Israël et les Palestiniens ont affirmé hier s’attendre à une escalade de la violence après l’élection d’un nouveau Premier ministre, le 6 février, pour laquelle le candidat de droite, Ariel Sharon, est donné largement favori. Déjà ces dernières 48 heures, les incidents armés se sont multipliés, notamment dans la bande de Gaza. Outre une attaque au mortier contre la colonie de Netzarim, une bombe a explosé près du point de passage de Kissoufim et des soldats ont déjoué un attentat en faisant exploser une charrette, remplie d’explosifs, tirée par un âne près de Netzarim. Israéliens et Palestiniens justifient différemment leurs craintes d’une escalade de la violence. Les Israéliens avancent l’absence de dynamique de paix, alors que les Palestiniens voient dans l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon un risque potentiel d’explosion. Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Shaul Mofaz, a ainsi dit s’attendre à une escalade de la violence pendant le gel, les semaines prochaines, du processus de paix. «Ça se passe déjà à Gaza et l’escalade va gagner la Judée-Samarie (Cisjordanie)», a souligné le général Mofaz dans une déclaration publiée hier par le quotidien Haaretz. «Il n’y a pas de négociations actuellement et les Palestiniens ne se sentent pas obligés de déjouer les attaques terroristes. En fait, il n’y aura pas de prévention (de ces attaques), ce qui favorisera une escalade au cours des deux ou trois prochaines semaines», a-t-il dit. Le Premier ministre démissionnaire Ehud Barak, à la traîne dans les sondages, a suspendu les négociations avec les Palestiniens jusqu’au 6 février, date de l’élection au poste de chef de gouvernement. Les Palestiniens ne cachent pas leur crainte d’une arrivée au pouvoir de M. Sharon, qui affirme être capable d’apporter la sécurité aux Israéliens sans faire la moindre concession aux Palestiniens. «Nous nous attendons à une détérioration de la situation si Sharon arrive au pouvoir», a déclaré M. Zakaria al-Agha, membre du Comité exécutif de l’OLP (CEOLP) à la radio officielle Voix de la Palestine. De son côté, le ministre palestinien de l’Information Yasser Abed Rabbo n’a pas hésité à qualifier le candidat de la droite d’«homme enragé». Ariel Sharon est «un danger pour le processus de paix», a-t-il affirmé, ajoutant que les «Palestiniens et les Arabes sont appelés à lui faire face dans l’unité». Le responsable palestinien réagissait à une déclaration de M. Sharon qui avait affirmé que le président palestinien «Yasser Arafat risque de renverser le régime hachémite en Jordanie et d’établir dans ce pays un État palestinien». «Quand Sharon dit des choses pareilles, il exprime des intentions hostiles et veut ouvrir un vaste conflit», a déclaré M. Abed Rabbo sur la radio Voix de la Palestine. La droite nationaliste israélienne, à laquelle appartient M. Sharon, avait défendu ces dernières décennies l’idée que la Jordanie pouvait constituer une patrie de substitution pour les Palestiniens, une idée farouchement combattue par Amman et par les Palestiniens.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Israël et les Palestiniens ont affirmé hier s’attendre à une escalade de la violence après l’élection d’un nouveau Premier ministre, le 6 février, pour laquelle le candidat de droite, Ariel Sharon, est donné largement favori. Déjà ces dernières 48 heures, les incidents armés se sont multipliés, notamment dans la bande de Gaza. Outre une attaque au mortier contre la colonie de Netzarim, une bombe a explosé près du point de passage de Kissoufim et des soldats ont déjoué un attentat en faisant exploser une charrette, remplie d’explosifs, tirée par un âne près de Netzarim. Israéliens et Palestiniens justifient différemment leurs craintes d’une escalade de la violence. Les Israéliens avancent l’absence de dynamique de paix, alors que les Palestiniens voient dans l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon un...