Les Palestiniens appréhendaient hier l’arrivée au pouvoir du champion de la droite israélienne Ariel Sharon, en qui ils voient le fossoyeur d’un processus de paix déjà malmené par le Premier ministre travailliste sortant Ehud Barak. «Sharon représente un danger exceptionnel et ceux qui luttent pour la paix doivent ouvrir les yeux et empêcher» son arrivée au pouvoir, déclarait le ministre palestinien de l’Information Yasser Abed Rabbo à la radio officielle Voix de la Palestine, à l’ouverture du scrutin, quelques heures avant les résultats annonçant la victoire de Sharon. «Sa victoire signifierait que les forces de la droite israélienne radicale se sont réveillées pour tenter de prendre le pouvoir afin d’appliquer leur programme de colonisation et de poursuite de l’occupation», a poursuivi M. Abed Rabbo. «Ces gens veulent opprimer le peuple palestinien et tourner le dos au processus de paix», a-t-il ajouté. L’Autorité palestinienne avait affirmé lundi être prête à traiter avec M. Sharon, s’il est élu, à condition qu’il respecte les engagements de ses prédécesseurs. «Nous sommes prêts à traiter et à négocier avec le futur Premier ministre israélien, quel qu’il soit», avait déclaré le secrétaire général du gouvernement Ahmad Abdelrahmane. Mais il avait ajouté que les Palestiniens n’accepteraient pas que «les acquis réalisés soient remis en question», une référence aux accords signés et aux ententes avec les différents gouvernements israéliens sur un règlement de paix. Mais M. Sharon a annoncé qu’il ne négocierait pas tant que le calme ne serait pas revenu dans les territoires, où l’intifada (soulèvement) fait rage depuis sa visite provocatrice sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, le 28 septembre. Il a aussi indiqué qu’il ne démantèlerait aucune colonie juive et entendait maintenir le contrôle d’Israël sur Jérusalem-Est, occupé par l’État juif depuis 1967, et la plus grande partie de la Cisjordanie. Les radicaux palestiniens ont répliqué en prévenant que la poursuite de l’intifada serait la seule réponse à l’élection de M. Sharon. «La seule manière de traiter avec Sharon est la poursuite et l’intensification de l’intifada», a déclaré à l’AFP Marwan Barghouthi, chef pour la Cisjordanie du Fateh, le mouvement du président palestinien Yasser Arafat. «Négocier avec Sharon revient à croire à des mirages», a ajouté ce responsable, considéré par Israël comme l’un des principaux animateurs de l’intifada. À Gaza, un responsable du principal mouvement islamiste palestinien, le Hamas, Ismaïl Abou Chanab, a déclaré à la presse que son organisation mettait sur le même plan MM. Barak et Sharon. «Sharon et Barak sont tous les deux des assassins qui ne croient qu’à la guerre», a-t-il affirmé, assurant : «Le peuple palestinien sait que la résistance est la seule voie pour récupérer ses droits et que l’intifada est le seul moyen de mettre fin à l’occupation».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Palestiniens appréhendaient hier l’arrivée au pouvoir du champion de la droite israélienne Ariel Sharon, en qui ils voient le fossoyeur d’un processus de paix déjà malmené par le Premier ministre travailliste sortant Ehud Barak. «Sharon représente un danger exceptionnel et ceux qui luttent pour la paix doivent ouvrir les yeux et empêcher» son arrivée au pouvoir, déclarait le ministre palestinien de l’Information Yasser Abed Rabbo à la radio officielle Voix de la Palestine, à l’ouverture du scrutin, quelques heures avant les résultats annonçant la victoire de Sharon. «Sa victoire signifierait que les forces de la droite israélienne radicale se sont réveillées pour tenter de prendre le pouvoir afin d’appliquer leur programme de colonisation et de poursuite de l’occupation», a poursuivi M. Abed Rabbo....