Les USA ont l’intention de développer le NMD, affirme Rumsfeld
le 05 février 2001 à 00h00
Les États-Unis ont «l’intention de développer et de déployer» leur projet de bouclier antimissile (NMD), a affirmé le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, samedi après-midi à la conférence internationale sur la sécurité à Munich. «Ce système ne sera une menace pour personne. Il ne doit inquiéter que ceux qui voudraient menacer les autres», a-t-il ajouté, assurant les Européens qu’ils seraient consultés. «Les États-Unis n’ont aucun intérêt à déployer un système de défense qui les sépareraient de leurs amis et alliés, car nous partageons les mêmes menaces (...) Loin d’être une source de division, il s’agit d’une opportunité nouvelle pour une approche collective pour améliorer la sécurité de tous», a-t-il souligné. «Les menaces potentielles auxquelles nous faisons face aujourd’hui sont beaucoup plus larges que pendant la guerre froide», a-t-il fait valoir. «Aujourd’hui, nous sommes plus à l’abri de la menace nucléaire que nous ne l’avons jamais été mais nous sommes plus vulnérables à une bombe transportée dans une valise, au cyber-terrorisme, à la violence de régimes terroristes». Le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a de son côté estimé que «la question du NMD est certainement une décision américaine mais elle a des conséquences pour le monde entier». «Un projet d’armement de cette taille a des effets qui se font sentir avant même qu’il ne soit déployé», a-t-il souligné. Selon le secrétaire américain à la Défense, les Balkans ont par ailleurs montré que l’Alliance atlantique «avait besoin d’améliorer et de transformer ses capacités, ce qui nécessite plus de ressources», tout en soulignant qu’Américains et Européens réussissaient «mieux quand nous agissons ensemble». «Nous avons eu (dans les Balkans) des dizaines de milliers de soldats lourdement armés. Aujourd’hui, nous avons encore une force significative mais moins nombreuse et plus légèrement armée car la mission a changé», a-t-il dit réaffirmant que là encore les États-Unis n’allaient pas agir «unilatéralement» et allaient consulter leurs alliés. À propos de l’identité de défense européenne, il a souligné que l’Otan était «le cœur de la défense de l’Europe» et «que pour avoir dans le futur les succès du passé, l’Otan devait avant tout rester au cœur des structures de sécurité de l’Europe». «Tout ce qui pourrait réduire l’efficacité de l’Otan en doublonnant ou en perturbant la relation transatlantique ne serait pas positif». Joschka Fischer a déclaré qu’il comprenait l’inquiétude des États-Unis à propos de la construction européenne de défense mais qu’une «Europe unie offre la chance aux États-Unis d’un partenariat global». «L’Europe dépend des États-Unis pour sa défense», a-t-il répété, soulignant que «le Kosovo a montré que nous avions besoin des États-Unis pour pouvoir agir». Le soutien de Washington est «indispensable» pour une paix durable dans le sud de l’Europe, a-t-il ajouté, l’appelant à maintenir son engagement. D’autre part, le ministre allemand a affirmé que les pays non membres de l’Union européenne avaient le droit de «participer et un rôle à jouer dans la construction de la défense européenne». Il a également fait remarquer que les structures de l’Union européenne «ont de l’influence sur leurs voisins et de nombreux conflits ont ainsi été évités». M. Fischer a enfin souhaité «un partenariat avec une Russie qui se démocratise». «Une Russie démocratique et moderne intégrée à l’Europe est de l’avantage du monde entier».
Les États-Unis ont «l’intention de développer et de déployer» leur projet de bouclier antimissile (NMD), a affirmé le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, samedi après-midi à la conférence internationale sur la sécurité à Munich. «Ce système ne sera une menace pour personne. Il ne doit inquiéter que ceux qui voudraient menacer les autres», a-t-il ajouté, assurant les Européens qu’ils seraient consultés. «Les États-Unis n’ont aucun intérêt à déployer un système de défense qui les sépareraient de leurs amis et alliés, car nous partageons les mêmes menaces (...) Loin d’être une source de division, il s’agit d’une opportunité nouvelle pour une approche collective pour améliorer la sécurité de tous», a-t-il souligné. «Les menaces potentielles auxquelles nous faisons face...
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