Crise d’asthme, rhume des foins, eczéma, urticaire, éruption cutanée... Cette kyrielle de maux n’est qu’un aperçu très succinct des manifestations d’un mal qui accable de plus en plus d’individus. Ils trahissent un état «allergique» manifestant une réaction individuelle provoquée par un agent allergène. Compte tenu du nombre des substances mises au point par le développement scientifique et technologique, ajoutées aux allergènes naturels (substances protéïques végétales ou animales, poussières) dont la pénétration dans l’organisme déclenche des manifestations allergiques, l’allergie constitue un épineux et très complexe problème médical aussi éprouvant pour le sujet que pour le thérapeute, qui est acculé parfois à une détection quasi policière de l’agent provocateur. Le terme allergie indique l’état d’un individu qui réagit de manière «différente» par rapport à la majorité des gens au contact d’un agent agressif, dit allergène. Cela se traduit par une réaction physiologique notable de type réactionnel. Il existe en fait deux types de réactions allergiques : l’allergie humorale (immédiate, due à la présence dans le sang d’anticorps circulants) et l’allergie cellulaire (fondée sur l’action des cellules lymphatiques). Les facteurs qui provoquent l’allergie humorale sont le plus souvent les poussières domestiques, les pollens des graminées, les poils, les plumes des animaux. La réaction allergique est, dans ce cas, immédiate, brusque, survenant par crises, disparaissant aussi brutalement qu’elle est apparue, sans laisser de traces. L’allergie cellulaire, en revanche, n’est pas liée à la présence dans le sang de réactions allergiques. Il s’agit d’une réaction immunologique due à une hypersensibilité développée par un sujet envers un gène qui a déjà été en contact avec lui et dont les cellules lymphatiques ont été déjà sensibilisées par lui... La réaction, cependant, n’est pas immédiate comme dans le cas de l’allergie humorale mais retardée de 24 à 48 heures par rapport au contact responsable. Ce type de réaction a la particularité de pouvoir être transmis à un autre sujet par un transfert de cellules lymphatiques. Les rejets de greffes, les eczémas et dermites de contact relèvent de ce type d’allergie. La prédisposition individuelle y joue ici un grand rôle quant aux phénomènes pathologiques allergiques. Il existe, en effet, des terrains allergiques. Ce sont généralement des individus anxieux, instables. Mais on évoque, souvent à la légère, une origine allergique pour des maux inexplicables. Or, cette origine ne peut être retenue que sur la foi de critères biologiques indiscutables.
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