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Actualités - Chronologies

Le « nouveau » Sharon rattrapé par l’ancien

Le candidat de la droite à l’élection au poste de Premier ministre en Israël Ariel Sharon fait tout pour donner l’image d’un «nouveau Sharon», un homme qui saura faire la paix avec les Arabes, mais l’ancien Sharon ne cesse de resurgir et de le rattraper. L’élection du 6 février tourne jusqu’à maintenant autour de la personnalité très controversée de cet homme de 72 ans, la principale question étant de savoir si M. Sharon, dont la réputation a toujours été celle d’un fauteur de guerre, s’est assagi avec l’âge. Le Parti travailliste du Premier ministre démissionnaire Ehud Barak s’efforce ainsi de braquer les projecteurs de la campagne sur le passé de M. Sharon, et notamment sur ses responsabilités dans l’invasion du Liban de 1982. C’est pour contrecarrer ces efforts que ses conseillers médiatiques ont bâti sa campagne sur le thème de «Sharon, un leader pour la paix», tout en s’efforçant de réduire au strict minimum les interviews et déclarations du candidat pour éviter un impair. Pour l’instant, cette tactique marche, puisqu’à exactement deux semaines du scrutin, M. Sharon continue de caracoler en tête de tous les sondages d’opinion. Mais malgré sa toute nouvelle prudence, le «nouveau Sharon» ne parvient pas à faire oublier l’ancien. Le magazine américain New Yorker a ainsi publié dans son édition de lundi une interview avec M. Sharon réalisée en novembre, alors que personne, pas même sans doute l’intéressé, ne savait qu’il serait en janvier aux portes du pouvoir. Il y traite notamment le président palestinien Yasser Arafat «d’assassin», de «menteur» et «d’ennemi» et affirme qu’il n’est pas possible de parvenir à la paix avec les Palestiniens. M. Sharon a tenté de rectifier le tir dans la soirée dans une interview à la télévision israélienne. «Nous ne choisissons pas les dirigeants de l’Autorité palestinienne», a-t-il dit. «Je négocierai avec lui (Arafat) comme je l’ai fait dans le passé», a-t-il poursuivi dans une référence aux négociations de Wye Plantation, en octobre 1998, auxquelles il avait participé sans jamais serrer la main du leader palestinien. Le conseiller de M. Sharon pour la politique étrangère, Zalman Shoval, s’est toutefois déclaré persuadé hier que la polémique provoquée par l’article du New Yorker ne nuirait pas au candidat de la droite, bien au contraire. «Cela aidera probablement Sharon, parce que 90 % des Israéliens ont la même opinion» à propos de M. Arafat, a-t-il déclaré, accusant les travaillistes d’«hypocrisie». À l’en croire, M. Sharon n’a pas voulu dire que la paix avec les Palestiniens était impossible, mais a simplement voulu rappeler, en homme réaliste, qu’il ne pourrait s’agir que d’une paix «pragmatique» et «froide». «Personne ne s’attend à ce que nous ayons avec les Palestiniens, et avec le monde arabe dans son ensemble, la même paix idyllique qui existe en Europe de l’Ouest», a-t-il expliqué. «Cela n’existe nulle part au Proche-Orient». Le Likoud espère de toute évidence que les propos à l’emporte-pièce de M. Sharon au New Yorker – qui ont dû faire froncer plus d’un sourcil dans les chancelleries et les capitales étrangères, où M. Sharon a déjà une réputation exécrable – n’ont pas choqué la masse d’électeurs centristes indécise. Selon le sondage du Yediot Aharonot, 24 % des électeurs sont dans ce cas, un chiffre considérable qui incite le Likoud à la prudence.
Le candidat de la droite à l’élection au poste de Premier ministre en Israël Ariel Sharon fait tout pour donner l’image d’un «nouveau Sharon», un homme qui saura faire la paix avec les Arabes, mais l’ancien Sharon ne cesse de resurgir et de le rattraper. L’élection du 6 février tourne jusqu’à maintenant autour de la personnalité très controversée de cet homme de 72 ans, la principale question étant de savoir si M. Sharon, dont la réputation a toujours été celle d’un fauteur de guerre, s’est assagi avec l’âge. Le Parti travailliste du Premier ministre démissionnaire Ehud Barak s’efforce ainsi de braquer les projecteurs de la campagne sur le passé de M. Sharon, et notamment sur ses responsabilités dans l’invasion du Liban de 1982. C’est pour contrecarrer ces efforts que ses conseillers...