaître le sort de leurs proches et ordonner l’inspection de certaines localités soupçonnées d’abriter des camps de détention pour Serbes. «Il s’agit d’enlèvements génocidaires contre des Serbes, mais aussi contre des non-Albanais du Kosovo, des musulmans, des roms, des gorans, des Macédoniens et des Bulgares», affirme Ranko Djinovic, président de l’assocition. La plupart d’entre eux, a-t-il assuré, ont disparu après l’arrivée de la force multinationale de paix au Kosovo (Kfor) en juin 1999. Plus de 200 000 Serbes et autres non-Albanais ont fui le Kosovo devant les menaces et les violences de la majorité albanaise, selon le Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR). Les 110 000 qui sont restés dans la province sont régulièrement victimes de violences. Le 9 février, l’association a lancé une campagne de signatures pour une pétition réclamant leur libération. La pétition – portant le titre «Les vies ou les os» – demande aux autorités de tout mettre en œuvre pour retrouver les disparus ou, en cas de décès, de restituer les restes aux familles. «Ces disparus n’ont pas participé aux conflits, il s’agit de civils innocents», assure Verica Tomanovic, dont le mari, Andrija – un des directeurs de l’hôpital de Pristina – a été enlevé dans l’établissement le 24 juin 1999. «En tant que médecin à Pristina pendant 36 ans, Andrija a sauvé les vies des milliers de personnes, y compris celles de membres de l’UCK pendant la guerre», dit-elle. Après le départ des forces yougoslaves et l’arrivée de la Kfor en juin 1999, «Andrija n’a pas voulu quitter l’hôpital parce qu’il avait des centaines de malades dont il se souciait et qu’il n’a pas voulu abandonner», ajoute Veronica. Depuis l’enlèvement, Mme Tomanovic ne sait pratiquement plus rien quant au sort de son époux. Pourtant, selon certaines informations qu’elles a recueillies, Andrija se trouverait dans un camp de travail pour détenus serbes, situé dans le nord de l’Albanie. A maintes reprises, la Kfor et des organisations internationales ont tenté de vérifier l’existence de ces camps, mais sans succès. «Ce sont des camps mobiles, en Albanie tout comme au Kosovo. Dès que la Kfor est informée de leur existence, ils sont demantelés», affirme Mme Tomanovic. «Tout ce que je veux, c’est revoir mon mari relâché et vivant, ou recevoir sa dépouille pour qu’au moins il puisse être enterré dignement», poursuit-elle. Nombre d’Albanais du Kosovo sont eux aussi à la recherche de proches disparus ou détenus en Serbie. Ils réclament la libération de quelque 700 Albanais, condamnés à des peines de prison par la justice serbe pour actes de «terrorisme» au Kosovo pendant le conflit qui opposait les forces de sécurité yougoslaves aux membres de l’UCK en 1998-99.
Depuis près de trois ans, Zivka Kostic, une femme serbe du village de Retimlje (sud-ouest du Kosovo), recherche sans succès quatorze membres de sa famille, enlevés sous ses yeux par des Albanais armés, membres de l’ex-Armée de libération du Kosovo (UCK) en juin 1998. La nuit du 17 juin 1998, lors d’une attaque de l’UCK contre la population serbe près de la ville d’Orahovac, Mme Kostic affirme avoir été témoin du meurtre de son mari, Andjelko, tué sur le seuil de sa maison, et de l’enlèvement de 16 personnes, dont 14 membres de sa famille, par les séparatistes albanais. Depuis, elle n’a eu aucune nouvelle de ses proches, tout comme les familles de plus de 1 300 Serbes et autres non-Albanais enlevés ou disparus depuis le début du conflit au Kosovo en 1998. Ces familles, regroupées au sein d’un association...