Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Porto Alegre veut changer les règles du commerce international

Le Forum social de Porto Alegre a dénoncé samedi les règles existantes du commerce international et a proposé l’instauration de garde-fous comme des «indicateurs de responsabilité sociale» et l’imposition du respect des règles antidumping existantes. Rappelant qu’entre et 1980 et 1990 les pays du Sud ont enregistré un déficit de 45 milliards de dollars pour leur commerce extérieur contre un excédent de 80 milliards pour les pays industrialisés, Kjeld Jakobsen, responsable des relations internationales de la Centrale unique des travailleurs (CUT) brésilienne, a demandé un «plan Marshall Nord-Sud qui permette au Sud de traiter avec le Nord». Il a souligné que «les deux tiers du commerce international sont contrôlés par les multinationales qui profitent de la nécessité d’exporter des pays en développement pour exploiter leur main-d’œuvre, en pesant sur les salaires et le droit du travail». M. Jakobsen a appelé les pays d’Amérique latine à «refuser fermement l’ALCA» (Accord de libre échange des Amériques) et à une vaste «mobilisation contre l’ALCA les 6 et 7 avril durant la réunion des ministres de l’Industrie et du Commerce du continent», à Buenos Aires en Argentine. «Ce sera une Seattle du Sud», a-t-il dit en référence aux manifestations anti-OMC de décembre 1999. Le porte-parole de l’Association des industriels brésiliens pour la citoyenneté (CIVES, coorganisateur du forum), Oded Grajew, a plaidé pour «une responsabilité sociale des entreprises» en s’appuyant sur une étude américaine selon laquelle les firmes appliquant une éthique sociale (choix de fournisseurs respectant l’environnement et les droits du travail) «sont plus rentables que les autres en raison de leur meilleure image dans le public». Il propose donc d’établir des «indicateurs de responsabilité sociale», inclus dans les règles internationales, qui permettent d’«engager des recours internationaux contre les entreprises ne les respectant pas», a-t-il précisé. Pour l’Américain Marc Ritchie, président de l’Institut pour l’agriculture et le commerce du Minnesota, «il faut forcer les États à appliquer les règles antidumping qui existent» et introduire «de nouvelles règles pour un commerce équitable qui rémunère correctement les producteurs, respecte l’environnement et les minorités et interdise l’esclavage». Enfin, le secrétaire d’État français au Commerce extérieur François Huwart a justifié la double participation du gouvernement français à Davos et à Porto Alegre. Le ministre français de l’Économie et des Finances «Laurent Fabius parlera, à Davos, et moi, ici, d’une seule voix. C’est la politique globale du gouvernement français qui se veut social et solidaire», a-t-il dit. «J’aurais pu aller à Davos, mais, j’ai choisi Porto Alegre parce que j’ai la conviction que ce forum est légitime et ses débats incontournables», a ajouté le ministre à la tribune. Le premier pas vers l’instauration de nouvelles normes commerciales sera donné par quelque 200 députés du monde entier réunis à Porto Alegre. Ils discuteront, entre autres, de la taxe Tobin, une taxe de 0,05 % sur les transactions financières, et de la création d’un front international pour l’effacement de la dette extérieure des pays les plus pauvres.
Le Forum social de Porto Alegre a dénoncé samedi les règles existantes du commerce international et a proposé l’instauration de garde-fous comme des «indicateurs de responsabilité sociale» et l’imposition du respect des règles antidumping existantes. Rappelant qu’entre et 1980 et 1990 les pays du Sud ont enregistré un déficit de 45 milliards de dollars pour leur commerce extérieur contre un excédent de 80 milliards pour les pays industrialisés, Kjeld Jakobsen, responsable des relations internationales de la Centrale unique des travailleurs (CUT) brésilienne, a demandé un «plan Marshall Nord-Sud qui permette au Sud de traiter avec le Nord». Il a souligné que «les deux tiers du commerce international sont contrôlés par les multinationales qui profitent de la nécessité d’exporter des pays en développement...