Qui n’a pas connu dans sa vie des personnes au charme irrésistible, au sourire radieux, au regard vif, affublées de défauts physiques que personne ne remarque ? L’éclat du visage, le teint, on ne le sait que trop, sont le reflet de l’âme. Mais si celle-ci est malmenée par le stress et les soucis, l’expression se crispe, les traits durcissent, la peau se fane. Les produits, de plus en plus intelligents, aident le camouflage mais ne peuvent agir sur l’expression, le fond du regard, les sillons traîtres. On prétendait dans le temps qu’un bon moral est le plus efficace des masques, ou encore que le bonheur est le meilleur marché des fards... L’industrie des cosmétiques a su combattre vaillamment ces conceptions qui lui faisaient du tort, en élargissant sa gamme de produits à l’infini, de plus en plus miraculeux. Mais même face à cet impressionnant arsenal, on ne peut nier le rôle du mental et du moral sur l’apparence, l’expression des traits, des gestes. C’est le calme, la paix avec soi et avec les autres, la sérénité intérieure qui font de certains êtres de rayonnants exemples de beauté et de charme. La tension, l’angoisse, la contrariété marquent la peau et ternissent le teint. La crispation déforme le visage, froisse le front, étire la bouche, ride les contours des lèvres. Imperceptible à ses débuts, le sabotage poursuit son œuvre au fil du temps pour montrer à l’extérieur les discordances internes. Pour lutter donc contre la perfidie des ans, seuls les crèmes et les soins du corps ne sont pas suffisants. Les essences du bonheur Cette prise de conscience basée sur le souci de soi fait actuellement l’objet d’études socio-économiques approfondies qui tracent les lignes d’une nouvelle approche. Pour survivre, l’industrie des soins d’entretien doit tenir compte de ce changement radical relevé autant chez les femmes que chez les hommes... Car si les premières expérimentent sur leur propre peau les ravages précoces de l’existence trop active qu’elles revendiquent, les seconds réalisent que l’apparence est un élément important, sinon essentiel, dans la vie professionnelle et sociale... Le teint fripé, les épaules tombantes, les mèches graisseuses, la démarche avachie n’aident pas beaucoup une ascension sociale ou une réussite professionnelle fulgurante. L’effort à déployer pour mener à bien l’escalade n’épargne pas l’image physique. «Bien sous tous les rapports» est une phrase-clef dont le décryptage renseigne bien sur la mentalité du siècle. Dans le combat du bien-paraître, les huiles essentielles, «essences du bonheur» du vieil Orient, trouvent une place de choix. Obtenues par distillation des plantes aromatiques (écorces, tiges, racines, graines), elles agissent sur le système nerveux grâce à leurs molécules gazeuses odoriférantes (aromatiques) qui stimulent, relaxent en pénétrant très vite, en faible quantité, à travers la peau. Régulatrices, stimulantes, antiseptiques, elles s’étalent sur une gamme de plus de 400 espèces... On les utilise parcimonieusement (en quelques gouttes) dans l’eau du bain, dans les produits de soin, en émanations ou à diffuser dans la chambre à l’aide d’un vaporisateur ou encore en bâtonnet (stick) à appliquer derrière l’oreille. Au Japon, où elles font partie de la culture et du bien-être collectif, on les trouve en tisanes, en plaquettes imbibées d’huiles essentielles qui se branchent sur des diffuseurs électriques ou en lingettes à glisser sous l’oreillet pour mieux dormir. Vendues en fioles, elles ne doivent en aucun cas être utilisées pures mais en gouttes diluées, selon les instructions qui accompagnent chaque produit. La rose, le thé hybride, la noix de muscade ont des vertus apaisantes qui agissent contre le stress. Le bambou jeune, la pivoine de Chine, le ginseng, l’armoise entraînent une bienfaisante et profonde détente, qui se reflète sur le teint comme sur l’humeur. La marque japonaise Shiseido a été le précurseur en aromatologie cosmétique, fait étonnant dans un pays où les femmes ne se parfument pratiquement pas. Ce succès s’explique par le fait que pour supporter le manque d’espace, la cadence frénétique du travail, le bain au Japon est moins un geste d’hygiène qu’un soin de détente. Pratiqué très chaud, à la suite d’une douche froide, il permet aux huiles essentielles de les débarrasser du stress et de ses toxines, permettant aux Japonais comme aux autres de tenir le coup...
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