Le nouveau gouvernement koweïtien a été hier la cible de critiques dès le lendemain de sa formation, en raison de doutes sur sa capacité à mettre en œuvre des réformes économiques, malgré l’apport de sang neuf parmi les membres de la famille régnante. «Le nouveau Cabinet n’a pas d’identité ni de vision claire pour l’avenir», a affirmé l’institut de conseil financier al-Shall dans un communiqué. Il estime que la composition du nouveau gouvernement, annoncée mercredi soir, ne tient pas compte des demandes de l’opposition et des groupes politiques de voir «des réformes politiques radicales au sommet», et la mise à l’écart de l’ancienne garde au sein de la famille régnante de al-Sabah. Le nouveau gouvernement de 15 membres, dont huit nouveaux, est présidé pour la 11e fois consécutive depuis 1978 par le prince héritier Saad al-Abdallah al-Sabah. Il comprend cinq membres de la famille régnante, dont trois ne figuraient pas dans le précédent Cabinet. Cheikh Saad, 71 ans, a été reconduit à la tête du gouvernement en dépit de ses ennuis de santé, qui l’ont contraint à déléguer des pouvoirs et des appels à la dissociation de la fonction de Premier ministre de celle du prince héritier. «Une nouvelle génération de la famille régnante dispose finalement d’une opportunité pour jouer un rôle dans la gestion de l’État», se félicite pour sa part l’analyste économique Hajjaj Boukhdour. Cheikh Ahmed al-Fahd al-Sabah, 38 ans, a été nommé ministre de l’Information, cheikh Mohamed al-Sabah, 45 ans, qui occupait depuis 1993 le poste d’ambassadeur à Washington devient ministre d’État pour les Affaires étrangères alors que cheikh Moubarak al-Sabah, 53 ans, se voit attribuer le portefeuille-clé de la Défense. La plupart des nouveaux ministres ont été choisis par l’influent chef de la diplomatie Sabah al-Ahmed al-Sabah, qui aurait obtenu des pouvoirs élargis au sein du Cabinet en raison de la santé fragile de cheikh Saad. Les portefeuilles-clés du Pétrole, des Finances et du Commerce, qui doivent superviser la mise en œuvre d’un programme de réformes économiques attendu depuis des années, ont été attribués à de nouveaux ministres. Mais al-Shall émet des doutes sur la capacité des nouveaux titulaires de ces postes à mener les réformes, estimant que les trois hommes «n’ont rien en commun». «Nous pensons qu’ils ne pourront pas travailler ensemble», ajoute le communiqué. D’après M. Boukhdour, l’attribution du ministère du Pétrole à Adel Khaled al-Sabih, 48 ans, est surtout destinée à neutraliser l’opposition des députés islamistes, dont il est proche, à un projet pétrolier controversé. «La nomination de M. Sabih vise à neutraliser l’opposition islamiste au développement des champs pétroliers du nord par des compagnies internationales», a-t-il dit. M. Sabih avait indiqué mercredi qu’il était déterminé à réaliser ce projet, d’un coût estimé à 7 milliards de dollars. «Il est difficile de dire que ce gouvernement constitue une véritable équipe sous l’autorité d’un seul chef», conclut al-Shall. Le nouveau Cabinet, le 20e depuis l’indépendance du Koweït en 1962, doit prêter serment samedi devant l’émir Jaber al-Ahmed al-Sabah. L’ancien gouvernement avait démissionné le 28 janvier, invoquant «les obstacles qui entravent les efforts du gouvernement», sur fond de différends au sein de la famille régnante.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le nouveau gouvernement koweïtien a été hier la cible de critiques dès le lendemain de sa formation, en raison de doutes sur sa capacité à mettre en œuvre des réformes économiques, malgré l’apport de sang neuf parmi les membres de la famille régnante. «Le nouveau Cabinet n’a pas d’identité ni de vision claire pour l’avenir», a affirmé l’institut de conseil financier al-Shall dans un communiqué. Il estime que la composition du nouveau gouvernement, annoncée mercredi soir, ne tient pas compte des demandes de l’opposition et des groupes politiques de voir «des réformes politiques radicales au sommet», et la mise à l’écart de l’ancienne garde au sein de la famille régnante de al-Sabah. Le nouveau gouvernement de 15 membres, dont huit nouveaux, est présidé pour la 11e fois consécutive depuis 1978 par...