Lingerie et sous-vêtements, véritables «secondes peaux», font eux aussi leur révolution technologique : confort et facilité d’entretien passent désormais avant l’aspect ou la couleur, obligeant les tisseurs à s’investir dans le développement de nouvelles matières. Salon de référence, Interfilière, qui vient de se tenir à Paris, avec 230 exposants dont 60 % de représentation étrangère en majorité européenne, a offert une vitrine des tendances du futur du secteur textile, en marge du Salon de la lingerie proprement dit, son complément naturel. Parmi les innovations les plus spectaculaires, l’italien Ratti, ancienne filature familiale de Côme qui lança la soie lavable il y a une dizaine d’années, présentait des textiles issus d’une fibre dérivée de la caséine du lait. «Ce fil de lait garantit une continuité de qualité supérieure à celle de la soie et, par sa brillance, il renvoie la lumière comme seules le faisaient auparavant les fibres artificielles», explique Hughes Bartnig, responsable des ventes chez Ratti. «Crémeux et fluide au toucher, moins froissable que la soie et moins cher à produire. De structure aérienne, il est 10 % plus léger et a le mérite de retenir beaucoup moins l’humidité que la soie», selon ce responsable. Ainsi Nylstar (groupe fondé en 1994 du joint-venture entre Shia et Rhône-Poulenc), numéro un européen du fil polyamide et deuxième au plan mondial, investit 5 millions d’euros chaque année dans la recherche et le développement. Il vient de produire le Meryl Skinlife, «premier fil bactériostatique de polyamide 6.6 qui procure le confort biologique». Il contrôle la prolifération des bactéries au-delà du niveau physiologique. La peau de l’homme contient en effet une certaine quantité de bactéries. Leur excès peut toutefois être à l’origine de problèmes tels que les allergies et les mauvaises odeurs. Impression invisible Les propriétés de Skinlife, conçu pour vêtements en contact direct avec le corps (sous-vêtements, chaussettes, vêtements de sport), préservent la flore bactérienne de la peau nécessaire à sa défense naturelle. Il trouve aussi des applications dans le secteur paramédical et pour la fabrication de certains tissus industriels, comme les filtres. «Aujourd’hui, le consommateur veut des produits sophistiqués, ergonomiques et multipropriétés», explique pour sa part Thomas Siemensmeyer de Penn Elastic, leader en matière de microencapsulation, technique d’incorporation dans le textile de produits hydratants ou traitants : les matières lingerie se transforment en produits cosmétiques. C’est ainsi que l’on parfume les tissus, qu’on y incorpore des produits tels que des crèmes anticellulites, des soins amincissants, sans risquer d’allergies. «Un léger frottement de la main sur le tissu ou les mouvements du corps libèrent ces capsules incorporées aux tissus, dont nous garantissons que leurs propriétés résistent à 30 lavages», précise M. Siemensmeyer. Penn Elastic commercialise par ailleurs déjà des tissus «shapewear», au maintien différencié, qui remodèlent la silhouette et accompagnent les mouvements sans les restreindre. La technologie avancée de ces produits «permet par ailleurs de supprimer les coutures superflues ou inesthétiques», d’où une diminution des coûts d’assemblage et de fabrication. Dans un registre plus ludique, les tissus «thermochromes», développés par Pierre Rocle, une entreprise familiale de Tarare (sud-est de la France, changent de couleur, une fois exposés à la chaleur ou à la lumière, grâce à un procédé chimique ajouté à la teinture. Rocle innove aussi avec un textile réactif à l’eau : ses tissus de maillots de bain, à première vue unis, s’impriment d’un motif ou d’un logo dès qu’ils sont plongés dans l’eau, une «impression invisible» qui n’est «guère plus chère a réaliser qu’une impression classique», selon l’une des responsables de Rocle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Lingerie et sous-vêtements, véritables «secondes peaux», font eux aussi leur révolution technologique : confort et facilité d’entretien passent désormais avant l’aspect ou la couleur, obligeant les tisseurs à s’investir dans le développement de nouvelles matières. Salon de référence, Interfilière, qui vient de se tenir à Paris, avec 230 exposants dont 60 % de représentation étrangère en majorité européenne, a offert une vitrine des tendances du futur du secteur textile, en marge du Salon de la lingerie proprement dit, son complément naturel. Parmi les innovations les plus spectaculaires, l’italien Ratti, ancienne filature familiale de Côme qui lança la soie lavable il y a une dizaine d’années, présentait des textiles issus d’une fibre dérivée de la caséine du lait. «Ce fil de lait garantit une...