L’Américaine Jennifer Capriati, ex-enfant prodige du tennis mondial que l’on avait cru détruite par la drogue et sombrant dans la délinquance, a réalisé à 24 ans un spectaculaire retour au tout premier plan en se qualifiant pour la finale des Internationaux d’Australie. Hier, à Melbourne, elle a éliminé la tenante du titre, sa compatriote Lindsay Davenport, en deux manches (6-3, 6-4), accédant ainsi pour la première fois à une finale de tournoi du Grand Chelem. Classée dès l’âge de 13 ans dans les meilleures mondiales, elle avait failli y parvenir en 1991 lorsqu’elle avait mené 3-6, 6-3, 6-5 et 30-15 avec service à suivre contre Monica Seles en demi-finale de l’Open des États-Unis. Presque dès le berceau, son père Stefano s’était mis dans l’idée d’en faire une championne. Une méthode qui ne devait porter que d’éphémères fruits : la gamine surdouée devenait bientôt l’exemple d’une déchéance précoce. Interpellée à plusieurs reprises pour consommation de drogues ou vol à l’étalage, l’enfant rayonnante était devenue à 19 ans adolescente bouffie et déprimée. La gloire de son père Sacrifiée à la gloire de son père, elle n’a véritablement commencé à émerger que l’an dernier, après quatre années d’enfer. Peu la croyaient cependant capable de remonter aussi haut aussi vite. Elle affirme pourtant, aujourd’hui, n’avoir jamais douté, même pendant les jours les plus sombres. «Il fallait seulement que je sorte du trou», a-t-elle expliqué après sa résurrection australienne. «Ce n’est que dans ce tournoi que je me suis soudain sentie portée par une vague de confiance. Tout va bien. Mon jeu et le reste». «J’ai toujours pensé que je faisais partie de l’élite du tennis. J’aurais sans doute pu remporter plus de victoires mais, pour certaines raisons, il n’en a pas été ainsi. Mon heure n’avait pas sonné, je suis ravie qu’elle soit venue». Loin d’en vouloir à son père, elle lui exprime sa reconnaissance. «J’ai tellement confiance en lui et il a tellement confiance en moi. Quoi qu’il dise, je sais qu’il a raison. Il sera toujours mon meilleur entraîneur». Elle ne veut plus désormais envisager que le présent et l’avenir. «La bête est désormais loin derrière», affirme-t-elle. Sa victoire contre Davenport, son amie hors du court, a un goût de revanche. L’an dernier, c’est elle qui l’avait empêchée de réapparaître en pleine lumière en l’éliminant (2-6, 6-7) en demi-finale. «J’étais déjà prête l’an dernier. Mais je crois que je suis encore plus forte maintenant. Je suis plus agressive. L’an dernier, j’ai sans doute été intimidée». Davenport s’est d’ailleurs réjouie pour elle. «C’est une fille épatante. je ne peux pas dire que je suis heureuse de la voir en finale car j’aurais préféré y être à sa place mais c’est formidable pour elle après ce qu’elle a vécu». La grande Américaine a estimé que Jennifer avait une bonne chance de l’emporter contre la Suissesse Martina Hingis. «Quand elle joue comme elle l’a fait aujourd’hui, elle a sa chance contre n’importe qui».
L’Américaine Jennifer Capriati, ex-enfant prodige du tennis mondial que l’on avait cru détruite par la drogue et sombrant dans la délinquance, a réalisé à 24 ans un spectaculaire retour au tout premier plan en se qualifiant pour la finale des Internationaux d’Australie. Hier, à Melbourne, elle a éliminé la tenante du titre, sa compatriote Lindsay Davenport, en deux manches (6-3, 6-4), accédant ainsi pour la première fois à une finale de tournoi du Grand Chelem. Classée dès l’âge de 13 ans dans les meilleures mondiales, elle avait failli y parvenir en 1991 lorsqu’elle avait mené 3-6, 6-3, 6-5 et 30-15 avec service à suivre contre Monica Seles en demi-finale de l’Open des États-Unis. Presque dès le berceau, son père Stefano s’était mis dans l’idée d’en faire une championne. Une méthode qui...
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