Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Le sommet européen des transferts risque d’échouer

Les autorités du football et la Commission européenne tiennent sommet aujourd’hui à Bruxelles pour tenter de trouver une solution au casse-tête des transferts des joueurs, mais l’espoir de parvenir à un accord est ténu. Un échec des discussions risque de provoquer une nouvelle révolution dans le monde du football, qui verrait le système des transferts aboli pour des raisons d’incompatibilité avec le principe communautaire de libre-circulation des travailleurs. Après l’arrêt «Bosman» de la Cour de justice en 1995, qui a supprimé les indemnités de transfert pour les joueurs parvenus en fin de contrat, ce sont cette fois les indemnités exigées pendant la période du contrat qui seraient abolies. Le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Sepp Blatter, et son homologue européen de l’UEFA, Lennart Johansson, rencontreront mercredi les commissaires à la concurrence, Mario Monti, aux sports, Viviane Reding, et à l’emploi, Anna Diamantopoulou pour trouver un compromis. Contrairement aux espoirs, les autorités du football n’ont aucun accord définitif à présenter à la Commission. Le représentant des footballeurs professionnels (Fifpro), Philippe Piat, a en effet claqué la porte lundi des ultimes négociations avec la Fifa et l’UEFA, dont il jugeait les propositions totalement inacceptables. Le dernier espoir est que la réunion «politique» d’aujourd’hui permette de déblayer le terrain pour un accord qui serait entériné vendredi lors d’une nouvelle réunion «technique». Le dernier problème est la «stabilité des contrats» pour les joueurs de plus de 23 ans, a-t-on appris mardi de source proche de la Commission, où l’on se dit satisfait des progrès réalisés dans les pourparlers sur les autres points en suspens. La Commission se dit favorable à une telle stabilité. «C’est bon pour les clubs, c’est bon pour les joueurs et c’est bon pour les supporteurs», a déclaré Amelia Torres, porte-parole du commissaire européen Mario Monti. Un changement par an Mais l’UEFA et la Fifa veulent assurer le respect de ce principe en interdisant aux joueurs de rompre leur contrat pendant les trois premières années, les clubs restant libres de les vendre à n’importe quel moment. La Commission estime qu’il s’agit là d’une disposition totalement déséquilibrée qui ne manquerait pas d’être attaquée par la Cour de justice de l’Union européenne. Les juges de Luxembourg diront – «sans aucun doute», dit-on à la Commission – que des instruments moins restrictifs peuvent remplir la même mission, comme une compensation financière à payer par le joueur qui souhaite rompre son contrat avant terme. «Si la Commission n’agit pas, les joueurs iront se plaindre devant la cour», a souligné Amelia Torres. Pour le reste, un accord est à portée de main sur tous les autres points, l’exécutif européen ayant mis de l’eau dans son vin en tenant compte des injonctions des dirigeants européens. Lors de leur sommet de Nice, en décembre dernier, ces derniers ont reconnu la «spécificité» du sport. Pour un joueur de moins de 23 ans, une indemnité équivalente au maximum au budget annuel total de formation sera versée au club qui l’a découvert, et ce à chaque changement d’équipe. Les règles s’appliqueront dès qu’un joueur aura atteint l’âge de 16 ans, pour autant que ses parents résident dans l’UE, qu’ils donnent leur accord à l’intégration de leur fils dans un club, ce dernier devant en outre organiser sa scolarité. Un joueur pourra changer de club une fois par an et disposera de deux périodes harmonisées pour le faire. Enfin, une procédure d’arbitrage sera créée pour régler les différends. À la Commission, on insiste sur le fait que sa volonté est de protéger les joueurs «normaux», pas seulement les vedettes. «Les vedettes ont un pouvoir de négociation suffisant», a expliqué Amelia Torres. «Ce sont les autres qui souffrent».
Les autorités du football et la Commission européenne tiennent sommet aujourd’hui à Bruxelles pour tenter de trouver une solution au casse-tête des transferts des joueurs, mais l’espoir de parvenir à un accord est ténu. Un échec des discussions risque de provoquer une nouvelle révolution dans le monde du football, qui verrait le système des transferts aboli pour des raisons d’incompatibilité avec le principe communautaire de libre-circulation des travailleurs. Après l’arrêt «Bosman» de la Cour de justice en 1995, qui a supprimé les indemnités de transfert pour les joueurs parvenus en fin de contrat, ce sont cette fois les indemnités exigées pendant la période du contrat qui seraient abolies. Le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Sepp Blatter, et son homologue européen de l’UEFA,...