Un Soudanais de 34 ans, ancien membre haut placé du réseau d’Oussama Ben Laden, a continué de trahir ses anciens amis, révélant devant un tribunal new-yorkais, une tentative, qui a peut-être réussi, d’achat d’uranium au début des années 90. Interrogé par le procureur Patrick Fitzgerald, au troisième jour d’audience du procès de quatre complices présumés du chef terroriste, accusés d’avoir participé à des attentats contre deux ambassades américaines en Afrique en 1998, Djamal Ahmed al-Fadl a assuré avoir servi d’intermédiaire dans des tractations visant à l’achat d’un cylindre d’uranium, alors que le réseau, appelé «Al Qaeda» (la base) était installé au Soudan. Il n’a pas été en mesure de confirmer que l’achat avait effectivement eu lieu, assurant que son rôle s’était interrompu après une série de contacts préliminaires avec un vendeur, qu’il n’a identifié que sous le prénom de «Béchir». À une date qu’il n’a pas précisée («al Qaeda» a selon lui été basé au Soudan de 1991 à 1996), un responsable du réseau, connu sous le pseudonyme d’Abou Fadl al-Makkee «m’a dit : “il y a des gens à Karthoum qui ont de l’uranium. Nous devons en acheter”». Contacté par le biais de plusieurs intermédiaires, le mystérieux Béchir réclame 1,5 million de dollars, plus des commissions, précise-t-il. «Al Qaeda» voulant en savoir plus sur la qualité de l’uranium et sa provenance, une réunion est organisée dans une ville au nord de Karthoum, Bait al-Man, au cours de laquelle les vendeurs apportent un cylindre d’environ un mètre de longueur, portant des inscriptions gravées. «Il y avait des documents indiquant la provenance: Afrique du Sud», a-t-il ajouté, affirmant avoir participé en personne à la rencontre. Il y avait aussi «des numéros de série et des choses à propos de la qualité. La machine pour tester la qualité de l’uranium devait venir du Kenya». Il a affirmé avoir touché 10 000 dollars du réseau pour son rôle d’intermédiaire, qui s’est arrêté là. À une question du procureur qui lui demandait si l’uranium avait été acheté par le réseau, il a répondu : «Je ne sais pas». Les autorités américaines ont multiplié, au cours des dernières années, les mises en garde à propos de l’utilisation éventuelle par une organisation terroriste d’une bombe contenant des matériaux nucléaires. Elles disposent depuis l’été 1996 du témoignage de Djamal Ahmed al-Fadl, qui a raconté mercredi comment et pourquoi il avait fait défection. Il a affirmé que, jaloux de ce qu’il considérait comme un traitement préférentiel réservé au sein d’«Al Qaeda» aux Égyptiens, il avait détourné de l’argent et s’était fait prendre. «J’ai volé 110 000 dollars», a-t-il avoué dans un anglais hésitant. En charge notamment d’une des sociétés commerciales du réseau, il assure avoir touché des commissions sur des ventes de sucre et d’huile et les avoir dissimulées. «Avec cela, j’ai acheté quatre terrains et des chameaux. Mais Abou Fadl al-Makkee l’a appris. Alors j’ai avoué. Il m’a dit d’en parler à Oussama Ben Laden». Au cours d’une rencontre avec le chef d’«Al Qaeda», dans son QG de Karthoum, celui-ci refuse son pardon si l’intégralité des fonds n’est pas remboursée. «Je n’avais plus d’espoir, j’ai choisi de quitter le Soudan. J’ai contacté les autorités américaines». Il assure s’être présenté, dans un pays que le procureur lui a demandé de ne pas citer, au service des visas d’une ambassade. «J’ai dit : “J’ai des informations pour votre gouvernement à propos de gens qui veulent agir contre vous”. J’ai travaillé avec eux pendant neuf ans». Il a immédiatement été pris en main, longuement interrogé, transféré d’abord en Europe puis aux États-Unis, où il a passé «entre 18 mois et trois ans» sous le contrôle permanent du FBI.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un Soudanais de 34 ans, ancien membre haut placé du réseau d’Oussama Ben Laden, a continué de trahir ses anciens amis, révélant devant un tribunal new-yorkais, une tentative, qui a peut-être réussi, d’achat d’uranium au début des années 90. Interrogé par le procureur Patrick Fitzgerald, au troisième jour d’audience du procès de quatre complices présumés du chef terroriste, accusés d’avoir participé à des attentats contre deux ambassades américaines en Afrique en 1998, Djamal Ahmed al-Fadl a assuré avoir servi d’intermédiaire dans des tractations visant à l’achat d’un cylindre d’uranium, alors que le réseau, appelé «Al Qaeda» (la base) était installé au Soudan. Il n’a pas été en mesure de confirmer que l’achat avait effectivement eu lieu, assurant que son rôle s’était interrompu...