Serguei Bubka, le «Tsar» ukrainien de la perche, a choisi sa bonne ville de Donetsk pour dire définitivement adieu, hier, à un sport qui lui a tout donné et à une discipline qui lui a apporté notoriété et argent. «En fait, j’ai déjà mis fin définitivement à ma carrière après les Jeux olympiques de Sydney, a reconnu l’homme aux 35 records du monde. Mais j’aimerais le faire officiellement devant mon public de Donetsk, où tout le monde me connaît». C’est en effet à Donetsk, ville dans laquelle il avait été contraint d’immigrer avec son frère Vasily pour suivre l’entraîneur Vitaly Petrov à la suite de la fermeture de l’école d’athlétisme dans sa ville natale de Lugansk, qu’il a vu le jour le 4 décembre 1963. Et c’est toujours à Donetsk qu’il a franchi les 6,15 m – record du monde en salle – pour la dernière fois en 1993. Pourtant, celui qui allait devenir l’incontestable roi de la perche pendant plus d’une décennie n’avait pas quitté Lugansk de gaieté de cœur. «Ma mère n’était pas heureuse quand je lui avais annoncé que j’allais partir à Donetsk», s’est remémoré Bubka avec nostalgie. «Du jour au lendemain, j’ai dû commencer une vie complètement nouvelle. Mon frère et moi, nous vivions dans un hôtel et faisions tout nous-mêmes. Très rapidement, j’ai appris à être responsable et discipliné», a ajouté Bubka. Mais les sacrifices allaient rapidement porter leurs fruits. Sous les ordres de l’exigeant Petrov, Bubka s’emparait de son premier titre mondial, à la surprise générale, en 1983 à Helsinki alors qu’il n’avait que 19 ans. Neuf autres couronnes, dont cinq en salle, allaient suivre avec comme point d’orgue six titres d’affilée. Et dès 1984, le premier record du monde tombait à Bratislava (5,85 m). L’année suivante, il devenait le premier à franchir la barre mythique des 6 m à Paris. Presque par hasard Et pourtant, le jeune Bubka s’intéressait plutôt à la gymnastique et à la natation avant de faire la connaissance de la perche presque par hasard. C’est un camarade de classe qui l’avait invité à aller essayer des perches et présenté à Petrov. Depuis, Serguei Bubka, grâce à sa vitesse naturelle, sa force et sa capacité à contrôler son corps, écrasait tout sur son passage même s’il n’a glané qu’une seule médaille d’or olympique, à Séoul, en 1988. Sa tactique de concours très particulière – il ne faisait que trois sauts (une pour s’échauffer, la deuxième pour gagner et la dernière pour battre le record du monde) – explique sans doute sa relative faiblesse au niveau des lauriers olympiques. De même, il aurait pu sauter nettement plus haut que ses 6,14 m (plein air) ou 6,15 m (en salle). D’après des calculs sur ordinateur faits par des spécialistes japonais en 1991, Bubka, sacré champion du monde avec 5,95 m, aurait pu alors franchir 6,37 m... «Mes résultats ne dépendaient pas uniquement de moi», s’est excusé Bubka en notant que ses records du monde ne risquaient pas d’être battus de sitôt. Mais Bubka ne quittera pas pour autant le monde sportif : il est membre du comité exécutif du Comité international olympique, de la Fédération ukrainienne et internationale d’athlétisme. «J’ai beaucoup d’expérience et je sais ce qui peut aider un athlète», a conclu avec simplicité le Tsar.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Serguei Bubka, le «Tsar» ukrainien de la perche, a choisi sa bonne ville de Donetsk pour dire définitivement adieu, hier, à un sport qui lui a tout donné et à une discipline qui lui a apporté notoriété et argent. «En fait, j’ai déjà mis fin définitivement à ma carrière après les Jeux olympiques de Sydney, a reconnu l’homme aux 35 records du monde. Mais j’aimerais le faire officiellement devant mon public de Donetsk, où tout le monde me connaît». C’est en effet à Donetsk, ville dans laquelle il avait été contraint d’immigrer avec son frère Vasily pour suivre l’entraîneur Vitaly Petrov à la suite de la fermeture de l’école d’athlétisme dans sa ville natale de Lugansk, qu’il a vu le jour le 4 décembre 1963. Et c’est toujours à Donetsk qu’il a franchi les 6,15 m – record du monde en salle...