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Actualités - Chronologies

Le Mexique, possible messager entre Cuba et les États-Unis

Cuba, divergence majeure entre le Mexique et les États-Unis, aura les yeux tournés vers San Cristobal où se réunissent aujourd’hui George W. Bush et Vicente Fox, le Mexique semblant disposé à jouer les messagers entre La Havane et Washington, ennemis depuis 40 ans. «Je crois que le président Bush veut assigner certaines tâches au Mexique (...), il faut voir si le Mexique accepte de servir de relais, et parmi ces questions, il y a Cuba», a déclaré l’ambassadeur du Mexique à Cuba, Ricardo Pascoe, avant la rencontre entre M. Bush et M. Fox, dans le ranch de ce dernier à San Cristobal (État de Guanajuato), à quelque 400 km au nord-ouest de Mexico. L’ambassadeur mexicain a toutefois estimé qu’avant tout dégel possible entre Washington et La Havane, figés dans un scénario de guerre froide depuis plus de 40 ans, les États-Unis devraient faire les premiers pas. M. Pascoe a notamment souligné «la nécessité impérieuse d’une levée de l’embargo» avant d’entamer «un réexamen des relations entre les deux pays où évidemment le Mexique peut jouer un rôle». Le Mexique, seul pays d’Amérique latine à n’avoir jamais rompu les relations diplomatiques avec l’île, a déjà par le passé joué un rôle de médiateur entre Cuba et les États-Unis. Durant sa présidence (1988-94), Carlos Salinas avait servi durant plusieurs mois de messager entre Bill Clinton et Fidel Castro dans la crise des «balseros» de 1994, lorsque 25 000 Cubains s’étaient lancés vers les côtes de Floride dans des embarcations de fortune. Dans ses mémoires publiées récemment, l’ex-président mexicain a qualifié cet épisode «d’un des plus importants de la diplomatie mexicaine dans la seconde moitié du 20e siècle». Lors de leur récente rencontre à Washington, le secrétaire d’État américain Colin Powell et son homologue mexicain Jorge Castaneda ont exprimé leur désaccord sur la politique à suivre vis-à-vis de Cuba. M. Castaneda a réaffirmé la volonté du gouvernement mexicain d’intensifier ses échanges économiques et touristiques avec La Havane. «Nous pensons, et ne sommes pas forcément d’accord là-dessus (avec les États-Unis) que cette forme d’engagement est la meilleure manière de réintégrer Cuba» dans la région, a-t-il affirmé, tout en soulignant que dans le même temps, son pays entendait parler de manière «explicite et énergique» des questions relatives à la démocratie et des droits de l’homme. M. Powell a pour sa part indiqué que Washington «maintiendrait ses sanctions en place» contre le régime cubain et poursuivrait une politique envers Cuba «qui fasse que M. Castro sache que nous désapprouvons ce régime». La nomination de Ricardo Pascoe, proche de M. Castaneda, comme ambassadeur à Cuba a généré une grande expectative alors que les deux pays ont amorcé avec l’arrivée à la présidence de Vicente Fox un spectaculaire réchauffement de leurs relations, passablement détériorées durant la présidence d’Ernesto Zedillo. Depuis son arrivée à La Havane il y a deux mois, l’ambassadeur mexicain a déjà eu, de son propre aveu, quatre longs entretiens privés avec le président Fidel Castro. Celui-ci s’était rendu aux cérémonies d’investiture du président Fox où il avait rappelé les liens historiques entre les deux pays. Les délégations mexicaines se sont succédé ces dernières semaines à Cuba, depuis le directeur général de la Banque nationale du commerce extérieur au président de la Chambre des députés à la tête d’une délégation parlementaire, en passant par une imposante délégation de l’état de Zacatecas. Une visite du chef de la diplomatie mexicaine Jorge Castaneda est prévue pour le mois prochain, tandis que Vicente Fox lui-même devrait faire le voyage de La Havane en mai. Cuba vient en outre de démontrer l’importance qu’il attache à sa relation avec le Mexique en nommant comme ambassadeur à Mexico un des poids lourds de la diplomatie cubaine, le vice-ministre des Affaires étrangères, Jorge Bolanos.
Cuba, divergence majeure entre le Mexique et les États-Unis, aura les yeux tournés vers San Cristobal où se réunissent aujourd’hui George W. Bush et Vicente Fox, le Mexique semblant disposé à jouer les messagers entre La Havane et Washington, ennemis depuis 40 ans. «Je crois que le président Bush veut assigner certaines tâches au Mexique (...), il faut voir si le Mexique accepte de servir de relais, et parmi ces questions, il y a Cuba», a déclaré l’ambassadeur du Mexique à Cuba, Ricardo Pascoe, avant la rencontre entre M. Bush et M. Fox, dans le ranch de ce dernier à San Cristobal (État de Guanajuato), à quelque 400 km au nord-ouest de Mexico. L’ambassadeur mexicain a toutefois estimé qu’avant tout dégel possible entre Washington et La Havane, figés dans un scénario de guerre froide depuis plus de 40 ans, les...